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RDC : 2,8 milliards $ pour la centrale de Kinsuka et une cartographie stratégique

Lors du 77ᵉ Conseil des ministres, une feuille de route énergétique ambitieuse pour la République Démocratique du Congo a été dévoilée. Deux documents stratégiques, présentés par le ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, dessinent un avenir où le développement économique, porté notamment par le secteur minier, sera enfin soutenu par une production électrique robuste et planifiée. Ces annonces interviennent dans un contexte où le déficit énergétique de Kinshasa et des provinces freine considérablement l’industrialisation du pays.

La pièce maîtresse de cette stratégie est incontestablement le projet hydroélectrique de Kinsuka. Avec une capacité de production annuelle estimée à 7 450 gigawattheures, cette future centrale hydroélectrique en RDC représente bien plus qu’une simple infrastructure. C’est un investissement colossal évalué à 2,8 milliards de dollars, destiné à être déployé sur un horizon de cinq ans. Mais au-delà des chiffres, quel est le véritable enjeu ? Il s’agit ni plus ni moins de répondre à une urgence nationale : sécuriser l’alimentation de la capitale, dont les besoins croissants ne sont plus couverts par le réseau existant. Ce projet hydroélectrique Kinsuka s’inscrit ainsi directement dans les objectifs du Compact énergétique national, visant à transformer l’hydroélectricité, ressource renouvelable abondante dans le pays, en levier de croissance stable.

L’impact économique potentiel est considérable. En réduisant la dépendance aux solutions coûteuses et polluantes, le projet pourrait stimuler la compétitivité des entreprises et améliorer les conditions de vie de millions de Kinois. Cependant, le financement d’un tel ouvrage reste une équation complexe. La mobilisation de 2,8 milliards de dollars nécessitera très probablement des partenariats public-privé et l’appui d’institutions financières internationales. Le succès de ce investissement dans l’électricité au Congo dépendra de la clarté du cadre juridique et de la capacité à attirer des opérateurs techniques et financiers de premier plan.

Parallèlement à cet engagement infrastructurel, le ministère a finalisé un outil de pilotage essentiel : la cartographie énergétique minière nationale. Cet instrument stratégique superpose, pour la première fois avec une telle précision, la localisation des gisements miniers et celle des infrastructures énergétiques existantes ou potentielles. L’objectif est limpide : mettre fin à l’approche en silo qui a longtemps prévalu. Comment, en effet, planifier l’exploitation d’une mine de cuivre ou de cobalt sans connaître la disponibilité et le coût de l’énergie nécessaire à son traitement ? Cette cartographie énergétique minière est conçue pour faciliter le dialogue avec les investisseurs du secteur extractif et les bailleurs de fonds, en leur offrant une vision intégrée des opportunités et des contraintes.

La finalité de cette double démarche – un grand projet et un outil de planification – est de créer une synergie vertueuse. D’un côté, la future centrale hydroélectrique de la RDC à Kinsuka produira des mégawatts. De l’autre, la cartographie permettra de les allouer de manière optimale aux bassins industriels et miniers qui en ont le plus besoin. Il s’agit d’une tentative de rationalisation de la politique énergétique, visant à maximiser l’impact de chaque dollar investi. Pour le secteur minier congolais, souvent contraint de recourir à des groupes électrogènes diesel coûteux, l’accès à une énergie propre et abordable est une condition sine qua non pour monter en gamme et capter une plus grande valeur ajoutée.

La route reste néanmoins semée d’embûches. Les défis de la gouvernance, de la transparence dans l’attribution des marchés et de la maintenance des infrastructures demeurent des questions centrales. Le calendrier de cinq ans pour le projet hydroélectrique Kinsuka sera-t-il tenu ? La cartographie sera-t-elle régulièrement mise à jour et utilisée de manière effective pour guider les décisions ? L’avenir nous le dira. Ce qui est certain, c’est que ces initiatives marquent une prise de conscience de l’interdépendance entre énergie et économie. En cherchant à résorber le déficit énergétique et à mieux planifier les investissements en électricité au Congo, le gouvernement pose les premiers jalons d’un développement plus résilient et moins dépendant des aléas. La transformation du potentiel hydroélectrique du pays en courant actionnant les moteurs de l’industrie reste le grand défi des prochaines années.

Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd

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Amissi G
Amissi G
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
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