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Tri sélectif obligatoire à Kinshasa : des contrôles systématiques dès le 2 mars

Une révolution silencieuse mais déterminée s’annonce dans les rues de Kinshasa. Face à l’amoncellement chronique des ordures et à l’asphyxie progressive de la capitale, les autorités provinciales passent à la vitesse supérieure. Dans le cadre du programme Kinshasa Ezo Bonga, la REGEDEK a dégainé une mesure radicale : à partir du 2 mars prochain, des contrôles systématiques et impitoyables seront menés sur l’évacuation des déchets ménagers. Cette décision, lourde de conséquences, sonne-t-elle le glas des mauvaises habitudes et le début d’une nouvelle ère pour l’assainissement environnemental Kinshasa ?

En prélude à cette offensive, une délégation composée d’agents de la REGEDEK, du bourgmestre de Gombe et de représentants de la société civile a sillonné le quartier des Cliniques, zone pilote, ce samedi 14 février. Objectif : préparer le terrain et sensibiliser les ménages et les entreprises à un changement de paradigme inévitable. Car derrière cette opération de communication se cache une réalité implacable : la capitale congolaise étouffe sous ses propres rebuts. La gestion des déchets Kinshasa a trop longtemps été marquée par l’anarchie, créant des dépotoirs sauvages et des paysages urbains défigurés.

Dès le lancement des contrôles, ce ne seront plus seulement des recommandations mais des obligations strictes. Le tri sélectif devient la règle d’or, une première à une telle échelle en RDC. Les foyers et les entreprises devront impérativement séparer leurs détritus en trois flux distincts : les déchets organiques, les inorganiques et les plastiques. Pour accompagner cette séparation, un code couleur officiel et estampillé au logo de la ville devient obligatoire : sac jaune pour les biodéchets, bleu pour les déchets secs non recyclables, et transparent pour les plastiques. Cette matérialisation visuelle du tri vise à discipliner le geste de jet et à faciliter le travail des collecteurs agréés.

Mais la réforme ne s’arrête pas au bac de tri. Elle restructure entièrement la chaîne de collecte. Désormais, tout producteur de déchets devra avoir signé un contrat avec un prestataire officiellement accrédité par la REGEDEK dans sa zone. Finie l’époque des « kinois-bébés » et des charrettes improvisées. Les enlèvements devront suivre un calendrier précis et les déchets ne pourront être présentés que dans un périmètre de dix mètres devant chaque parcelle. Cette militarisation du processus a un nom : le zonage renforcé. Chaque acteur, du particulier au prestataire, est assigné à une place bien définie dans l’écosystème de la propreté.

Et gare aux récalcitrants ! Les autorités ont prévu un arsenal répressif pour faire plier les réfractaires. Les services de la Police, de la Division urbaine de l’Environnement/Lukunga et du Parquet de Gombe seront déployés pour traquer les infractions. Prestataires non accrédités, collectes hors calendrier, absence de tri, utilisation de sacs non réglementaires… chaque manquement pourra donner lieu à des interpellations et des poursuites judiciaires. Le message est clair : la tolérance zéro est déclarée. Cette approche coercitive est-elle la seule solution pour éduquer une population ? Elle témoigne en tout cas de l’urgence perçue par le gouvernement provincial du gouverneur Daniel Bumba.

Cette politique du bâton vise un objectif ambitieux : métamorphoser la relation des Kinois avec leurs déchets et offrir enfin à la capitale un système de gestion des déchets moderne, structuré et efficace. Enrayer les dépôts sauvages, réduire la pollution visuelle et olfactive, améliorer la salubrité publique et lutter contre les maladies hydriques sont les promesses de cette réforme. Le succès du programme Kinshasa Ezo Bonga repose sur une alchimie complexe : la fermeté des contrôles, l’adhésion de la population et l’efficacité des prestataires. Le 2 mars marquera-t-il le vrai départ d’une Kinshasa plus propre, ou restera-t-il une date de plus dans le calendrier des bonnes intentions ? La réponse se construira, sac poubelle par sac poubelle, dans chaque commune de la mégalopole.

Article Ecrit par Miché Mikito
Source: Actualite.cd

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Miché Mikito
Miché Mikito
Né au bord du majestueux fleuve Congo, à Kisangani, Miché Mikito vous propose une couverture sportive dynamique et un éclairage unique sur les enjeux environnementaux. Passionné de sport, il suit de près les compétitions locales et internationales tout en restant très attentif à la préservation des richesses naturelles du Congo. Miché est votre guide pour tout ce qui concerne le sport et l’environnement.
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