Un climat de terreur a encore frappé les axes économiques du Nord-Kivu. Samedi 15 février, un convoi de commerçants en provenance de Lubero et à destination du site minier de Malimingi a été attaqué par des hommes armés non identifiés. L’assaut a eu lieu à Maasha, dans le groupement Ikobo, sur le territoire de Walikale, plongeant les acteurs économiques locaux dans une inquiétude profonde. Cet événement n’est malheureusement pas isolé et vient confirmer la recrudescence d’insécurité dans cette région stratégique.
Selon des sources administratives et sécuritaires du secteur des Wanianga, les commerçants victimes de cette attaque transportaient un chargement vital de marchandises destinées au ravitaillement du site minier de Malimingi. L’approvisionnement de ces zones reculées est crucial pour la vie quotidienne des travailleurs et la continuité des activités. Cependant, leur périple a tourné court lorsque leur convoi a été intercepté par les assaillants. Ces derniers, organisés et déterminés, ont procédé à un pillage systématique et complet. Aucune résistance n’a été possible face à ces groupes armés opérant dans la zone de Walikale.
Les pertes matérielles sont lourdes. Les commerçants ont été intégralement dépouillés de leurs biens. L’argent liquide destiné aux transactions, les téléphones portables, et la totalité des marchandises ont été emportés par les pillards. Après ce coup de force, les victimes, sous le choc et totalement démunies, n’ont eu d’autre choix que de rebrousser chemin vers Rusamambu. L’absence de pertes en vies humaines constitue le seul élément positif dans ce tableau désastreux. Mais cette maigre consolation ne suffit pas à apaiser les esprits ni à compenser les préjudices économiques subis.
Cet incident s’inscrit dans un contexte de forte instabilité sécuritaire qui gangrène cette partie du territoire de Walikale depuis des mois. Plusieurs groupes armés y opèrent en toute impunité, semant la terreur sur les axes de circulation. L’insécurité Nord-Kivu trouve ici une illustration criante. La route vers Malimingi, pourtant vitale pour l’économie locale, semble être devenue un couloir de tous les dangers. Comment les activités peuvent-elles prospérer dans un tel environnement ? La question hante les commerçants et les exploitants miniers.
Il s’agit en effet d’un énième cas de pillage sur cet itinéraire stratégique. La mémoire récente est encore marquée par un événement similaire survenu en novembre 2025. À l’époque, un autre convoi de commerçants se rendant à Malimingi avait été attaqué dans la même zone. Cette répétition d’actes criminels démontre une faille béante dans le dispositif de protection des civils et des biens. Le schéma est identique : des hommes armés, une interception, un pillage total, puis la fuite des victimes. Jusqu’à quand cette spirale de violence va-t-elle se poursuivre ?
Face à cette situation intolérable, les victimes et les acteurs économiques locaux lancent un cri d’alarme. Leurs appels pressants s’adressent directement aux autorités civiles et militaires. Ils exigent un renforcement urgent et tangible des mesures de protection sur cet axe. Sécuriser les déplacements vers les sites miniers n’est pas une option, mais une condition sine qua non pour la survie économique de la région. La libre circulation des personnes et des biens, principe fondamental, est aujourd’hui bafouée. Garantir la sécurité territoire Walikale est devenu un impératif catégorique.
Les conséquences de ces attaques à répétition dépassent le simple fait divers. Elles sapent la confiance des investisseurs, découragent les initiatives commerciales et asphyxient l’économie locale qui dépend largement de l’activité minière. Le pillage site minier Malimingi de ses approvisionnements est une attaque contre le développement de toute une communauté. Chaque convoi attaqué est un signal négatif envoyé à ceux qui tentent de faire vivre l’économie malgré l’adversité. Les groupes armés Walikale ne se contentent pas de voler des marchandises ; ils volent l’avenir de la région.
Les autorités sont-elles à l’écoute de ces détresses ? La multiplication des attaques convoi commerçants Walikale impose une réponse ferme et coordonnée. Il ne s’agit plus seulement de constater les dégâts après chaque incident, mais d’anticiper et de prévenir. Le déploiement de patrouilles régulières, l’installation de points de contrôle sécurisés et une collaboration renforcée avec les communautés locales pourraient constituer des pistes de solution. L’enjeu est de taille : redonner aux habitants et aux travailleurs le sentiment de sécurité élémentaire sans lequel aucune activité ne peut durablement s’épanouir dans le Nord-Kivu.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
