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30% de décaissement en 2026 : l’ambitieux pari de la RDC et de la Banque mondiale

La République Démocratique du Congo et le Groupe de la Banque mondiale viennent de sceller un engagement commun aussi ambitieux que nécessaire : porter le taux de décaissement des projets financés à au moins 30 % pour l’exercice fiscal 2026. Cet objectif, acté lors d’une revue stratégique 2025 tenue ce mardi, marque une volonté affichée de transformer un portefeuille en pleine expansion – passé de 3 à près de 8 milliards USD entre 2020 et 2024 – en réalisations concrètes sur le terrain. Une ambition qui se heurte pourtant à un constat implacable : sur les cinq dernières années, la RDC n’a jamais franchi la barre des 25%, avec un taux plafonnant à 22% en 2024. Comment, dès lors, espérer un bond de huit points en deux ans ?

La réponse réside dans une analyse sans concession des dysfonctionnements. La session technique de novembre 2025, prélude à cette revue, a diagnostiqué des goulots d’étranglement structurels qui freinent l’exécution. Parmi eux, la complexité croissante des projets, devenus plus larges et multisectoriels, des procédures de passation de marchés notoirement lentes, et une pénurie criante de personnel qualifié au sein des Unités de Gestion des Projets (UGP). « Le développement relève d’abord de la responsabilité de l’État », a rappelé Albert Zeufack, Directeur des opérations de la Banque mondiale en RDC, soulignant que la disponibilité des ressources ne suffit pas. Des interférences politiques et la contre-performance de certaines agences d’exécution, y compris onusiennes, complètent ce tableau d’inefficacité.

Pour inverser la tendance, les parties ont signé un plan d’action consolidé articulé autour de neuf axes stratégiques. Ce cadre vise à améliorer la qualité des projets dès leur conception, à renforcer les capacités des UGP, à accélérer les procédures de marchés et à mieux gérer les risques. Un outil central de ce dispositif sera un tableau de bord bimensuel, avec pour cible d’avoir au moins 70% des projets « sur la bonne voie » et 100% des projets en difficulté dotés d’un plan de redressement sous 30 jours. Cet arsenal technique répond-il pour autant à l’urgence ?

La question de l’urgence a justement été soulevée avec force par la ministre de l’Éducation nationale, Raïssa Malu. Tout en saluant les orientations pour les projets futurs, elle a pointé du doigt l’absence de mesures immédiates pour doper les décaissements des projets en cours. « Je ne vois pas clairement, pour les projets en cours, ce que vous avez décidé pour nous permettre d’atteindre cet objectif de 30% », a-t-elle déclaré, appelant à une révolution des méthodes. Sa proposition ? Une plateforme numérique obligatoire de formation continue et, plus largement, une intégration massive des outils numériques et de l’intelligence artificielle pour moderniser des pratiques administratives qu’elle juge encore archaïques. Pour elle, l’atteinte de la cible dépend de cette transformation technologique.

Du côté du gouvernement, la Vice-ministre des Finances, Gracia Yamba Kazadi, a réaffirmé la détermination politique à suivre strictement les recommandations. Elle a érigé la performance du portefeuille en instrument majeur de la diplomatie économique du pays. Parmi les mesures prioritaires qu’elle préconise figurent le renforcement des équipes par l’intégration de jeunes diplômés, le lancement anticipé des appels d’offres et une contractualisation plus exigeante avec les agences partenaires. Ces éléments doivent se cristalliser dans un plan opérationnel aux échéances précises.

L’enjeu dépasse la simple comptabilité des flux financiers. Il s’agit de la crédibilité du partenariat RDC-Banque mondiale et, in fine, de l’impact tangible sur les conditions de vie des Congolais. Albert Zeufack a rappelé que des pays comme l’Éthiopie parviennent régulièrement à dépasser le seuil des 30%, démontrant que le défi est surmontable même dans des contextes complexes. Le pari congolais pour 2026 est donc double : réussir une prouesse opérationnelle pour améliorer le taux de décaissement 2026 et instaurer une culture de la redevabilité et des résultats. La réussite de ce plan d’action sera le véritable baromètre de l’efficacité de l’aide au développement en RDC. L’étroite collaboration affichée lors de cette revue stratégique marque-t-elle un tournant décisif, ou restera-t-elle un vœu pieux face à l’inertie des systèmes ? La réponse se construira, brique par brique, dans l’exécution rigoureuse des neuf axes convenus.

Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd

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Amissi G
Amissi G
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
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