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RDC : L’Église de Réveil au Congo (ERC) sous sa nouvelle direction, appelle à la paix et à la réconciliation nationale

La salle était comble, l’émotion palpable. Samedi 14 février 2026, sous les regards d’une assemblée fervente et des plus hautes autorités civiles, l’archevêque Evariste Ejiba Yamampia recevait solennellement les insignes de sa charge. Cet événement majeur pour la vie religieuse et sociale de la République Démocratique du Congo n’était pas qu’une simple passation de pouvoir au sein de l’Église de Réveil au Congo (ERC). Il s’est transformé en une puissante tribune pour un appel, celui de la paix et de la réconciliation nationale, lancé depuis le cœur de Kinshasa.

Dans un discours empreint de gravité mais aussi d’espoir, le nouveau président de l’ERC a planté le décor d’une nation à la croisée des chemins. « Par nos actions pastorales et nos médiations discrètes, nous avons contribué à apaiser les tensions et à rappeler à chacun la nécessité d’une justice fondée sur la paix », a-t-il déclaré, rappelant le rôle historique des églises comme arbitres et pacificateurs dans les moments de crise. Son message était clair et sans équivoque : « Il est temps de privilégier l’essentiel, dans l’amour de Dieu. La véritable Église ne saurait s’opposer aux institutions de l’État établies. » Une prise de position forte qui réaffirme l’attachement de cette puissante organisation ecclésiastique aux institutions républicaines, tout en dessinant les contours d’un partenariat essentiel pour la stabilité du pays.

Mais qui est donc cet homme porté à la tête de l’une des principales plateformes confessionnelles du pays ? Élu le 6 février dernier sur la base de critères exigeants – âge, compétence, ancienneté, probité morale et capacité intellectuelle – Evariste Ejiba Yamampia n’est pas un nouveau venu. Il assurait déjà la fonction de président de l’ERC à titre transitoire depuis 2023, succédant à l’archevêque Dodo Kamba dans un contexte de refondation d’une organisation fragilisée. Son élection, fruit d’un consensus entre les membres fondateurs, effectifs et sages de l’Église, lui confère une légitimité solide pour piloter cette institution durant un mandat statutaire de cinq ans.

Son rôle ne se limitera pas à la seule supervision spirituelle. Il aura la lourde charge de la gestion juridique, administrative, des biens et des finances de l’ERC. Surtout, il sera l’interface privilégiée entre l’Église et les institutions de l’État, une mission dont l’importance a été soulignée par la présence remarquée de la Première ministre, Judith Suminwa, à cette cérémonie d’investiture. Cette présence n’est pas anodine. Elle symbolise la collaboration soutenue que le gouvernement entend maintenir avec les confessions religieuses, dans un pays pourtant laïc.

La cheffe de l’exécutif a d’ailleurs confirmé cette volonté de partenariat. Elle a exprimé l’intention de son équipe de s’appuyer sur les acteurs religieux comme partenaires sociaux stratégiques, notamment dans des secteurs clés comme l’éducation et la santé. Cette orientation s’inscrit en parfaite conformité avec le quatrième pilier du Programme d’actions du Gouvernement 2024-2028. Une question se pose alors : dans un pays où les défis sociaux sont immenses, cette alliance renouvelée entre le spirituel et le temporel peut-elle réellement être un levier pour le développement et la cohésion sociale ?

Fondée en 1997 par quatorze pasteurs visionnaires et dotée de sa personnalité juridique en 2003, l’Église de Réveil au Congo a traversé les époques. Aujourd’hui, face aux divisions et aux défis socio-économiques persistants, son nouveau leadership semble choisir une voie : celle du dialogue et de la collaboration constructive avec l’État. L’appel à l’unité nationale lancé par l’archevêque Ejiba résonne comme un rappel aux fondamentaux. La paix et la réconciliation ne sont-elles pas les prérequis indispensables à tout projet de développement ?

En cette période où la recherche de repères et de cohésion est plus que jamais d’actualité en RDC, le message porté depuis Kinshasa lors de cette investiture dépasse le cadre purement religieux. Il interpelle l’ensemble de la société congolaise, les politiques comme les citoyens, sur la nécessité de privilégier l’intérêt général et la recherche du bien commun. Le chemin de la réconciliation est long et parsemé d’embûches, mais la voix des acteurs religieux, lorsqu’elle s’élève pour la paix et l’unité, peut offrir une boussole précieuse. Le mandat qui s’ouvre pour Evariste Ejiba Yamampia à la tête de l’ERC sera sans nul doute scruté à l’aune de sa capacité à transformer ces paroles fortes en actions concrètes au service de la nation.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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