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Épidémie de choléra à Makala : la prison centrale ferme ses portes après cinq morts

Une épidémie de choléra sévit actuellement au sein de la prison centrale de Makala à Kinshasa, ayant déjà provoqué le décès de cinq détenus. Face à cette urgence sanitaire, le ministre d’État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa, a pris une mesure radicale : l’interdiction temporaire de toute nouvelle admission de prisonniers dans cet établissement pénitentiaire. Cette décision, en vigueur depuis le samedi 14 février, vise à enrayer la propagation de la maladie dans un environnement déjà fortement vulnérable. Comment une telle crise a-t-elle pu éclater, et les mesures prises seront-elles suffisantes ?

Dans une circulaire dont Radio Okapi a obtenu copie, le ministre Ngefa a ordonné un train de mesures strictes. Outre la suspension immédiate des admissions jusqu’à nouvel ordre, il a demandé la limitation rigoureuse, voire la suspension, des visites familiales – sous réserve du respect scrupuleux des règles d’hygiène. Le renforcement des dispositifs sanitaires est également ordonné, comprenant la mise à disposition de médicaments essentiels, l’approvisionnement en produits de prévention et de désinfection, et le déploiement d’équipements médicaux adaptés. Les responsables pénitentiaires et les autorités sanitaires sont chargés de l’exécution et du suivi rigoureux de ces instructions. Ces mesures sanitaires dans les prisons de RDC sont-elles la réponse adéquate à une crise prévisible ?

Pour comprendre la rapidité de propagation de cette épidémie de choléra à Makala, il faut regarder les conditions de détention dénoncées de longue date. En novembre dernier, la Fondation Bill Clinton pour la Paix (FBCP) avait tiré la sonnette d’alarme sur la situation à Makala et à la prison de Ndolo. Son coordonnateur, Emmanuel Cole, avait recensé plus de 11 404 détenus pour une capacité d’accueil théorique de seulement 1 500 à Makala. Une surpopulation criante, couplée à des problèmes de malnutrition et de lenteurs judiciaires, crée un terrain propice à la propagation des maladies. Ces conditions de détention à Kinshasa transforment les prisons en véritables bombes sanitaires à retardement.

Mais qu’est-ce que le choléra au juste ? Il s’agit d’une infection diarrhéique aiguë et potentiellement mortelle, provoquée par l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés par la bactérie Vibrio cholerae. Dans un environnement surpeuplé où l’accès à l’eau potable, à l’assainissement et aux soins de base est limité, la maladie se diffuse comme une traînée de poudre. Les symptômes – diarrhée aqueuse profuse, vomissements, déshydratation sévère – peuvent entraîner la mort en quelques heures en l’absence de traitement rapide, lequel repose principalement sur la réhydratation orale ou intraveineuse. La promiscuité de la prison centrale de Makala offre un bouillon de culture idéal pour ce type d’agent pathogène.

Les actions du ministre de la Justice en RDC face au choléra sont donc une réaction d’urgence vitale. Isoler le foyer en limitant les entrées et les sorties est une stratégie classique de confinement. Cependant, ces mesures ponctuelles suffiront-elles face à un problème structurel aussi profond ? L’activiste Emmanuel Cole avait pourtant formulé des recommandations claires : accélérer le traitement judiciaire des dossiers pour réduire la surpopulation carcérale et investir dans la construction de nouvelles infrastructures. Sans une amélioration durable de l’hygiène, de la nutrition et de l’espace vital, tout autre foyer infectieux pourrait déclencher une nouvelle crise.

La tragédie en cours à Makala est un révélateur cruel des défis sanitaires et humanitaires que rencontrent les prisons congolaises. Elle rappelle avec force que la santé en milieu carcéral est un enjeu de santé publique qui concerne l’ensemble de la société. Les mesures temporaires décrétées par le ministre Ngefa sont un premier pas nécessaire pour stopper l’hémorragie. Mais une réforme en profondeur du système pénitentiaire, avec un investissement conséquent dans les infrastructures, l’accès aux soins et le respect des droits fondamentaux des détenus, reste la seule solution pérenne pour prévenir de telles catastrophes à l’avenir. La communauté internationale et la société civile auront-elles un rôle à jouer pour pousser à ces changements essentiels ?

Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net

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Amissi G
Amissi G
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
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