Dans un mouvement stratégique visant à redynamiser son secteur agricole, la province du Maniema a procédé à une distribution massive de 3 500 kilogrammes de semences de café robusta. Cette opération, pilotée par la division provinciale de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, cible directement les inspecteurs territoriaux et urbains, acteurs clés de la chaîne de vulgarisation. Mais au-delà du simple geste, quelle vision économique sous-tend cette injection de capital végétal dans les terres du Maniema ?
Concrètement, cette distribution de semences café s’inscrit dans le cadre plus vaste du programme national de relance de l’agriculture pérenne. Face à une sécurité alimentaire province Maniema parfois fragile et une pauvreté rurale persistante, le gouvernement central et les autorités provinciales misent sur les cultures de longue durée pour créer une richesse durable. « Il s’agit du déploiement de 3 500 kilogrammes de cerises de café robusta. Chaque entité a reçu 437 kilogrammes de café et 170 kilogrammes de sachets pour permettre aux inspecteurs de procéder au semis », a précisé l’ingénieur Ramazani Radjabu Andilwa, chef de division de l’Agriculture. Cette dotation, accompagnée de sachets en polyéthylène pour la mise en pépinière, est une étape technique cruciale.
L’objectif affiché est double : transformer ces semences café robusta Maniema en plantules dans un délai de six mois, puis les distribuer gratuitement aux populations locales. Cette mécanique vise à stimuler la production locale de café, autrefois pilier économique de la région, et à recréer un circuit vertueux. En confiant la phase de germination aux services techniques de l’État, les autorités espèrent garantir un taux de réussite optimal et un accompagnement agronomique des futurs planteurs. Cette approche contraste avec une distribution directe et non encadrée, souvent moins efficace.
Quelles sont les retombées économiques attendues de cette relance agriculture pérenne RDC ? À moyen terme, la régénération des parcs caféiers devrait permettre aux ménages agricoles de diversifier et d’augmenter leurs sources de revenus. Le café robusta, exigeant moins d’altitude que l’arabica, est parfaitement adapté aux conditions du Maniema et représente une valeur ajoutée à l’exportation non négligeable. Cette initiative peut être vue comme un investissement dans le capital naturel de la province, avec un potentiel de rendement bien supérieur à celui d’aides ponctuelles. Les bénéficiaires, reconnaissants, ont d’ailleurs salué « la revanche du sol sur le sous-sol », une métaphore puissante illustrant la volonté de bâtir une économie moins dépendante des minerais.
Le plan ne s’arrête pas au café. Le chef de division a annoncé la distribution prochaine d’autres cultures pérennes, notamment le cacao et le palmier à huile. Cette diversification est essentielle pour bâtir une résilience économique. En ne mettant pas tous ses œufs dans le même panier agricole, le Maniema cherche à se prémunir contre les aléas climatiques ou les fluctuations des prix mondiaux d’une seule commodité. Ce programme agricole Maniema complet dessine ainsi les contours d’une agro-industrie locale naissante, capable de générer des emplois stables et de fixer les populations rurales.
En définitive, la distribution de ces 3,5 tonnes de semences est bien plus qu’une opération logistique. C’est le premier maillon d’une chaîne de valeur que les autorités tentent de reconstituer. Le succès de cette politique de relance agriculture pérenne RDC se mesurera à l’aune de la superficie replantée dans les prochaines années et de l’amélioration tangible des indicateurs de sécurité alimentaire province Maniema. Si la phase de pépinière est critique, la vraie transformation interviendra lorsque ces plants, devenus arbustes productifs, généreront des revenus durables pour des milliers de familles, consolidant par là même l’économie réelle de toute une région.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
