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RDC : Une nouvelle carte professionnelle pour assainir le journalisme et protéger les reporters

Dans les rédactions de Kinshasa, un vent de professionnalisation souffle enfin. « Cette carte, ce n’est pas juste un bout de plastique. C’est la reconnaissance que notre métier a de la valeur et des règles », confie, sous couvert d’anonymat, un reporter chevronné de la capitale. Jeudi 19 février, l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC) a officiellement lancé le processus de délivrance des nouvelles cartes professionnelles des journalistes en RDC. Un événement organisé à l’Hôtel Béatrice, sur le boulevard du 30 Juin, qui pourrait bien marquer un tournant pour un secteur trop souvent miné par l’amateurisme et la confusion.

Face à une assistance composée de professionnels des médias, Charles Dimandja Wembi, président de la Commission nationale de la carte au sein de l’UNPC, a détaillé les ambitions de cette réforme majeure. L’objectif est sans équivoque : mettre un terme aux pratiques approximatives et restaurer la crédibilité du quatrième pouvoir. La nouvelle carte d’identité professionnelle, bardée d’éléments de sécurité infalsifiables, se veut le sésame de l’authenticité. Elle garantira, sur l’ensemble du territoire national, que celui qui se présente comme journaliste en a véritablement la qualité et la formation. Mais au-delà de l’objet physique, que représente réellement cette innovation pour la presse congolaise ?

Pour Baudouin Kamanda wa Kamanda, le président de l’UNPC, le lancement de ce processus est un « signal fort ». Il s’inscrit dans la droite ligne du programme d’action 2024-2028 du gouvernement, consacré au parachèvement de la réforme du cadre normatif et institutionnel des médias. « Dans un environnement médiatique fragilisé par l’usurpation de la qualité de journaliste, la confusion des rôles et certaines dérives contraires à la déontologie, la professionnalisation n’est plus une option mais une exigence démocratique », a-t-il martelé. Cette carte professionnelle journaliste RDC est ainsi présentée comme une réponse concrète à la recommandation n°70 des États généraux de la presse. Un journaliste identifié, formé et reconnu devient, selon ses termes, un acteur à part entière de l’État de droit, contribuant à la redevabilité et à la cohésion nationale.

La question de la sécurité, épineuse pour de nombreux reporters sur le terrain, a également été au cœur des discours. Nicolas Lianza, directeur de cabinet du ministre de la Communication et des Médias, a été on ne peut plus clair : ce document est indispensable pour que le gouvernement puisse identifier les journalistes Congo. Cette identification est un préalable à une protection effective. « Protéger le journaliste, c’est renforcer la profession, et responsabiliser le journaliste, c’est renforcer la démocratie », a-t-il déclaré. Le message est double : la carte de presse Congo offre une protection, mais elle engage aussi la responsabilité de son porteur. Elle n’est pas un privilège, mais un gage de sérieux et un rappel des devoirs déontologiques.

Cette initiative place l’UNPC au centre du dispositif d’autorégulation des médias, une mission qui lui est confiée par l’ordonnance-loi n°23/009 du 13 mars 2023, communément appelée « loi Muyaya ». La délivrance de cette UNPC carte journaliste devient ainsi l’outil principal pour assainir le secteur. Reste maintenant la phase cruciale de sa mise en œuvre. Comment s’assurer que le processus de délivrance sera équitable, transparent et accessible à tous les professionnels, y compris ceux des provinces les plus reculées ? La nouvelle carte professionnelle parviendra-t-elle à dissuader les imposteurs et à redorer le blason d’une profession parfois discréditée par des actes répréhensibles ?

Le défi est de taille, mais l’engagement affiché par les instances semble marquer une volonté réelle de changement. Pour les journalistes de terrain, souvent confrontés à des difficultés pour exercer leur métier sereinement, cette carte pourrait devenir un bouclier et un passeport. Elle symbolise l’espoir d’une réforme presse RDC enfin concrétisée, où le professionnalisme primerait sur l’improvisation. L’enjeu dépasse la simple identification journalistes ; il touche à la qualité de l’information délivrée aux citoyens et, in fine, à la santé de la démocratie congolaise. Le lancement de cette carte n’est donc peut-être que la première étape d’une refondation plus profonde et attendue du paysage médiatique national.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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