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Taux emploi RDC : 55,9% en moyenne, l’agriculture reste le principal employeur

Le marché du travail en République Démocratique du Congo présente un visage contrasté, selon le rapport final de l’Institut National de la Statistique (INS) sur les conditions de vie des ménages, publié la semaine dernière à Kinshasa. Avec un taux moyen d’offre d’emploi établi à 55,9% à l’échelle nationale, la situation économique révèle à la fois des dynamiques sectorielles ancrées et des disparités géographiques prononcées. Mais ce chiffre, s’il peut sembler encourageant, masque des réalités provinciales et sociales qui interpellent les décideurs politiques. Comment expliquer, par exemple, que la capitale Kinshasa affiche un taux inférieur à 50%, alors que des provinces rurales dépassent les 58% ?

L’analyse sectorielle du rapport INS emploi confirme la prédominance historique de l’agriculture dans l’économie congolaise. En effet, ce secteur absorbe à lui seul 45,7% des actifs occupés, soit près de la moitié de la main-d’œuvre. Une telle concentration pose la question de la diversification économique, d’autant que le commerce suit loin derrière avec 14% de part d’emploi. Les secteurs de l’éducation et de la santé, ainsi que l’élevage, la sylviculture et la pêche, représentent respectivement 8,3% et 6,7%, tandis que les autres services plafonnent à 6,5%. Cette structure illustre une économie encore largement tributaire des activités primaires, avec un marché du travail Congo peu orienté vers les industries transformatrices ou les services à haute valeur ajoutée.

Le rapport met en lumière une différence notable entre les zones rurales et urbaines. Contrairement à certaines idées reçues, le marché du travail Congo apparaît plus dynamique dans les campagnes, où l’offre d’emploi est plus concentrée, notamment parmi les populations pauvres (56,5%) comparée aux non-pauvres (54,9%). Cette donnée suggère que la pauvreté n’est pas nécessairement corrélée à un accès moindre à l’emploi, mais peut-être à la qualité des postes occupés. À l’inverse, en zone urbaine, et particulièrement à Kinshasa, la capitale économique, le taux emploi RDC chute à 48,1%, soit près de huit points en dessous de la moyenne nationale. Une situation qui interroge sur les défis de l’urbanisation et la capacité des villes à générer des opportunités durables.

L’emploi par province RDC présente des écarts significatifs. Les provinces de Mongala (58,5%), du Haut-Lomami (58,2%), du Maniema (57,7%), du Kwango (58%) et du Kasaï (57,7%) bénéficient d’un accès relativement plus large aux opportunités d’emploi. À l’opposé, le Nord-Kivu et le Lualaba (56,3% chacun), ainsi que le Kongo Central (56,6%), affichent des performances légèrement inférieures. Le Mai-Ndombe, avec 58,8%, se situe au-dessus de la moyenne nationale, tandis que la Tshopo (55,8%) est dans la norme. Les lanternes rouges sont le Haut-Katanga (54,2%) et, de manière plus marquée, Kinshasa (48,1%). Ces chiffres soulignent une géographie de l’emploi qui ne coïncide pas toujours avec les pôles économiques traditionnels, comme le Haut-Katanga, région minière pourtant stratégique.

Comment interpréter ces données ? Le taux emploi RDC de 55,9% reflète une économie où l’agriculture emploi Congo reste le moteur principal, mais un moteur à deux vitesses. D’un côté, les zones rurales, où l’agriculture domine, semblent offrir un débouché professionnel plus accessible, même pour les populations vulnérables. De l’autre, les centres urbains, en particulier Kinshasa, peinent à traduire leur densité économique en créations d’emplois formels. Cette dichotomie pose un défi de taille : comment valoriser le potentiel agricole tout en développant des filières industrielles et de services capables d’absorber la main-d’œuvre urbaine croissante ?

À moyen terme, la consolidation du marché du travail Congo passera nécessairement par une politique de diversification sectorielle. L’agriculture, si elle est essentielle, ne pourra à elle seule porter les ambitions de développement d’un pays aussi vaste et peuplé que la RDC. Les autorités devront encourager les investissements dans les secteurs secondaire et tertiaire, tout en améliorant la productivité du secteur primaire. Par ailleurs, la faiblesse du taux d’emploi à Kinshasa, cœur administratif et économique du pays, est un signal d’alarme qui appelle des mesures ciblées pour stimuler l’entrepreneuriat et l’innovation en milieu urbain.

En définitive, le rapport INS emploi offre une photographie précieuse, quoique préoccupante, du monde du travail congolais. Avec 55,9% de taux d’offre d’emploi, la RDC n’est pas au bord du précipice, mais elle doit urgemment repenser sa stratégie économique pour réduire les disparités régionales et sectorielles. L’enjeu est de taille : transformer la croissance potentielle en emplois décents et durables pour tous les Congolais, en s’appuyant sur une vision intégrée du développement rural et urbain.

Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd

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Amissi G
Amissi G
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
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