Le choc a été rude, mais la guerre est loin d’être terminée. Dimanche dernier à Abidjan, les Léopards Dames U20 de la République Démocratique du Congo ont cédé 2-0 face à la Côte d’Ivoire, dans le cadre du troisième tour des éliminatoires de la Coupe du Monde féminine 2027. Un revers qui met les jeunes Congolaises dos au mur, mais qui n’a en rien entamé leur foi. Alors que le match retour, décisif pour le rêve mondial, se profile ce 14 février à Lubumbashi, un cri du cœur a retenti. Celui de Rebecca Kianga, porte-voix d’une sélection en quête de reconnaissance et de soutien.
Dans une interview exclusive accordée à Foot RDC, la joueuse a lancé un véritable SOS aux autorités et à la nation tout entière. Son message, direct et poignant, s’adresse en premier lieu au ministre des Sports et Loisirs : « J’ai juste un petit message à lui adresser : qu’il nous fasse confiance et qu’il nous apporte un soutien indéfectible pour cette double confrontation face à la Côte d’Ivoire. » Ces mots ne sont pas un simple vœu pieux, mais le reflet d’une réalité souvent amère pour le football féminin RDC. Comment espérer briller sur la scène continentale et mondiale sans un appui solide des instances ?
L’enjeu est de taille. Les Léopards Dames U20 se battent pour une place dans la suite des qualifications pour la Coupe du Monde 2027. Après cette défaite à l’extérieur, la mission est claire : remonter deux buts au stade de Lubumbashi. Une tâche herculéenne, certes, mais pas impossible avec la ferveur du public congolais. Rebecca Kianga l’a bien compris, elle qui a déjà appelé la diaspora congolaise en Côte d’Ivoire à se mobiliser. « Ce ne sera pas facile, mais qu’ils nous fassent confiance au maximum et nous soutiennent jusqu’au bout. De notre côté, nous ferons tout pour leur offrir un bon résultat », a-t-elle affirmé, déterminée.
Le contraste avec le traitement souvent réservé aux équipes masculines, les Léopards seniors ou des catégories d’âge, est frappant. Les lionnes de la RDC évoluent souvent dans l’ombre, avec des moyens limités, alors qu’elles portent haut les couleurs du pays. Cet appel au soutien des Léopards Dames est donc plus qu’une requête logistique ; c’est une demande de respect et d’équité. Le gouvernement congolais tiendra-t-il compte de ce message à la veille d’un rendez-vous crucial ? La réponse se jouera peut-être dans les tribunes bondées de Lubumbashi.
Le match retour du 14 février s’annonce comme une véritable finale. Les Ivoiriennes, confortées par leur victoire à domicile, arriveront avec l’intention de verrouiller leur qualification. Face à elles, les Congolaises, animées par une rage de vaincre et le désir de prouver leur valeur, devront livrer une performance parfaite. Chaque passe, chaque attaque, chaque défense devra être portée par l’énergie du « 12e homme » congolais. La mobilisation populaire peut-elle faire la différence et inverser le sort ? L’histoire du sport en est témoin à maintes reprises.
Au-delà du résultat, ce match RDC Côte d’Ivoire U20 symbolise un tournant potentiel pour le football féminin congolais. Une victoire, ou même une performance héroïque, pourrait attirer les regards bienveillants des décideurs et sponsors. C’est tout l’avenir de cette génération talentueuse qui est en jeu. Les joueuses, par la voix de Rebecca Kianga, ne demandent pas la lune, mais simplement les conditions minimales pour exprimer leur plein potentiel. Leur détermination est intacte, leur talent indéniable. Il ne manque plus que le soutien tant espéré.
Alors que la date fatidique approche, toute la RDC retient son souffle. Les Léopards Dames U20 sont prêtes à se battre jusqu’au sifflet final. Leur parcours dans ces éliminatoires Coupe du Monde féminine 2027 est déjà une aventure courageuse. Leur cri, aujourd’hui, est un appel à l’union sacrée. Serons-nous à la hauteur de leurs espérances ? La balle est désormais dans le camp des autorités et des supporters. Un stade plein, une nation derrière elles, et l’exploit devient soudainement à portée de main. Le 14 février, à Lubumbashi, ce ne sera pas qu’un match de football, mais un véritable test de la foi que nous accordons à nos lionnes.
Article Ecrit par Miché Mikito
Source: footrdc.com
