Le territoire de Beni, dans la province du Nord-Kivu, est une nouvelle fois plongé dans le deuil et l’horreur. Ce jeudi 12 février, les combattants des Forces démocratiques alliées (ADF) ont lancé une attaque ciblée sur le village d’Ilimba, situé sur l’axe Oicha-Mantumbi. Le bilan est lourd et cruel : deux civils ont été froidement exécutés, ajoutant leur sang à celui qui imbibe déjà cette région martyre. Cette violence insensée rappelle-t-elle l’incapacité des autorités à protéger les populations ?
Selon les informations recueillies sur place, les victimes de cette attaque meurtrière sont l’épouse du président de la société civile de Mantumbi et son fils. Ils ont été abattus à l’aide d’armes à feu, sans aucune possibilité de défense. Au-delà de ce drame humain, les assaillants ont procédé à des destructions matérielles, incendiant deux motos. L’une d’elles a été brûlée près d’une position militaire à Miliese, où les éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont engagé l’ennemi.
Le premier rapporteur de la société civile de Mantumbi, Kakule Katena, a confirmé les faits avec une précision glaçante. « L’ennemi a contourné pour tuer les civils à Ilimba », a-t-il indiqué, décrivant une tactique de guérilla qui vise délibérément les innocents. Son appel est sans équivoque : il exhorte la population à redoubler de vigilance et demande au gouvernement congolais d’intensifier la traque des assaillants. Cet appel résonne comme un cri d’alarme dans une zone où la peur est devenue quotidienne.
Cette attaque à Ilimba ne survient pas dans un vacuum sécuritaire. Elle s’inscrit dans une série d’offensives sanglantes qui ensanglantent le Nord-Kivu depuis le début de la semaine. Trois jours plus tôt, à Mangadu, cinq cultivateurs ont péri sous les balles des mêmes groupes armés. Le secteur de Beni-Mbau et ses environs ont également été le théâtre de violences similaires, créant un climat de terreur généralisé. La population civile est prise en étau, vivant dans l’angoisse permanente de la prochaine attaque.
La récurrence de ces incidents met en lumière la persistante vulnérabilité des villages éloignés. Malgré les opérations militaires, les ADF parviennent à infiltrer les zones et à frapper avec une brutalité calculée. La sécurité dans le territoire de Beni reste un défi colossal, où chaque vie perdue souligne l’urgence d’une stratégie plus efficace. Les civils sont-ils condamnés à être les victimes expiatoires d’un conflit qui les dépasse ?
Les conséquences de cette violence dépassent le simple bilan chiffré. Elles sapent la cohésion sociale, entravent les activités économiques et alimentent un exode rural constant. Les motos incendiées symbolisent la destruction des moyens de subsistance dans une région où la mobilité est essentielle. La spirale de la violence à Beni et dans le Nord-Kivu menace la stabilité de toute la région des Grands Lacs.
Face à cette escalade, la réponse des autorités est attendue avec une impatience mêlée de défiance. Les opérations de traque sont-elles suffisantes ? La protection des civils doit-elle devenir la priorité absolue des dispositifs militaires ? La communauté internationale, souvent silencieuse sur ces drames répétés, ne peut rester indifférente à l’hécatombe qui se déroule en République démocratique du Congo.
En conclusion, l’attaque d’Ilimba est un sombre rappel de la réalité sécuritaire dans l’Est du Congo. Deux vies de plus ont été fauchées, deux familles déchirées, et une communauté entière traumatisée. Tant que les racines de cette insécurité ne seront pas éradiquées, le sang continuera de couler dans les villages du Nord-Kivu. La traque des ADF et la protection des civils doivent être au cœur de l’action de l’État pour briser ce cycle infernal de violence.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
