Le ministère des Finances de la République Démocratique du Congo vient de sceller un engagement stratégique crucial pour l’année à venir. À l’issue d’une retraite d’évaluation et de planification, les hauts responsables des régies financières et des entités sous tutelle du ministère ont officiellement signé, ce lundi 16 février à Kinshasa, un contrat de performance 2026. L’objectif cardinal de ce document-cadre est double : intensifier la mobilisation des recettes publiques et optimiser la gestion des deniers de l’État. Cette formalisation intervient après trois jours de travaux approfondis réunissant le cabinet ministériel, les directeurs généraux et les secrétaires généraux, tous unis dans une réflexion visant à accroître l’efficacité de l’action publique en matière financière.
Mais sur quels leviers concrets compte s’appuyer le ministère des Finances RDC pour atteindre ces ambitions ? La feuille de route 2026, dévoilée à cette occasion, repose sur cinq piliers fondamentaux. Premièrement, une mobilisation accrue des ressources constitue le socle de l’action. Deuxièmement, la poursuite des réformes fiscales, couplée à une accélération de la digitalisation des services, est jugée incontournable. Troisièmement, le maintien de la stabilité du cadre macroéconomique reste une priorité absolue. Quatrièmement, le financement de projets structurants – qu’il s’agisse d’infrastructures, de voiries urbaines ou du secteur énergétique – doit être garanti. Enfin, le renforcement de l’intégrité et de la discipline budgétaire complète ce dispositif, dans un contexte où la transparence est plus que jamais exigée par les citoyens et les partenaires internationaux.
Les perspectives économiques qui sous-tendent ce plan sont, il faut le reconnaître, ambitieuses. Le cadre macroéconomique pour 2026 table sur une croissance économique du Produit Intérieur Brut (PIB) de 5,3 %. Cette projection, principalement tirée par le dynamisme du secteur extractif minier, devra cependant être consolidée par une diversification de l’économie pour une prospérité plus inclusive. Le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde, a rappelé avec force que la mission ultime de son département reste de « doter le Gouvernement des moyens de sa politique, au bénéfice direct de la population ». Un discours qui appelle à une éthique irréprochable de la part des agents publics, notamment dans la lutte acharnée contre la fraude fiscale et l’obligation rigoureuse de déclaration de patrimoine.
Cet appel à la rectitude s’inscrit dans un bilan de gestion publique que le ministre a qualifié de « résilient ». Les chiffres présentés sont, en effet, de nature à inspirer un certain optimisme prudent. L’année 2025 a été marquée par des performances remarquables des administrations fiscales. La Direction Générale des Douanes et Accises (DGDA) a non seulement atteint 102% de ses objectifs d’assignation, lui valant le Prix de la Performance, mais elle symbolise l’efficacité vers laquelle toutes les structures doivent tendre. La Direction Générale des Impôts (DGI), avec une réalisation de 100%, a quant à elle décroché le Prix d’Excellence. La Direction Générale des Recettes Administratives, Dominales et de Participations (DGRAD) a reçu un Prix d’Encouragement, soulignant une progression collective.
Au-delà des performances administratives, les indicateurs macroéconomiques globaux dessinent une trajectoire positive. Sur la période 2020-2025, la RDC a enregistré une croissance économique moyenne de 7%, un rythme soutenu dans un environnement régional parfois volatile. L’inflation, véritable épine dans le pied du pouvoir d’achat des Congolais, a été spectaculairement ramenée de 23,8% en 2023 à seulement 2,3% à la fin de l’année 2025. Enfin, un indicateur de robustesse financière crucial, les réserves de change de la Banque Centrale, sont passées de 1,1 milliard de dollars en 2019 à 7,9 milliards de dollars fin 2025, offrant au pays un coussin de sécurité non négligeable face aux chocs externes.
En clôturant les travaux, le ministre a lancé un appel solennel à la mobilisation de l’ensemble des cadres et agents du secteur. L’enjeu est d’accompagner, avec une détermination sans faille, la vision du Chef de l’État et de traduire ces engagements chiffrés en améliorations concrètes des conditions de vie de la population. Le contrat de performance 2026 apparaît ainsi comme bien plus qu’un document administratif. Il s’érige en feuille de route opérationnelle et en boussole pour l’ensemble de l’appareil financier public congolais. Sa réussite dépendra de la capacité à transformer les objectifs en actions tangibles et à maintenir le cap des réformes fiscales dans un esprit d’intégrité totale. Le défi est de taille, mais les fondations, à en juger par les récents résultats, semblent plus solides que jamais pour soutenir une croissance économique durable et partagée.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
