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Ndayishimiye préside l’Union africaine avec un défi majeur : la paix dans l’est de la RDC

Le paysage politique africain connaît un tournant majeur en ce début d’année 2026. À l’occasion du 39e sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine à Addis-Abeba, le président burundais Évariste Ndayishimiye a officiellement pris les rênes de la présidence tournante de l’organisation continentale. Il succède ainsi au président angolais João Lourenço pour un mandat de douze mois, de février 2026 à février 2027. Cet événement marque non seulement une étape protocolaire, mais s’annonce comme une présidence placée sous le signe d’urgences sécuritaires brûlantes, au premier rang desquelles la quête de paix dans l’est de la République démocratique du Congo.

La mission confiée au président Ndayishimiye est colossale. Conformément à l’Agenda 2063, il devra incarner et porter les priorités politiques, diplomatiques et économiques de l’ensemble du continent. Dès son discours d’intronisation, le nouveau président a placé la barre très haut, définissant la paix et la sécurité comme les pierres angulaires de son mandat. Ses mots ont résonné dans la salle du sommet de l’Union africaine, rappelant une vérité souvent amère : le développement de l’Afrique est intrinsèquement lié au silence des armes. Mais dans un contexte de crises multifacettes, des Grands Lacs au Sahel, cette ambition peut-elle se concrétiser ?

Le discours du président burundais a été sans équivoque. Il a appelé à une Afrique unie, plaidant pour le respect strict du droit international et de l’intégrité territoriale de chaque État. « La paix et la sécurité ne peuvent être effectives sur notre continent s’il y a encore des pays d’Afrique qui se font frapper ou agresser sur fond d’intérêts géopolitiques ou économiques des grandes puissances », a-t-il affirmé. Ce plaidoyer, qui rejette toute forme de « recolonisation » ou de soumission à des puissances étrangères au XXIe siècle, vise clairement les conflits où les ingérences externes sont régulièrement dénoncées. Le sommet Union africaine 2026 sert ainsi de tribune pour un rappel puissant des principes fondateurs de la Charte des Nations unies.

Parmi les dossiers les plus épineux sur son bureau, la situation à l’est de la RDC occupe une place prépondérante. Le président Ndayishimiye l’a cité en premier parmi les foyers de tension, aux côtés du Sahel, de la Somalie, du Soudan et de la Centrafrique. Il a souligné l’effet domino de ces crises, qui freinent les économies et hypothèquent l’avenir de millions de jeunes. Son appel à soutenir les mécanismes de prévention des conflits de l’UA et à « parler d’une seule voix » est un vœu pieux face à la complexité des réalités sur le terrain. La stabilisation durable de la région des Grands Lacs exige, selon ses propres termes, la solidarité et l’engagement de tous les acteurs, africains et internationaux.

Cette présidence Union africaine Burundi s’ouvre dans un contexte bilatéral particulièrement tendu. Les relations entre Bujumbura et Kigali sont extrêmement crispées, notamment depuis les récents développements du conflit dans l’est congolais. Le Burundi a publiquement accusé le Rwanda de soutenir la rébellion du M23, dont les offensives auraient, selon lui, affecté son territoire. Cette accusation directe, portée jusqu’aux Nations unies, place Évariste Ndayishimiye dans une position délicate. En tant que président en exercice de l’UA, devra-t-il être un médiateur neutre ou le défenseur des intérêts perçus de son pays ? Cette dualité pourrait constituer le premier test de crédibilité de sa présidence.

Malgré ces défis, le Burundi n’aborde pas cette responsabilité suprême sans expérience. Le pays a déjà présidé la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), dirige actuellement le COMESA et siège au bureau de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL). Cette connaissance des arcanes de la diplomatie régionale pourrait être un atout précieux. La priorité affichée sur la paix en Afrique, si elle se traduit par des actions concrètes et un leadership impartial, pourrait redonner un élan aux processus de paix stagnants.

Alors que les travaux du sommet se poursuivent, la communauté internationale observe avec attention les premières initiatives du président Ndayishimiye. Son mandat s’annonce comme l’un des plus déterminants pour l’avenir sécuritaire du continent. La capacité de l’Union africaine à résoudre ses propres conflits, en particulier le conflit est RDC, est plus que jamais sous le feu des projecteurs. Les douze prochains mois révéleront si les appels à l’unité et au respect du droit international pourront transcender les divisions et les intérêts particuliers, ou s’ils resteront de belles paroles dans les couloirs d’Addis-Abeba. La crédibilité de l’institution continentale est, en partie, en jeu.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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