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Insécurité meurtrière sur la RN2 à Rutshuru : 24 attaques en 4 mois

La route nationale numéro 2, artère vitale du Nord-Kivu, est en proie à une spirale de violence incontrôlée. Dans le territoire de Rutshuru, l’insécurité s’est dramatiquement intensifiée, transformant cet axe de circulation en couloir de la mort. En seulement quatre mois, d’octobre 2025 à février 2026, plus de vingt-quatre attaques armées ont été recensées par les observateurs locaux. Le bilan est lourd : au moins treize personnes ont perdu la vie et une trentaine ont été blessées. Cette recrudescence des violences sur la RN2 Nord-Kivu plonge les usagers dans une terreur quotidienne et isole progressivement des communautés entières.

Les deux derniers jours de la mi-février ont illustré cette dangereuse accélération. Entre le lundi 17 et le mercredi 19 février, une dizaine de véhicules ont été pris pour cible par des coupeurs de route. Parmi eux, des convois humanitaires, pourtant clairement identifiés, n’ont pas été épargnés. Mardi après-midi, un autre braquage a été signalé. Plusieurs voyageurs ont été blessés et systématiquement dépouillés de tous leurs biens de valeur. Ces actes de banditisme, répétés et violents, caractérisent désormais le trajet périlleux entre Kiwanja et Kanyabayonga. Comment une route aussi stratégique a-t-elle pu sombrer dans un tel chaos ?

La société civile de Rutshuru dresse un tableau alarmant. Les zones de Mabenga–Rwindi–Kanyabayonga et Vitshumbi–Rwindi–Kibirizi sont pointées comme des tronçons particulièrement critiques, de véritables zones rouges. Les crimes ne se limitent plus au simple vol. Les assaillants se livrent à des pillages en règle, causent d’importants dégâts matériels et n’hésitent pas à enlever des voyageurs. La cible s’est également élargie : les conducteurs de moto-taxis et leurs clients sont devenus des victimes récurrentes de ces attaques successives. Cette généralisation de la violence témoigne d’une emprise criminelle grandissante sur la région.

Le cœur du Parc National des Virunga, sanctuaire de biodiversité, est lui-même devenu le théâtre d’embuscades meurtrières. La sécurité dans le Parc Virunga est gravement compromise. Mercredi dernier, aux environs de 11 heures, deux véhicules d’organisations humanitaires ont été interceptés à Busendo, sur le tronçon Mabenga-Rwindi. L’un d’eux transportait des médicaments essentiels destinés à la localité de Kibirizi. Cet incident souligne un phénomène particulièrement inquiétant : l’acheminement de l’aide médicale et humanitaire vers des zones déjà fragilisées par des années de conflit est directement menacé. Les braquages à Kanyabayonga et ailleurs ne sont plus seulement une affaire de sécurité routière ; ils sabotent délibérément l’assistance aux populations vulnérables.

L’identité des auteurs de ces exactions reste enveloppée de mystère, alimentant peur et spéculations. Bien qu’aucun groupe n’ait formellement revendiqué ces actions, des témoins sur place rapportent la présence d’hommes lourdement armés. Certains porteraient même des uniformes militaires, semant la confusion et renforçant un sentiment d’impuissance chez les civils. Cette opacité empêche toute attribution claire et complique considérablement la réponse des forces de l’ordre. Qui sont réellement ces coupeurs de route opérant près de Kiwanja ? Agissent-ils de leur propre initiative ou sont-ils les instruments de forces plus structurées ? L’absence de réponse crée un climat de défiance paralysant.

Les conséquences de cette insécurité chronique à Rutshuru sont multiples et profondes. La libre circulation des personnes et des biens est entravée, asphyxiant l’économie locale. La peur de voyager paralyse les échanges et isole les villages. Pour les acteurs humanitaires, les risques opérationnels ont atteint un niveau tel que la continuité des programmes est remise en question. La société civile alerte sans relâche sur l’alourdissement constant du bilan humain et matériel. Elle dénonce une situation qui jette l’effroi parmi les usagers de cette voie et appelle à une réponse urgente et coordonnée des autorités.

Face à cette crise, la question de la sécurisation de la RN2 se pose avec acuité. Les attaques répétées sur cet axe démontrent une faille béante dans le dispositif de protection des civils. La présence des groupes armés, couplée à ces actes de banditisme, crée un environnement où l’impunité semble régner. La restauration de l’État de droit et la protection des citoyens sur cette route vitale doivent devenir une priorité absolue. Sans une action décisive pour traquer et neutraliser ces réseaux criminels, la spirale infernale des violences ne fera que s’amplifier, condamnant les populations du Nord-Kivu à vivre dans la peur permanente.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net

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