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Corridors stratégiques Afrique : Washington et l’UA lancent un groupe de travail pour des projets bancables

Lors d’une table ronde organisée par le Corporate Council on Africa à Addis-Abeba, un haut responsable américain a détaillé une nouvelle approche visant à accélérer le développement des corridors stratégiques Afrique. Nick Checker, haut fonctionnaire au Bureau des affaires africaines du département d’État, a plaidé pour une transition rapide « de la vision à la mise en œuvre ». Cette initiative États-Unis Union africaine, matérialisée par le « Strategic Infrastructure and Investment Working Group », cherche à aligner gouvernements, financeurs et entreprises privées. Son objectif affiché ? Transformer des priorités géopolitiques et de développement en projets bancables Afrique concrets, capables d’attirer les capitaux du secteur privé, notamment américain.

Cette démarche ne se présente pas comme un simple plan d’investissements infrastructures Afrique. M. Checker l’a décrite comme « l’épine dorsale » de l’industrialisation et de la compétitivité du continent. Le groupe de travail conjoint doit servir de plateforme pour combiner les outils financiers et diplomatiques américains avec le pouvoir de convocation politique de l’UA. L’ambition est claire : identifier, prioriser et accompagner des projets « commercialement viables » jusqu’à leur achèvement, en réduisant les risques perçus par les investisseurs. Cette méthode entend dépasser le stade des discussions pour obtenir des résultats tangibles, avec un engagement affirmé du secteur privé à chaque étape.

Le contexte de cette initiative s’inscrit dans une concurrence géoéconomique mondiale accrue pour l’influence en Afrique. Face aux initiatives de puissances comme la Chine ou l’Union européenne, les États-Unis proposent un modèle mettant l’accent sur la viabilité commerciale, l’alignement avec les réformes politiques et l’appropriation par les pays hôtes. Les projets ciblés devront être « stratégiquement importants » pour Washington et ses partenaires africains, tout en étant alignés sur l’Agenda 2063 de l’UA. Les leviers actionnables incluent la mise en relation avec des entreprises américaines, la mobilisation d’institutions de financement comme la DFC (U.S. International Development Finance Corporation) et l’appui à des réformes réglementaires pour harmoniser les règles et réduire les barrières commerciales.

Pourquoi l’Union africaine adhère-t-elle à ce partenariat ? L’institution panafricaine y voit un moyen de concrétiser ses vastes projets d’intégration économique Afrique, souvent entravés par un manque de financement et de coordination. Le rôle de l’UA, tel que présenté, sera de résoudre les obstacles politiques transfrontaliers et de maintenir la dynamique des projets, utilisant son leadership pour garantir que les initiatives restent sur les rails. Cette collaboration vise explicitement à soutenir l’augmentation des exportations africaines, le commerce intra-africain et une croissance économique inclusive. Mais ne s’agit-il pas, pour les États-Unis, de sécuriser également leurs propres intérêts en matière d’approvisionnement en minerais critiques et de contrer l’influence d’autres acteurs ?

De manière significative, un projet pilote « proof of concept » est envisagé pour démarrer l’initiative. M. Checker a évoqué la possibilité d’un cadre régional d’intégration économique entre la République Démocratique du Congo et le Rwanda. Un tel projet, transfrontalier et stratégique, pourrait servir de vitrine pour démontrer l’efficacité du modèle avant un éventuel passage à l’échelle continentale. Ce choix potentiel illustre la volonté de s’attaquer à des dossiers complexes où l’engagement politique de haut niveau est crucial pour débloquer des opportunités économiques. Les secteurs prioritaires identifiés – infrastructures de transport, énergie et chaînes d’approvisionnement en minerais – reflètent les « synergies naturelles » recherchées entre l’expertise américaine et les ressources africaines.

Quelles pourraient être les implications pour des pays comme la RDC ? Si cette initiative se concrétise, elle pourrait signifier un afflux d’investissements directs étrangers dans des projets d’infrastructures structurants, potentiellement le long des corridors reliant les zones minières aux ports. Cela pourrait accélérer l’intégration régionale en Afrique centrale et orientale. Cependant, le succès dépendra de la capacité des gouvernements hôtes à mener les réformes nécessaires et à garantir la stabilité politique. La communauté internationale observera si cette promesse de projets « bankables » se traduit par un développement réel et partagé, ou si elle sert principalement des intérêts stratégiques étrangers.

En définitive, cette nouvelle initiative américano-africaine marque une évolution dans l’approche du développement des infrastructures sur le continent. Elle mise sur une coalition entre diplomatie, capital privé et leadership politique africain pour créer des moteurs de croissance. Son avenir reposera sur sa capacité à fournir rapidement des preuves de concept convaincantes, à commencer par le projet pilote évoqué. Alors que l’appel est lancé au secteur privé pour contribuer à la structuration du groupe de travail, la balle est désormais dans le camp des acteurs économiques et des gouvernements africains pour saisir cette opportunité et orienter ces corridors stratégiques vers des objectifs de développement durable et de prospérité partagée.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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