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Bac Kalelu : huit noyés dans un accident tragique en Lomami

« J’ai vu le véhicule reculer brusquement et basculer dans les eaux sombres. Les cris se sont mêlés au bruit du choc, puis il n’y a plus eu que le courant. » Témoin de la tragédie survenue ce vendredi 13 février au bac Kalelu, Papa Joseph, un habitant de la chefferie de Bakua Mulumba, livre un récit glaçant. Ses mots dépeignent l’effroi qui a saisi la communauté locale face à l’accident bac Kalelu ayant coûté la vie à huit personnes, plongeant leurs familles dans le deuil et l’incompréhension. Cet événement tragique relance le débat brûlant sur la sécurité traversée rivière dans de nombreuses régions de la République Démocratique du Congo.

Le drame s’est produit dans la matinée, alors que le bac effectuait sa liaison habituelle entre la chefferie de Bakua Mulumba, en province de Lomami, et celle de Bakua Kalonji, au Kasaï-Oriental. À bord, un véhicule transportant environ douze personnes entamait la traversée. Selon les informations concordantes, le scénario catastrophe s’est joué au moment critique du débarquement. Alors que l’embarcation venait d’accoster, le conducteur du véhicule a, pour une raison encore indéterminée, démarré et enclenché une marche arrière violente. Le poids du véhicule a eu raison de l’équilibre précaire du bac. Le choc contre le rebord a été suivi d’une chute vertigineuse dans la rivière, emportant avec lui vies et espoirs. Quatre personnes, dont le conducteur, ont miraculeusement pu être secourues par les autres usagers et riverains présents. Pour huit autres, le destin a été plus cruel, les engloutissant dans ce qui est désormais une noyade Lomami de plus à déplorer.

Comment une telle séquence d’erreurs a-t-elle pu se produire ? Les questions fusent au sein des communautés riveraines. La précipitation du conducteur, une méconnaissance des procédures de sécurité sur ce type de passage, ou encore l’état parfois rudimentaire des installations de débarquement sont pointés du doigt. Ce drame bac RDC n’est malheureusement pas un cas isolé. Il s’inscrit dans une longue liste d’incidents rappelant la vulnérabilité des milliers de Congolais qui dépendent quotidiennement de ces traversées par bac, souvent les seules liaisons entre des territoires enclavés.

En cette fin de journée de vendredi, les opérations de recherche victimes noyées se poursuivaient activement. Des plongeurs locaux et des volontaires, équipés de moyens souvent limités, s’acharnaient à fouiller les eaux turbulentes de la rivière, dans un ultime espoir de retrouver les disparus. La douleur des familles assemblées sur la berge est palpable, mêlant l’attente angoissée à la résignation face à un destin trop souvent répété. « Nous réclamons juste de traverser en sécurité. Nos vies valent-elles moins que celles des autres ? », interroge, la voix tremblante de colère, Mama Léontine, une commerçante qui emprunte ce bac chaque semaine.

Ce tragique événement met en lumière un problème structurel profond. La sécurité des transports fluviaux, vitaux pour l’économie et la vie sociale de régions entières, reste-t-elle le parent pauvre des politiques d’infrastructures ? L’absence de réglementation stricte, de contrôles techniques réguliers sur les bacs, et le manque de formation systématique des opérateurs et des usagers créent un terrain propice aux accidents. Combien de drames similaires faudra-t-il encore déplorer avant que des mesures concrètes et durables ne soient prises ? La province de Lomami, comme bien d’autres, mérite mieux que des traversées au péril de la vie.

Au-delà de l’émotion légitime, l’accident bac Kalelu doit servir de catalyseur. Il appelle à une réflexion collective et à une action résolue des autorités à tous les niveaux. Investir dans des infrastructures plus sûres, moderniser les équipements, former et sensibiliser les conducteurs et les passagers sont des impératifs non négociables. La vie humaine ne peut continuer d’être la variable d’ajustement du manque d’investissement dans les services publics essentiels. En cette période de deuil, la solidarité qui unit les communautés de Bakua Mulumba et Bakua Kalonji est un puissant rappel de la valeur de chaque existence. Honorons la mémoire des disparus en agissant enfin pour que de telles tragédies ne se reproduisent plus. La sécurité sur les routes et les rivières de la RDC est un droit fondamental, pas un privilège.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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