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Crise sanitaire à Basoko : Choléra et MPOX frappent, les médicaments manquent

Une urgence sanitaire silencieuse frappe le territoire de Basoko, dans la province de la Tshopo. Depuis le début de l’année, plus de 90 cas de maladies infectieuses ont été recensés par les autorités locales, plongeant plusieurs communautés dans une situation critique. Cette crise sanitaire, qui se déroule à 285 km en aval de Kisangani, illustre une fois de plus la vulnérabilité de certaines zones de la République Démocratique du Congo face aux épidémies.

Le choléra à Basoko représente la plus grande part de cette flambée, avec environ 70 cas confirmés. De son côté, le MPOX en RDC, anciennement connu sous le nom de variole du singe, a également fait son apparition avec une vingtaine de contaminations. Trois aires de santé sur les vingt-et-une que compte la zone – Lisalama, Toyokana et Yaonga – sont les épicentres de cette double épidémie. Le bilan humain est déjà lourd : sept personnes, dont quatre atteintes de choléra et trois du MPOX, ont perdu la vie.

Comment expliquer cette résurgence de maladies infectieuses à Basoko ? Les facteurs sont multiples et souvent liés. Le choléra est une maladie directement corrélée à l’accès à l’eau potable et à l’assainissement. La consommation d’eau contaminée ou une hygiène précaire peuvent suffire à déclencher une épidémie. Quant au MPOX, il se transmet principalement par contact étroit avec une personne infectée ou des animaux porteurs. Dans des communautés aux infrastructures de santé limitées, la propagation est d’autant plus rapide.

Face à cette situation, le personnel soignant, en première ligne, tire la sonnette d’alarme. La situation est d’autant plus dramatique qu’une pénurie de médicaments menace directement la prise en charge des patients. Les stocks de sérums et de traitements essentiels sont presque épuisés. Les quelques sérums d’alerte encore disponibles pourraient ne pas tenir au-delà de la fin de la semaine, laissant médecins et infirmiers démunis face à l’afflux de malades. Cette pénurie de médicaments à Basoko transforme une crise maîtrisable en une véritable catastrophe humanitaire.

Les responsables sanitaires locaux lancent un appel pressant. Ils sollicitent un appui urgent en intrants médicaux auprès du gouvernement central, de ses partenaires techniques et financiers, et des ONG humanitaires présentes dans la région. Au-delà des médicaments, le renforcement des capacités opérationnelles du personnel médical sur le terrain est crucial. Former les agents de santé à la gestion des épidémies et à l’application stricte des protocoles peut sauver des vies.

Que peuvent faire les populations face à cette double menace ? La prévention reste l’arme la plus efficace. Les mesures barrières, si elles ont été popularisées lors de la COVID-19, sont tout aussi pertinentes ici. Se laver régulièrement les mains avec du savon, consommer de l’eau traitée ou bouillie, et éviter tout contact non protégé avec une personne présentant des symptômes (fièvre, éruptions cutanées pour le MPOX ; diarrhée aqueuse pour le choléra) sont des gestes salvateurs. Isoler rapidement les cas suspects permet de briser la chaîne de transmission.

Cette crise à Basoko n’est pas une fatalité. Elle met en lumière l’impérieuse nécessité de renforcer les systèmes de santé au niveau local, d’améliorer l’accès à l’eau potable et de mener des campagnes de sensibilisation continues. La réponse doit être rapide, coordonnée et plurielle, combinant soutien logistique, renforcement des compétences et mobilisation communautaire. La santé des populations du territoire de Basoko, et plus largement de la Tshopo, ne doit pas être la variable d’ajustement de l’inaction. Le temps est à l’action concertée pour endiguer cette crise sanitaire avant qu’elle ne prenne une ampleur incontrôlable.

Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net

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Amissi G
Amissi G
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
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