Une opération d’envergure menée par les services d’immigration zambiens dans la ville de Ndola a abouti à l’interpellation de plus de 80 ressortissants congolais, jetant une lumière crue sur les défis migratoires dans la région. Cette action, survenue en fin de semaine dernière, s’est déroulée avec le concours de plusieurs unités de sécurité et a ciblé des quartiers spécifiques de la ville, dont Hill Crest, Mitengo et Kansenshi, révélant une approche systématique des autorités face au phénomène de séjour irrégulier en Zambie.
Selon les déclarations officielles, cette opération immigration Ndola a permis de contrôler plus de 170 individus de diverses nationalités suspectés de violer les lois sur le séjour. La majorité des personnes interpellées sont des Congolais interpellés Zambie, parmi lesquels figurent des réfugiés reconnus. Cette distinction est cruciale, car elle soulève des questions sur le traitement différentiel appliqué par les autorités entre les migrants économiques et les personnes fuyant des conflits, comme c’est souvent le cas pour les réfugiés congolais Zambie.
Le déroulement et les conséquences de cette vague d’arrestations dessinent un tableau complexe. À l’issue des vérifications d’identité et de statut migratoire, les autorités ont procédé à un triage qui a conduit à des mesures radicalement différentes. Quinze réfugiés d’origine congolaise ont ainsi été contraints de quitter leurs lieux de vie pour être relocalisés de force dans le camp de Meheba, une structure établie pour accueillir les personnes déplacées. Parallèlement, trente-six autres individus, dont dix adultes et vingt-six mineurs, ont été directement expulsés vers la République Démocratique du Congo via le poste frontalier de Sakania, illustrant la réalité des expulsions Congolais Zambie.
Les mesures ne se sont pas arrêtées là. Un groupe distinct de Congolais, principalement des étudiants dont les titres de séjour étaient arrivés à expiration ou étaient invalides, s’est vu notifier une invitation à quitter le territoire zambien de leur propre chef. Enfin, cinq personnes restent détenues, dans l’attente que les investigations se poursuivent et que des décisions judiciaires soient rendues. Cette stratification des réponses – relocalisation, expulsion forcée, invitation au départ et détention – démontre la gradation des sanctions prévues par la législation zambienne en matière d’immigration.
Quelles sont les implications de telles opérations pour les relations transfrontalières ? La Zambie, comme de nombreux pays de la région, fait face à un afflux constant de migrants en quête de stabilité économique ou de sécurité. La frontière partagée avec la RDC, longue et parfois poreuse, facilite les mouvements de population. Cependant, le gouvernement zambien réaffirme, par la voix de son département de l’immigration, l’impératif de respecter scrupuleusement ses lois. Tout étranger résidant sur son sol doit régulariser sa situation sous peine de s’exposer à des arrestations, des expulsions Congolais Zambie ou des relocalisations forcées vers des camps.
Cette situation n’est pas sans rappeler les tensions migratoires récurrentes dans la région des Grands Lacs. La RDC, en proie à des conflits armés dans l’est du pays, est un important pourvoyeur de réfugiés. La distinction entre migrant économique et réfugié politique peut devenir floue, compliquant le travail des autorités d’accueil et exposant les individus à des interprétations variables de leur statut. Les réfugiés congolais Zambie qui se retrouvent relocalisés de force voient ainsi leur liberté de mouvement restreinte, une mesure qui, si elle peut se justifier par des impératifs de contrôle, interroge sur le respect des droits fondamentaux.
L’opération immigration Ndola sert donc de révélateur aux défis structurels de la gestion migratoire en Afrique australe. D’un côté, les États souverains comme la Zambie entendent faire respecter leur ordre juridique et protéger leur marché du travail. De l’autre, les réalités géopolitiques voisines, marquées par l’instabilité, génèrent des flux humains qui dépassent les cadres légaux stricts. Les Congolais interpellés Zambie lors de ce raid ne sont souvent que la face visible d’un phénomène bien plus vaste, où les espoirs d’une vie meilleure se heurtent aux rigidités administratives et aux ressources limitées des pays d’accueil.
À plus long terme, de telles actions policières pourraient nécessiter un dialogue bilatéral renforcé entre Kinshasa et Lusaka. Une coordination accrue sur les questions frontalières, la reconnaissance mutuelle de certains titres de séjour, ou des programmes de régularisation exceptionnels pourraient atténuer les chocs humains de ces opérations. En attendant, le message des autorités zambiennes est clair : le séjour irrégulier en Zambie ne sera plus toléré, et les conséquences pour les contrevenants, qu’ils soient réfugiés ou migrants, seront appliquées avec fermeté. La communauté congolaise établie en Zambie se trouve ainsi avertie, entre la nécessité de se mettre en règle et la crainte de voir ses membres dispersés ou renvoyés dans un pays qu’ils avaient cherché à quitter.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
