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L’Union africaine adopte une politique de tolérance zéro face aux coups d’État

L’Union africaine (UA) vient de franchir un cap décisif en adoptant une politique de “tolérance zéro” face aux changements anticonstitutionnels de gouvernement. Cette résolution majeure, actée lors du 39ᵉ sommet des chefs d’État et de gouvernement tenu à Addis-Abeba les 14 et 15 février 2026, marque-t-elle un tournant dans la gouvernance continentale ? Alors que les coups d’État et les prises de pouvoir illégales ont ressurgi ces dernières années, l’organisation panafricaine semble déterminée à durcir son discours et, potentiellement, ses actions.

Le communiqué final du sommet est sans équivoque. L’Assemblée a exprimé sa “profonde préoccupation” face à la persistance des conflits, du terrorisme, des changements anticonstitutionnels et des crises humanitaires. Elle a réaffirmé son “engagement indéfectible” envers cette nouvelle ligne de conduite. Cette annonce intervient dans un contexte de défiance croissante envers une institution souvent perçue comme trop timorée face aux crises sécuritaires et politiques qui déchirent le continent.

Mais comment cette politique de tolérance zéro se concrétisera-t-elle ? La question est d’autant plus pressante que des conflits comme celui qui oppose la République démocratique du Congo (RDC) au Rwanda, via le groupe M23, sont directement concernés. Kinshasa n’a cessé de dénoncer ce qu’elle considère comme une tentative de changement anticonstitutionnel fomenté de l’étranger. La ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, l’avait clairement souligné fin décembre 2025 devant le Conseil de paix et de sécurité de l’UA, accusant Kigali de soutenir un mouvement cherchant à renverser les institutions légales.

“Le soutien multiforme apporté par le Rwanda à un mouvement politico-militaire poursuivant un objectif de changement anticonstitutionnel des institutions légalement établies viole l’Acte constitutif de l’Union africaine”, avait-elle déclaré.

La crise en RDC apparaît ainsi comme un premier test grandeur nature pour la crédibilité de cette nouvelle doctrine. La rébellion M23, menée par Corneille Nangaa, ancien président de la commission électorale, a ouvertement affiché son intention de marcher sur Kinshasa. Cette menace a poussé la diplomatie congolaise à multiplier les appels à l’application stricte des principes de l’UA, notamment la souveraineté et la non-ingérence. La décision prise lors du sommet 2026 de l’Union africaine répond en partie à ces pressions. Elle place l’organisation devant ses responsabilités alors que des administrations parallèles s’installent dans l’Est du Congo.

Au-delà du cas congolais, cette politique de tolérance zéro vise à restaurer la légitimité démocratique sur un continent où plusieurs transitions de pouvoir ont été entachées par la force. Les observateurs internationaux scruteront désormais les réactions de l’UA face à la moindre tentative de putsch ou de prolongation illégitime de mandats. L’efficacité de cette mesure dépendra largement de la volonté politique des États membres, souvent réticents à sanctionner leurs pairs.

Le sommet de l’Union africaine de 2026 a donc posé un jalon important. En formalisant une position ferme contre les changements anticonstitutionnels, l’organisation tente de se positionner en garant de l’ordre démocratique. Cependant, le chemin entre une déclaration de principe et une action coercitive effective reste semé d’embûches. Les crises au Soudan, dans la région des Grands Lacs et ailleurs constitueront autant d’épreuves de vérité. La communauté internationale, souvent critique envers la passivité africaine face aux coups d’État, attend désormais des actes concrets.

La mise en œuvre de cette politique sera cruciale pour l’avenir de la stabilité en Afrique. Si l’UA parvient à imposer des sanctions crédibles et unies, elle pourrait dissuader les aventuriers politiques. Dans le cas contraire, ses résolutions risquent de rejoindre la longue liste des déclarations sans suite. La résolution de la crise entre la RDC et le Rwanda, épineuse et complexe, servira de premier indicateur. La balle est maintenant dans le camp des dirigeants africains : sauront-ils traduire leurs engagements en actions pour faire taire les armes et préserver les constitutions ?

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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