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Kinshasa sous les eaux : la Fondation Tshisekedi tend la main à 3000 familles sinistrées

Des pieds nus dans la boue séchée, des regards mêlant gratitude et lassitude, des mains tendues pour recevoir un sac de riz ou un matelas. Samedi 7 février, le stade Tata Raphaël, habituellement temple du football, s’est transformé en un vaste centre de distribution d’urgence. Des milliers de personnes, chassées de leur domicile par la furie des eaux, ont fait la queue sous un soleil accablant pour recevoir une assistance vitale. Une scène qui en dit long sur la précarité dans laquelle les inondations à Kinshasa ont plongé des milliers de concitoyens.

Cette marée humaine, estimée à environ 3 000 familles sinistrées, est le visage concret d’une catastrophe récurrente. Venus des stades des Martyrs, de Tata Raphaël lui-même ou du site de Kinkole, ces hommes, ces femmes et ces enfants ont tout perdu ou presque. L’initiative, portée par la Fondation Étienne Tshisekedi, visait à apporter un répit, aussi temporaire soit-il. Riz, semoule, haricots, sel, huile, mais aussi matelas, vêtements et chaussures : les dons, bien que non-vivriers pour certains, représentent un filet de sécurité essentiel. « Comme on le dit, il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir. C’est dans ce sens que la Fondation a posé ce geste », a déclaré son Directeur général, Aruna Ndarabu, sur place. Un geste qui, pour les bénéficiaires, fait la différence entre un repas et la faim.

Au-delà des chiffres, une attention particulière a été accordée à un groupe souvent oublié dans l’urgence des secours : les personnes vivant avec un handicap à Kinshasa. Inclues parmi les bénéficiaires, elles ont reçu une part de cette assistance humanitaire en RDC. Martin Lusambila Ediyazola, porte-parole de douze structures les représentant, a salué l’initiative tout en lançant un appel plus profond. « Nous plaidons davantage pour la mise en œuvre d’actions concrètes. Merci pour le don, mais il faut que chacun apprenne à pêcher », a-t-il souligné. Une métaphore puissante qui interroge sur la nature de l’aide : doit-elle se limiter à l’urgence, ou ouvrir la voie à une autonomie durable pour les plus vulnérables ? Près de 530 personnes en situation de handicap auraient bénéficié de cette opération.

Cette distribution massive pose aussi une question cruciale : comment une métropole comme Kinshasa peut-elle être aussi régulièrement et durement frappée par les inondations ? Les pluies diluviennes mettent-elles seulement en lumière la fatalité climatique, ou bien l’urbanisation anarchique, le manque criant d’infrastructures d’assainissement et la vulnérabilité des quartiers précaires ? Les stades, transformés en abris de fortune, symbolisent l’improvisation face à une crise prévisible. La solidarité privée, via des fondations, comble-t-elle les défaillances des mécanismes publics de protection civile ?

Aruna Ndarabu a promis que cette action, présentée comme la première de l’année 2026 pour la fondation, ne serait pas la dernière. Des programmes supplémentaires sont envisagés pour les sinistrés. Cette annonce est un baume au cœur pour les familles qui, après avoir reçu leur sac de provisions, sont retournées vers leurs abris temporaires, avec l’incertitude pour seul horizon. Leurs besoins dépassent de loin l’aide d’urgence. La reconstruction de logements dignes, l’accès à l’eau potable, la sécurisation des zones inondables et un soutien psychosocial sont les prochains défis colossaux à relever.

La scène du stade Tata Raphaël est donc un microcosme des enjeux qui traversent la société congolaise. Elle révèle la résilience incroyable des populations, la générosité des acteurs de la société civile, mais aussi les failles béantes d’un système qui laisse ses citoyens à la merci des intempéries. Les dons humanitaires sont une bouée de sauvetage indispensable. Mais jusqu’à quand les Kinshasa devront-ils compter sur la charité pour se relever après chaque saison des pluies ? L’assistance aux familles sinistrées doit aujourd’hui s’accompagner d’une réflexion collective et de politiques ambitieuses pour prévenir plutôt que guérir, pour construire une ville plus juste et plus résiliente face aux dérèglements à venir.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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