Au cœur du paysage médiatique français, une voix porte désormais l’accent et l’ambition d’une jeunesse congolaise en mouvement. Maklor Babutulua, figure émergente de la diaspora RDC médias, incarne cette nouvelle génération qui refuse les cases trop étroites. Entre les studios feutrés des journaux télévisés et les lumières scintillantes des grandes cérémonies, il trace un sillon singulier, fait de rigueur journalistique et de grâce scénique. Comment ce jeune professionnel parvient-il à imposer sa signature dans un environnement aussi compétitif ?
Son parcours est un récit de résilience et de polyvalence. Arrivé à Paris à 18 ans, loin des réseaux privilégiés et des parcours tout tracés, Maklor Babutulua a forgé son identité professionnelle dans l’effort constant. Sa formation de journaliste, doublée d’un apprentissage exigeant en danse, chant et théâtre au conservatoire, constitue le socle unique de sa pratique. « Je ne considère pas ces casquettes comme des métiers différents, mais plutôt comme les expressions d’un même socle : la communication et la transmission », confie-t-il. Cette fusion des disciplines se révèle dans sa présence à l’écran comme sur scène : une élocution précise, un sens aigu du rythme et une empathie naturelle qui capte le pouls d’un public.
L’intégration dans les rouages des médias français n’a pourtant pas été un long fleuve tranquille. Elle fut semée d’obstacles que seul un travail opiniâtre a permis de surmonter. Le jeune journaliste congolais en France a dû faire ses preuves, frapper à de nombreuses portes, accepter des opportunités modestes avant de décrocher, à 24 ans, la présentation de la météo sur TV5 Monde. Ce premier tremplin médiatique fut le prélude à une ascension méthodique. Le défi de la légitimité, souvent doublé pour les talents issus de la diaspora, a été son moteur plutôt que son frein. « Il faut parfois travailler deux fois plus pour prouver que l’on mérite sa place », reconnaît-il, transformant chaque difficulté en leçon d’humilité et de persévérance.
La consécration d’une certaine forme de reconnaissance est intervenue en 2025, lorsqu’on lui a confié l’animation de la première édition des Lumumba Awards. Cet événement à la portée symbolique immense, dédié à l’héritage du père de l’indépendance congolaise, exigeait bien plus qu’un simple présentateur. Il fallait un chef d’orchestre sensible, capable d’incarner la mémoire historique tout en insufflant une énergie contemporaine à la soirée. Pendant trois heures trente de direct, Maklor Babutulua a été ce lien vivant entre le passé et le présent, entre la figure tutélaire de Patrice Lumumba et la mosaïque de talents célébrés ce soir-là. Pour ce passionné d’événements culturels, ce fut bien plus qu’une animation : un acte de transmission et de fierté partagée.
Qu’est-ce qui définit l’art de ce maître de cérémonie hors pair ? Une écoute active, d’abord. « Un bon MC est quelqu’un qui sait capter le pouls d’une salle », explique-t-il, évoquant la subtile alchimie entre relancer l’attention et savourer les silences. Sa formation artistique complète lui donne cette agilité rare : pouvoir glisser d’un ton solennel à une note plus légère, guider les émotions sans jamais les forcer. Dans un monde de l’animation événementielle parfois formaté, il revendique une inspiration venue des shows à l’américaine, où le présentateur est un entertainer complet, capable de danser, de jouer et de créer une véritable communion avec le public.
Au-delà des projecteurs, Maklor Babutulua porte un message tourné vers sa communauté d’origine. Interrogé sur les défis de la République Démocratique du Congo, notamment la crise à l’Est, sa voix prend une gravité sincère. Il en appelle à la responsabilité collective de la diaspora congolaise, cette « force immense » qui doit, selon lui, se mobiliser pour l’unité et le développement du pays. Son plaidoyer est clair : dépasser les divisions pour concentrer cette énergie vitale sur la construction d’un avenir commun. Cette dimension engagée, loin d’être un accessoire, semble irriguer chacun de ses projets, faisant de lui bien plus qu’un simple animateur, mais un véritable passeur culturel.
Quelles perspectives dessine-t-il aujourd’hui ? Continuer à apprendre, à grandir, et à s’imposer comme une « signature forte » du paysage médiatique francophone. Des projets personnels, comme des formats d’émissions ou des podcasts, sont dans ses cartons, avec l’ambition affichée de collaborer avec des institutions et des événements d’envergure internationale. L’ascension de Maklor Babutulua raconte ainsi une histoire plus large : celle d’une diaspora qui ne se contente plus de s’intégrer, mais qui apporte sa couleur, son talent et sa vision unique, enrichissant de l’intérieur les scènes médiatiques et culturelles où elle évolue. Son parcours est une promesse : celle d’une parole congolaise qui résonne avec toujours plus d’assurance et d’élégance sur les grandes ondes de la mondialisation.
Article Ecrit par Yvan Ilunga
Source: Eventsrdc
