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Trafic ferroviaire Kasaï interrompu : Kananga menacée de pénurie

Le trafic ferroviaire entre le Kasaï et le Kasaï-Central, corridor stratégique pour l’économie régionale, est brutalement interrompu depuis plusieurs jours, plongeant l’approvisionnement de Kananga dans une incertitude critique. La cause directe de cette paralysie réside dans des intempéries d’une violence inattendue : de fortes pluies tombées vendredi 13 février ont provoqué la formation d’un ravin à Bena Leka, dans le territoire de Demba, emportant les remblais récemment posés par l’Office des voiries et drainage (OVD). Ces travaux, achevés il y a à peine un mois, étaient pourtant censés sécuriser cet axe vital. Cet événement met en lumière la fragilité des infrastructures de transport en République Démocratique du Congo et soulève des questions pressantes sur leur résilience face aux aléas climatiques.

L’impact économique de cette interruption du trafic ferroviaire dans le Kasaï est immédiat et potentiellement sévère. Cet axe constitue l’artère principale pour le ravitaillement de Kananga, chef-lieu du Kasaï-Central, en denrées alimentaires essentielles comme le maïs. Gaston Tshipumbu, coordinateur de la Nouvelle Société civile congolaise à Bena Leka, alerte sans détour : « C’est le chemin de fer qui ravitaille Kananga en maïs et autres produits. Cela risque de provoquer une hausse des prix des denrées alimentaires. » Une telle disruption, si elle se prolonge, pourrait donc déclencher une inflation localisée, pesant sur le pouvoir d’achat déjà fragile des ménages et menaçant la sécurité alimentaire de la région. Comment une métropole comme Kananga peut-elle faire face à un tel goulot d’étranglement logistique ?

Face à cette urgence, la Société nationale des chemins de fer du Congo (SNCC) s’est mobilisée. Selon des sources internes à la région Nord de l’entreprise, des équipes sont déjà à l’œuvre pour évaluer les dégâts et entamer les travaux de réparation de la voie ferrée endommagée. L’objectif est clair : permettre une reprise rapide du trafic pour limiter les conséquences économiques. Cependant, la tâche est complexe. Les remblais balayés par le ravin de Bena Leka à Demba devront être reconstruits, peut-être avec des techniques plus résistantes, interrogeant l’efficacité des précédents travaux de l’OVD. La rapidité et la qualité de l’intervention de la SNCC seront déterminantes pour le rétablissement de cet approvisionnement interrompu.

Au-delà de la réaction d’urgence, cet incident souligne un défi structurel. Les infrastructures de transport congolaises, souvent vétustes, sont de plus en plus exposées aux phénomènes météorologiques extrêmes. Les travaux de remblais, bien que nécessaires, apparaissent comme une solution palliative si elles ne s’accompagnent pas d’investissements durables dans l’ingénierie et la maintenance. La répétition de tels événements pourrait, à terme, éroder la compétitivité économique de toute la région du Kasaï, dont le développement est intimement lié à la fluidité de ses corridors logistiques.

La situation actuelle place les autorités devant une équation difficile. Une intervention gouvernementale rapide est réclamée par la société civile pour coordonner les efforts et débloquer les ressources nécessaires. L’enjeu dépasse la simple réparation ponctuelle ; il s’agit de repenser la planification des infrastructures pour les rendre plus résilientes. Quels mécanismes de financement et quels standards techniques doivent être adoptés pour sécuriser l’avenir du trafic ferroviaire, ce moteur essentiel de l’économie locale ?

À court terme, les regards sont tournés vers la SNCC et sa capacité à rétablir la circulation. Chaque jour d’interruption accroît le risque de pénurie sur les marchés de Kananga et la pression sur les prix. Les acteurs économiques, des agriculteurs aux commerçants, sont en alerte, redoutant une rupture des chaînes d’approvisionnement. Une reprise rapide du trafic ferroviaire permettrait d’atténuer ces risques, mais un délai prolongé pourrait avoir des répercussions en cascade, affectant la stabilité socio-économique de la zone.

En conclusion, l’effondrement des remblais à Bena Leka n’est pas qu’un simple accident climatique ; c’est un signal d’alarme pour la gouvernance des infrastructures en RDC. Il exige une réponse immédiate pour la réparation de la voie ferrée par la SNCC, mais aussi une réflexion stratégique sur la modernisation et la sécurisation de ces axes vitaux. La continuité de l’approvisionnement de Kananga et la stabilité des prix en dépendent directement. L’économie du Kasaï, à un carrefour critique, attend des actions concrètes et durables pour éviter que de telles interruptions ne deviennent chroniques et n’entravent son développement.

Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net

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Amissi G
Amissi G
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
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