Le samedi 7 février, un grondement sinistre a précédé la furie des éléments sur Kabambare-centre. En quelques heures, des vents violents et des pluies torrentielles d’une intensité rarement vue se sont abattus sur ce territoire du Maniema, transformant le quotidien de centaines de familles en un cauchemar de boue et de débris. Cette catastrophe naturelle dans la province du Maniema n’a laissé que désolation sur son passage, exposant au grand jour la vulnérabilité extrême des populations face aux caprices du climat.
Le bilan, encore provisoire, est lourd. Six personnes, hommes et femmes, ont été blessées et nécessitent des soins médicaux urgents. Mais au-delà des corps meurtris, c’est le toit de leur existence qui s’est envolé pour plus de cinquante ménages. Leurs maisons, littéralement écroulées sous la force des intempéries, les ont laissés sans abri, déplacés du jour au lendemain, errant dans les décombres de leur vie d’avant. Comment reconstruire lorsque tout a été balayé ? La question hante chaque survivant de ces pluies torrentielles à Kabambare.
Les dégâts matériels frappent également au cœur de la vie administrative et éducative de la communauté. Le bureau du territoire de Kabambare, symbole de l’autorité locale, a été entièrement détruit. Pire encore, la toiture arrachée a exposé aux eaux des archives et documents administratifs critiques, une perte dont les conséquences sur la gestion du territoire pourraient se faire sentir pendant des années. Quel avenir pour une région qui perd ainsi une partie de sa mémoire administrative ?
Les établissements scolaires n’ont pas été épargnés. L’Institut Kabambare et l’École primaire Salama ont vu plusieurs de leurs salles de classe emportées ou gravement endommagées, forçant l’arrêt immédiat des activités pédagogiques. Des générations d’élèves se retrouvent ainsi privées de leur droit fondamental à l’éducation, ajoutant une crise scolaire à la crise humanitaire. La tempête en RDC a donc brisé bien plus que des murs ; elle a mis en péril l’avenir même de la jeunesse de Kabambare.
Face à l’ampleur des dégâts, l’appel à l’aide résonne avec urgence. Le député national Hemedi Amuri Xavier, après avoir constaté les ravages, a lancé un cri du cœur : « Cette pluie a causé beaucoup de dommages. Des maisons se sont écroulées, le bureau du territoire a perdu sa toiture et tous les documents ont été mouillés. J’interpelle le gouvernement national et provincial pour qu’une aide adéquate soit apportée rapidement. La population souffre et attend. » Ses mots traduisent l’angoisse palpable sur le terrain et la demande pressante d’une intervention des autorités.
Cet appel est relayé et amplifié par les acteurs de la société civile. L’organisation Action pour la restauration de la paix et la justice a réitéré la nécessité d’une réponse rapide et coordonnée pour couvrir les besoins vitaux des sinistrés du Maniema. La priorité ? Fournir des abris d’urgence, de la nourriture, de l’eau potable, des kits d’hygiène et un accès aux soins de santé pour les blessés. L’aide humanitaire à Kabambare ne peut plus attendre. La solidarité nationale et internationale est mise à l’épreuve pour éviter qu’une catastrophe météorologique ne se transforme en tragédie humaine de plus grande ampleur.
Cette tragédie à Kabambare-centre pose des questions fondamentales sur la résilience des communautés face aux événements climatiques extrêmes, qui semblent gagner en fréquence et en intensité. Au-delà de l’urgence, comment mieux préparer et protéger les populations les plus exposées ? L’épisode des pluies torrentielles de février sonne comme un avertissement sévère. Il met en lumière l’impérieuse nécessité d’investir dans des infrastructures plus robustes, des systèmes d’alerte précoce efficaces et des plans d’urbanisme qui tiennent compte des risques. La reconstruction ne doit pas se faire à l’identique, mais en tirant les leçons de la catastrophe. Le sort des sinistrés de Kabambare nous rappelle que derrière chaque statistique se cache une famille en détresse, un enfant privé d’école, une communauté entière qui doit retrouver espoir. Leur résilience est remarquable, mais elle ne doit pas être leur seule arme.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net
