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Nord-Kivu : plus de 2 000 enfants soldats recrutés en 2025

« Les enfants n’ont pas leur place dans les groupes armés. Ils doivent être dans leurs familles, à l’école, pour préparer leur avenir et celui de notre pays ». Cet appel, lancé par Anicet Kibwana, secrétaire administratif de Bayira-Kanda/Mavivi, lors d’une cérémonie organisée par la MONUSCO à Beni, prend une résonance particulière en cette Journée internationale de lutte contre l’utilisation des enfants soldats. Pourtant, sur le terrain, la réalité est tout autre : une dizaine de groupes armés, dont les tristement célèbres ADF et l’AFC/M23, continuent de recruter impunément des enfants dans les territoires de Beni, Butembo et Lubero, au Nord-Kivu.

Selon l’ONG Enfant pour l’avenir et le développement (EADEV), le bilan pour la seule année 2025 est effarant : plus de 2 000 enfants ont été arrachés à leur innocence pour être jetés dans l’enfer des conflits armés. « Nos statistiques révèlent au moins 2 054 enfants, dont 423 filles, exploités et utilisés par les responsables des groupes armés. C’est un chiffre alarmant », dénonce Germain Lufungula, coordonnateur de l’ONG. Derrière ces nombres, se cachent des destins brisés, des familles déchirées et une jeunesse sacrifiée sur l’autel de la violence. Cette situation illustre une violation grave des droits des enfants qui perdure malgré les alertes répétées.

Comment en est-on arrivé là ? La région de Beni-Butembo et Lubero est en proie à une insécurité chronique depuis plus d’une décennie. Les conflits armés, les rivalités entre groupes et l’instabilité politique ont créé un terrain fertile pour le recrutement d’enfants soldats. Ces jeunes, souvent vulnérables et issus de milieux défavorisés, deviennent des proies faciles pour les chefs de guerre. Leur utilisation constitue une violation flagrante des droits de l’enfant, un crime international qui persiste malgré les condamnations répétées. Le recrutement d’enfants par les groupes armés au Nord-Kivu est devenu une pratique systémique, alimentant un cycle infernal de violence.

Que deviennent ces enfants une fois enrôlés ? Condamnés à porter des armes souvent plus lourdes qu’eux, ils sont exposés aux pires horreurs : combats, violences, perte de leur identité. Les filles, particulièrement touchées, subissent en plus des abus sexuels et des mariages forcés. Quel avenir peut-on espérer pour une nation qui laisse ses enfants être ainsi instrumentalisés ? La question mérite d’être posée, alors que la protection de l’enfance au Nord-Kivu semble un combat inégal face à la barbarie des groupes armés. Les acteurs locaux, comme l’EADEV, tirent la sonnette d’alarme, mais leurs moyens restent limités face à l’ampleur du phénomène.

Face à ce fléau, les acteurs de la protection de l’enfance, soutenus par la section de la MONUSCO, ne baissent pas les bras. La cérémonie organisée à Beni est un signal fort, une tentative de mobiliser les consciences et les autorités locales. Mais les défis sont immenses. Désarmer et réinsérer ces enfants soldats en RDC nécessite des moyens colossaux, une sécurité restaurée et une volonté politique sans faille. Les programmes de démobilisation existent, mais ils se heurtent souvent à la réticence des groupes armés et à la peur des communautés. Comment briser cette chaîne de recrutement ? La réponse passe par une approche intégrée, combinant sécurité, développement et justice.

Au-delà des chiffres et des rapports, c’est l’avenir même de la République Démocratique du Congo qui est en jeu. Chaque enfant soldat recruté est un potentiel perdu pour le développement du pays. La lutte contre le recrutement d’enfants par les groupes armés doit devenir une priorité absolue, intégrée dans toute stratégie de paix et de sécurité. Il en va de la responsabilité collective : autorités congolaises, communauté internationale et société civile doivent unir leurs forces pour mettre fin à cette pratique odieuse. Car, comme le rappelle Anicet Kibwana, les enfants méritent des salles de classe, pas des champs de bataille. L’espoir réside dans une mobilisation sans relâche pour que le Nord-Kivu, et toute la RDC, puissent offrir à leur jeunesse un avenir loin des armes et de la terreur.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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