Dans une ère de compétition internationale féroce pour l’accès aux matières premières critiques, la République démocratique du Congo (RDC) a officiellement scellé un partenariat stratégique RDC USA avec les États-Unis. Signé le 4 décembre 2025 à Washington, cet accord historique dépasse la simple logique d’extraction pour englober la gouvernance, la sécurité et le développement économique intégré. Une réponse directe à la course mondiale aux minerais critiques qui place la RDC au cœur des enjeux géostratégiques contemporains.
Cet accord RDC États-Unis minerais critiques s’articule autour de trois catégories de projets, comme l’a détaillé Daniel Mukoko Samba, vice-premier ministre et ministre de l’Économie nationale. La première concerne les Actifs SAR, une réserve stratégique de 25 sites miniers de pleine propriété de l’État, incluant des gisements de coltan, de cobalt, de cuivre et de lithium, notamment le site de Rubaya au Nord-Kivu. La seconde catégorie regroupe des projets stratégiques désignés par la RDC, tels que le projet de fer de la Grande-Orientale (MIFOR), le méga-barrage Inga 3, ou le corridor ferroviaire vers l’Atlantique. Enfin, les projets QSP ouvrent la porte à d’autres partenaires alliés. « Ce n’est pas un simple échange de ressources minières », a insisté le ministre, balayant les accusations de bradage.
Le mécanisme central accorde un droit de première offre, et non une attribution automatique, aux entités américaines sur les actifs SAR libres. Cette mesure vise explicitement à rééquilibrer le paysage des investissements américains en RDC, longtemps dominé par des acteurs chinois. « Actuellement, ce sont les entreprises chinoises qui dominent l’accès au cuivre et au cobalt congolais », a reconnu Mukoko Samba. Face aux initiatives chinoises et américaines pour constituer des stocks stratégiques, la RDC entend jouer de cette rivalité pour monter en gamme dans la chaîne de valeur. Le pays refuse de « perdre la guerre du raffinage » et promeut, avec la Zambie, une zone économique spéciale transfrontalière pour la production de composants de batteries.
La gouvernance minière RDC est un pilier fondamental de cet accord. Il prévoit un renforcement des mécanismes de traçabilité et de lutte contre le trafic illégal, fléau qui prive l’État de précieuses recettes. « Ce qui se passe maintenant, c’est ces ressources qui sortent de manière illégale, c’est ça le vrai bradage », a dénoncé le ministre, pointant du doigt l’exploitation anarchique dans l’Est du pays. L’accord cherche à formaliser le secteur, attirer des investissements structurants dans des zones instables et, in fine, assécher le financement des groupes armés.
Au-delà des minerais, les retombées économiques promises sont substantielles. L’objectif affiché est de porter la production de cuivre au-delà de 6 millions de tonnes annuelles et de revaloriser le prix du cobalt grâce à une gestion plus stratégique. La transformation locale est érigée en priorité, avec des projets de raffinement du cobalt et du germanium sur le sol congolais. Des institutions financières américaines comme la DFC et l’Eximbank devraient mobiliser des fonds pour des infrastructures énergétiques et le corridor de développement de Lobito, générateur d’emplois dans l’agriculture et le numérique.
Ce partenariat stratégique RDC USA s’inscrit dans une volonté affichée de diversification économique République démocratique du Congo. « Notre position, c’est aussi de diversifier, pas simplement notre économie, pas simplement nos ressources minières, mais de diversifier aussi nos partenaires », a souligné Daniel Mukoko Samba. L’accord n’exclut pas la Chine, mais offre une alternative et un levier pour négocier de meilleurs termes dans les relations économiques internationales du pays.
La dimension sécuritaire est inextricablement liée au succès économique. Le développement de sites situés dans des zones occupées, comme à Rubaya, est conditionné au retrait des troupes rwandaises, un point inscrit dans l’accord de paix de juin 2025. En créant des pôles d’activité économique formels et encadrés, Kinshasa et Washington espèrent tarir la source de financement de l’instabilité chronique dans l’Est, démontrant ainsi que sécurité et développement sont les deux pédales d’un même vélo, selon la métaphore employée par le ministre.
À court terme, les étapes sont claires : ratification parlementaire prévue en mars, expressions d’intérêt des investisseurs américains sur les 25 sites SAR, et priorisation d’une liste réduite de projets phares. Les premiers mouvements sont déjà observables, avec des opérations comme l’acquisition par Orion de parts chez Glencore. Cet accord, s’il est mis en œuvre avec rigueur et transparence, pourrait marquer un tournant dans la trajectoire économique de la RDC, lui permettant enfin de capter une part plus juste de la valeur de son sous-sol exceptionnel et de jeter les bases d’une industrialisation durable.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
