La ville de Lubumbashi, capitale du Haut-Katanga, a été le théâtre d’une double opération sécuritaire d’envergure ce mercredi. Dans un premier temps, les forces de l’ordre ont mis au jour une activité industrielle clandestine et dangereuse, conduisant à l’interpellation de plusieurs étrangers. En parallèle, une vaste opération de police a permis de démanteler un réseau criminel, illustrant la détermination des autorités à faire face à l’insécurité grandissante dans la région.
Selon les informations communiquées par la Police Nationale Congolaise (PNC), six ressortissants de nationalité indienne ont été appréhendés dans la commune Annexe. Leur situation sur le territoire congolais était totalement irrégulière, puisqu’ils ne détenaient aucun document de voyage ou de séjour en règle. Cette arrestation d’Indiens à Lubumbashi n’est cependant que la partie émergée d’une affaire bien plus préoccupante. Les individus ont été découverts au sein d’une usine de fortune, dissimulée dans une concession anonyme, où ils produisaient des boissons à haute teneur en alcool. Les conditions d’hygiène, décrites comme « très impropres » par les autorités, faisaient de cette production un réel danger pour les consommateurs.
Le commissaire supérieur adjoint Charles Bin Lwamba, porte-parole de la PNC dans le Haut-Katanga, n’a pas mâché ses mots. « Cette unité brassicole fonctionnait en violation totale des normes en vigueur », a-t-il déclaré, soulignant que ces breuvages illicitement fabriqués représentaient une menace sérieuse pour la santé publique. Plus inquiétant encore, le lien direct établi entre cette fabrication de boissons alcoolisées illicites et la criminalité locale. Le porte-parole a en effet affirmé que « la plupart des criminels qui opèrent la nuit à Lubumbashi consomment ces produits nocifs ». Cette révélation jette une lumière crue sur les circuits parallèles qui alimentent et exacerbent l’insécurité dans le Haut-Katanga.
Après leur audition par les services de police, les six ressortissants indiens, dont le séjour irrégulier en RDC est désormais établi, ont été transférés à la Direction Générale de Migration (DGM). Ils y seront déférés pour les procédures administratives et judiciaires applicables aux étrangers en situation illégale. Cette action démontre la vigilance renouvelée des services d’immigration face aux flux migratoires non contrôlés.
La même journée a également été marquée par le déploiement de l’opération Ndobo de la police, une initiative ciblée visant à déloger les éléments criminels actifs dans la ville. Cette manœuvre, menée conjointement dans les communes de Katuba et Annexe, s’est soldée par l’interpellation d’une dizaine de suspects. Des armes blanches ont été saisies sur ces individus, confirmant les craintes des autorités quant à la propagation de la violence. Ces arrestations multiples posent une question essentielle : jusqu’où ces réseaux criminels, parfois alimentés par des produits de contrebande, ont-ils pu étendre leur emprise ?
Face à cette double problématique – trafic illicite et violence urbaine – le commandant de la police dans le Haut-Katanga, le commissaire divisionnaire adjoint Blaise Kilimbalimba, a lancé un appel solennel. Il a exhorté la population à une collaboration plus étroite avec les services de sécurité. « La lutte contre l’insécurité ne peut être gagnée sans la participation active de chaque citoyen », a-t-il insisté, reconnaissant que la méfiance ou la peur constituait souvent un obstacle majeur. Cet appel à la synergie entre forces de l’ordre et civils apparaît comme la pierre angulaire de toute stratégie durable pour pacifier la région.
Les événements de ce mercredi à Lubumbashi dessinent ainsi un tableau complexe de la sécurité dans le sud-est de la RDC. D’un côté, une économie souterraine et dangereuse, impliquant des étrangers en situation irrégulière, produisant des substances néfastes. De l’autre, une criminalité locale qui se nourrit de ces trafics et répand la violence, nécessitant des opérations policières musclées comme Ndobo. La réponse des autorités, combinant interventions ciblées et appel à la collaboration citoyenne, montre la voie à suivre. Cependant, l’efficacité à long terme de cette approche dépendra de sa capacité à s’attaquer simultanément aux racines du mal : la pauvreté, le chômage et la porosité des frontières. Le défi sécuritaire dans le Haut-Katanga reste entier, mais les récentes actions démontrent une volonté affirmée de reprendre le contrôle.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
