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Noyade militaire FARDC : la rivière Mweso à Pinga frappe à nouveau

Les eaux tumultueuses de la rivière Mweso, à Pinga, viennent une fois de plus de voler une vie. Ce mardi 17 février, c’est un soldat du 3304ᵉ régiment des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) qui a été emporté par le courant, alors qu’il tentait de se baigner en début d’après-midi. « On l’a vu lutter contre le flot, puis il a disparu sous l’eau, emporté comme un fétu de paille », raconte, la voix tremblante, un habitant de Pinga qui a assisté, impuissant, à la scène. Cet accident noyade en RDC, le deuxième en moins de quatre mois dans cette même rivière, plonge la communauté locale dans une stupeur teintée de colère. Jusqu’où cette rivière va-t-elle continuer à faire des victimes ?

Les faits sont aussi bruts que le courant de la Mweso. Alors que le militaire, dont l’identité n’a pas encore été rendue publique, se trouvait dans l’eau, il aurait tenté de traverser la rivière à la nage. Mais le niveau d’eau, particulièrement élevé en cette période de fortes pluies, a eu raison de ses efforts. Le soldat noyé à Walikale n’a pas pu résister à la puissance du courant. Depuis, ses camarades et la population locale, soutenus par les autorités administratives de Pinga, mènent des recherches pour tenter de retrouver son corps. Mais l’espoir s’amenuise à chaque heure qui passe, le spectre du drame de novembre 2025 planant lourdement sur les opérations. À cette époque, une autre personne avait péri dans des circonstances similaires, sans que son corps ne soit jamais retrouvé. Comment une tragédie peut-elle se répéter ainsi, dans le même lieu, sans que des mesures radicales ne soient prises ?

Cette nouvelle noyade militaire FARDC met en lumière un problème récurrent dans la région du Nord-Kivu. Les rivières, sources de vie, se transforment trop souvent en pièges mortels, surtout en saison des pluies. Les autorités locales, par la voix de leurs représentants à Pinga, ont immédiatement lancé un appel à la prudence, enjoignant la population à éviter de se baigner dans la rivière Mweso lorsque le niveau est haut. « Nous lançons un appel solennel à tous, civils et militaires, pour une extrême vigilance », a déclaré une source administrative. Mais cet appel suffit-il ? Pour de nombreux habitants, les paroles ne remplacent pas les actions. L’absence de corps retrouvé, tant pour ce drame que pour le précédent, ajoute une couche de souffrance insoutenable pour les familles des victimes, laissant un vide et un deuil impossible à faire.

Derrière cette fatalité apparente se cachent des enjeux sociétaux profonds. Pourquoi les zones comme Pinga, en territoire de Walikale, semblent-elles si vulnérables à ces accidents ? L’analyse pointe souvent vers un manque d’infrastructures de sécurité de base et une méconnaissance des risques liés aux cours d’eau en période de crue. La présence militaire dans la région, due au contexte sécuritaire complexe du Nord-Kivu, expose également des jeunes soldats à des environnaux naturels qu’ils ne maîtrisent pas toujours. Cet événement tragique est plus qu’un simple fait divers ; c’est le révélateur d’une précarité plus large, où la sécurité au quotidien n’est pas garantie, même face aux éléments naturels. La rivière Mweso, par ces drames répétés, devient le symbole d’une région où la vie peut basculer en un instant, sans filet de sécurité.

Alors que les recherches se poursuivent dans les eaux sombres de la Mweso, une question brûle les lèvres de tous : combien de vies faudra-t-il encore perdre pour que des mesures concrètes soient mises en place ? Des panneaux d’avertissement, des patrouilles de prévention, ou simplement une sensibilisation accrue auprès des communautés et des unités militaires pourraient-ils éviter de futures tragédies ? La noyade de ce soldat des FARDC à Pinga Nord-Kivu doit servir de cri d’alarme. Elle interpelle non seulement les autorités locales mais aussi l’ensemble de la chaîne de commandement militaire sur la nécessité d’intégrer la gestion des risques naturels dans leur dispositif. En République Démocratique du Congo, protéger les citoyens et ceux qui les servent passe aussi par une lutte contre les dangers invisibles que recèlent les paysages apparemment paisibles. L’heure n’est plus aux constats amers, mais à l’action, pour que la rivière Mweso cesse d’être synonyme de deuil et que de tels accidents noyades ne se reproduisent plus.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: Actualite.cd

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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