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Conférence des gouverneurs 2026 : report au Kwilu sur fond de préparatifs chaotiques

La République démocratique du Congo confirme enfin les nouvelles dates de la 13ᵉ session de la Conférence des gouverneurs des provinces, désormais programmée du 3 au 7 mars 2026 dans la province du Kwilu. Ce report, officiellement acté par le Vice-Premier ministre Jacquemain Shabani devant le Conseil des ministres, intervient après plusieurs mois d’incertitude et de reports successifs, interrogeant sur la capacité de l’État à orchestrer ce rendez-vous institutionnel majeur de la décentralisation RDC. Le thème choisi, « Transformation du secteur agricole, pastoral et halieutique : développement rural et connexion aux marchés urbains », sonne comme un vœu pieux face aux difficultés logistiques qui entravent l’organisation même de l’événement. Le pouvoir central joue-t-il sa crédibilité sur la réussite de cette session ?

Derrière l’annonce officielle se cache un tableau moins glorieux de préparatifs chaotiques. L’état des infrastructures d’accueil, particulièrement les aéroports de Bandundu et de Kikwit, cristallise les dysfonctionnements. Les travaux de réhabilitation de la piste et du tarmac de l’aéroport de Bandundu sont à l’arrêt, suite à la résiliation du contrat avec l’entreprise exécutante, Safrimex, jugée défaillante sur les plans technique et financier. Une situation qui illustre les failles récurrentes dans la gestion des marchés publics et qui force les organisateurs à opter pour une solution minimaliste : des travaux de renforcement en urgence pour simplement permettre l’atterrissage des avions, tandis que le chantier global reste confié à la même société. Un paradoxe qui ne manque pas d’alerter sur les risques de voir cette session gouverneurs 2026 se transformer en symbole des promesses non tenues de la décentralisation RDC.

La tenue de cette Conférence au Kwilu, province issue du démembrement de l’ancien Bandundu, revêt une importance symbolique forte. Elle est censée incarner le principe constitutionnel de libre administration des provinces et le rapprochement du pouvoir central des réalités locales. Pourtant, les retards accumulés et les obstacles logistiques envoient un message contraire. Ils questionnent la priorité réelle accordée par Kinshasa au dialogue avec les entités décentralisées. La Conférence des gouverneurs, cadre théorique de « renforcement de l’unité, de la paix et de la solidarité nationales », peut-elle fonctionner si sa matérialisation même est entravée par des problèmes d’infrastructures basiques ?

Le thème agricole ambitieux de cette 13ᵉ session résonne comme un écho lointain face à l’urgence des préparatifs. Axer les débats sur la transformation agricole RDC et la connexion aux marchés alors que la liaison aérienne vers la province hôte est compromise relève d’un cruel ironie. Cette discordance entre le discours politique élevé et la réalité opérationnelle fragile est révélatrice des défis structurels de la gouvernance congolaise. La volonté affichée de « transformation » du secteur agricole nécessitera des investissements et une coordination bien plus solides que ceux déployés pour organiser une simple conférence.

L’enjeu dépasse donc la simple tenue d’un événement. Cette Conférence des gouverneurs devient un test de crédibilité pour l’exécutif national. Sa réussite ou son échec technique sera perçu comme le reflet de l’engagement réel de l’État en faveur de la décentralisation effective. Le report en mars 2026 laisse un délai que les autorités devront impérativement mettre à profit pour surmonter les obstacles et démontrer que le dialogue entre le centre et les provinces n’est pas qu’un principe inscrit dans la Constitution, mais une pratique opérationnelle. Dans le cas contraire, c’est toute la légitimité de cette instance, pourtant consacrée par l’article 200 de la Loi fondamentale, qui risque d’en sortir affaiblie.

À quelques mois de l’échéance, la balle est dans le camp des services de l’État. La mobilisation de l’Agence congolaise des grands travaux et la pression insistante pour « accélérer le processus », évoquées lors des réunions préparatoires, suffiront-elles à rattraper le temps perdu ? La réponse à cette question déterminera non seulement le bon déroulement des assises du Kwilu, mais aussi la perception de la capacité de l’administration à concrétiser ses propres décisions. L’échec serait un mauvais signal, envoyé aux gouverneurs et à la population, sur la réalité du « développement rural » si souvent invoqué.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: Actualite.cd

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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