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Le procureur général ordonne la libération de 125 détenus à Makala

Le procureur général près la Cour de cassation a ordonné, ce mardi 17 février, la remise en liberté immédiate de 125 détenus de la prison centrale de Makala. Cette décision judiciaire d’envergure intervient après que des sources au sein de l’appareil judiciaire ont confirmé que ces individus étaient maintenus en détention dans des conditions irrégulières, sans base légale suffisante. Par cette action, le ministère public entend non seulement faire appliquer strictement la loi mais aussi contribuer à alléger la pression insoutenable qui pèse sur cette maison d’arrêt, emblématique de la crise carcérale à Kinshasa.

Dans un communiqué rendu public, le Parquet général a précisé avoir agi en parfaite conformité avec les dispositions du code de procédure pénale et les principes fondamentaux des droits de la défense. “La décision de libérer ces 125 personnes a été prise après un examen méticuleux des dossiers, qui a révélé des vices de procédure et des irrégularités flagrantes dans leur maintien en détention”, a déclaré la conseillère en communication et presse de Madame le procureur général Situzolana. Elle a ajouté que cette initiative s’inscrivait dans une volonté plus large de “rassainir le système judiciaire et de garantir le respect des droits humains, y compris en milieu carcéral”.

La prison centrale de Makala, principal établissement pénitentiaire de la capitale congolaise, est depuis des années en proie à une surpopulation carcérale chronique. Conçue pour accueillir un nombre limité de détenus, elle en héberge actuellement plusieurs fois la capacité initiale, selon les rapports des organisations de défense des droits de l’homme. Cette promiscuité extrême génère des conditions de vie déplorables, marquées par un manque d’hygiène, une nutrition insuffisante et un accès limité aux soins de santé. Comment un tel déni des droits fondamentaux a-t-il pu s’installer durablement dans l’une des plus grandes prisons du pays ?

La situation a atteint un point critique récemment avec l’apparition d’une épidémie de choléra au sein de la population carcérale. Celle-ci a provoqué, en l’espace de quelques jours seulement, le décès de cinq détenus, suscitant l’inquiétude des autorités sanitaires et judiciaires. Face à cette urgence de santé publique, le ministre d’État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa, avait pris, dès le samedi 14 février, une mesure conservatoire forte : l’interdiction temporaire de toute nouvelle admission de prisonniers dans l’établissement. Cette décision administrative visait à circonscrire la propagation de la maladie et à permettre la mise en œuvre de protocoles sanitaires stricts.

Par une circulaire adressée aux responsables pénitentiaires, aux autorités sanitaires et à l’ensemble des services concernés, le ministre Ngefa avait instruit ces derniers d’assurer l’exécution et le suivi rigoureux de ces mesures. L’objectif était double : endiguer l’épidémie de choléra dans la prison et prévenir de nouvelles tragédies humaines. Cette intervention du pouvoir exécutif, couplée à l’action judiciaire du Parquet général, illustre la gravité de la crise multidimensionnelle que traverse la prison de Makala. La surpopulation n’est-elle pas le terreau fertile de telles catastrophes sanitaires ?

La libération de ces 125 détenus, bien que significative, ne représente qu’un premier pas face à l’ampleur du problème. Elle devrait mécaniquement réduire la population carcérale de Makala, offrant un peu de répit aux infrastructures surchargées et permettant potentiellement de meilleures conditions pour les détenus restants. Cependant, des questions essentielles demeurent sans réponse. Qu’adviendra-t-il des autres prisonniers potentiellement en détention irrégulière ? Des mécanismes de contrôle systématique des conditions de détention seront-ils mis en place pour éviter la répétition de tels dysfonctionnements ?

Les prochaines étapes, comme indiqué par le Parquet général, devraient inclure un audit approfondi des dossiers des autres détenus de Makala, afin d’identifier et de corriger d’éventuelles autres irrégularités. Parallèlement, les autorités sanitaires sont attendues sur la pérennisation des mesures d’hygiène et de prévention pour éviter une résurgence du choléra ou l’apparition d’autres maladies. Cette affaire met en lumière les défis immenses de la justice et de l’administration pénitentiaire en République Démocratique du Congo. Elle rappelle avec force que le respect de la légalité et de la dignité humaine, même en prison, est une condition non négociable de l’État de droit.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net

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