Ce devait être le coup d’envoi tant attendu du tournoi UNIFFAC U-17, une fête du football des jeunes à Kinshasa. Mais ce mercredi 18 février, le stade Tata Raphaël est resté étrangement silencieux. Dans un coup de théâtre réglementaire, le match d’ouverture entre les Léopards de la RDC et la Guinée équatoriale a été purement et simplement annulé. Une décision lourde de conséquences, tombée comme un couperet, plongeant le tournoi qualificatif pour la CAN U-17 dans l’incertitude dès ses premières heures.
La raison de cette annulation choc ? Un dossier médico-sportif qui tourne au casse-tête. Le comité d’organisation a en effet confirmé que six joueurs de la sélection de Guinée équatoriale avaient été déclarés inéligibles à l’issue des tests d’âge par IRM. Ces examens d’imagerie par résonance magnétique, devenus la pierre angulaire de la lutte contre la tricherie sur l’âge dans le football africain, ont donc parlé. Et leur verdict est sans appel pour la délégation équatoguinéenne.
Face à ce constat, les instances locales n’ont pas eu d’autre choix que de brandir le règlement. Le texte de la Confédération Africaine de Football est formel : son article 27.4 stipule noir sur blanc qu’« si quatre joueurs ou plus d’une équipe sont jugés inéligibles après le test d’âge (IRM), l’équipe est disqualifiée de la compétition ». Avec six joueurs concernés, la Guinée équatoriale se trouve ainsi en infraction majeure, tombant sous le coup d’une disqualification quasi automatique.
La rigueur de ce règlement CAF article 27 ne laisse aucune place à l’approximation. L’article 27.5 précise d’ailleurs la nuance : si un à trois joueurs seulement étaient en cause, ils seraient individuellement exclus sans remplacement, mais l’équipe pourrait continuer la compétition. Le seuil de quatre joueurs franchi, la sanction collective s’abat. Cette application stricte montre la détermination de la CAF à assainir les compétitions de jeunes. Peut-on encore tolérer des doutes sur l’âge des joueurs dans des tournois aussi importants ? La réponse réglementaire est claire : non.
Conséquence immédiate : l’annulation du match prévu à 13h00. Une mesure conservatoire prise par le comité d’organisation du tournoi zonal, qui a préféré suspendre la rencontre en attendant la décision définitive de l’instance continentale. Car en réalité, c’est bien la CAF, seule habilitée à trancher définitivement, qui aura le dernier mot. Cette procédure laisse donc planer un suspense administratif sur le sort de la Guinée équatoriale dans cette épreuve UNIFFAC U-17. La disqualification est-elle déjà actée ? L’équipe pourra-t-elle faire appel ?
Cette tempête réglementaire a éclaboussé la cérémonie d’ouverture, mais n’a pas tout arrêté. L’autre rencontre de la journée, opposant le Cameroun au Gabon à 16h00 sur la même pelouse du Tata Raphaël, a été maintenue. Un signal fort : le tournoi continue, même secoué par cette affaire. Les organisateurs entendent ainsi démontrer que l’intégrité sportive prime, même si cela implique des décisions difficiles comme une annulation de match en RDC.
Pour les Léopards U-17 de la RDC, cette annulation est un mélange de frustration et d’opportunité. Frustration de ne pouvoir livrer ce premier combat devant leur public, dans l’antre mythique de la Kethule. Mais aussi opportunité de voir un adversaire direct potentiellement écarté de la course à la qualification. Le staff congolais doit maintenant gérer cette attente imprévue et recentrer ses troupes sur l’enjeu ultime : décrocher son ticket pour la CAN U-17. Cette péripétie rappelle à tous que dans le football moderne, la bataille se gagne aussi en amont, dans le respect scrupuleux des règles.
L’épisode des tests âge IRM football en Guinée équatoriale servira-t-il d’électrochoc pour les autres nations ? Une chose est sûre : il place la transparence et l’éthique au cœur du débat. Alors que la CAF doit se prononcer, l’avenir immédiat du tournoi est entre ses mains. Cette annulation, aussi brutale soit-elle, envoie un message sans équivoque à toutes les fédérations : l’ère des doutes sur l’âge des joueurs est révolue. Le football des jeunes en Afrique veut tourner la page des polémiques et construire un avenir sur des bases saines. Le chemin est encore long, mais chaque décision ferme, comme celle prise à Kinshasa, est un pas de plus vers cet idéal.
Article Ecrit par Miché Mikito
Source: footrdc.com
