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Nord-Kivu: la guerre des wazalendo paralyse l’axe vital Katatwa-Karete

La tension sécuritaire sur l’axe Katatwa-Otobora-Karete, dans le territoire de Walikale au Nord-Kivu, atteint un niveau critique. Deux groupes d’autodéfense, communément appelés wazalendo, s’affrontent pour le contrôle de ce corridor stratégique, plongeant les habitants dans une terreur quotidienne. Le conflit armé Nord-Kivu prend ici une forme localisée mais particulièrement violente, où les civils sont les premières victimes.

D’un côté, les Maï Maï Kifuafua, dirigés par Shukuru Bulenda. De l’autre, les Raia Mutomboki, sous les ordres de Kalumende. Leur rivalité pour la maîtrise de la route dure depuis près de deux mois, créant un climat de suspicion permanent. Chaque faction revendique des droits historiques sur cet axe, transformant la zone en un champ de bataille latent. La population, prise en étau, redoute l’explosion d’affrontements directs à tout moment.

La manifestation la plus tangible de cette insécurité à Walikale est la multiplication des points de contrôle illégaux. Pas moins de six barrières ont été érigées entre Katatwa et Karete par les combattants des deux camps. À chaque passage, les voyageurs doivent s’acquitter de taxes arbitraires. Le refus ou l’incapacité de payer expose à des représailles immédiates. « Vous payez ici, puis quelques mètres plus loin, vous payez encore à l’autre camp. C’est un véritable calvaire », rapporte un habitant, résumant l’enfer des trajets.

Ces barrières illégales en RDC ne sont pas de simples péages. Elles sont le théâtre d’exactions systématiques. Des sources locales fiables font état de cas de torture et de mauvais traitements infligés à ceux qui ne peuvent satisfaire les exigences financières des miliciens. La violence est utilisée comme outil de soumission et d’enrichissement par ces groupes wazalendo qui ont détourné leur mission première de protection.

Au-delà des extorsions pures, les communautés vivant à proximité sont soumises à une autre charge insupportable : l’obligation de nourrir les combattants. Ces réquisitions forcées de nourriture pèsent lourdement sur des foyers déjà appauvris par des années d’instabilité. Le fardeau est tel qu’il pousse de nombreuses familles à une décision radicale : fuir.

Un mouvement de déplacement de la population de Katatwa et des villages alentour est clairement engagé. « Mieux vaut vivre en déplacement que de rester dans cette forme d’esclavage », confie un résident d’Ibiro, ayant lui-même choisi l’exil. Cette fuite érode le tissu social et aggrave une crise humanitaire déjà profonde dans la région. Les déplacés rejoignent les camps surpeuplés, dépendant de l’aide internationale de plus en plus rare.

Face à cette situation intolérable, la société civile de Walikale hausse le ton. Elle condamne fermement les agissements de ces groupes et lance un appel pressant aux autorités militaires et provinciales. La demande est claire : une intervention urgente pour désarmer ces barrières, sécuriser la route et protéger les innocents. L’inaction, préviennent-ils, pourrait conduire à une escalade meurtrière aux conséquences imprévisibles.

L’enjeu dépasse largement le cadre local. L’axe Katatwa-Karete est un segment clé de la RN3, artère vitale pour le commerce entre Hombo et le chef-lieu du territoire, Walikale. Son blocage ou son insécurité perturbe les chaînes d’approvisionnement, fait flamber les prix et étouffe l’économie locale. La lutte pour son contrôle illustre comment des rivalités factionnelles peuvent paralyser une région entière.

Comment en est-on arrivé là ? Pourquoi des groupes supposément formés pour défendre les populations se sont-ils transformés en leurs principaux bourreaux ? La réponse est souvent liée à l’argent et à l’impunité. Les taxes illégales prélevées sur cette route lucrative constituent une manne financière essentielle pour les chefs miliciens, alimentant un cycle perpétuel de violence et de prédation.

Les autorités promettent régulièrement des opérations de nettoyage, mais sur le terrain, la réalité reste inchangée. La population, elle, attend des actes concrets. Elle espère voir les forces de l’ordre reprendre le contrôle de cet axe économique transformé en zone de non-droit. En attendant, la vie sur la route de Karete reste un pari dangereux, où chaque voyage peut tourner au cauchemar. La spirale infernale des barrières illégales et de l’insécurité à Walikale doit être brisée avant que le bilan ne devienne encore plus lourd.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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