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Kinshasa accorde un sursis fiscal jusqu’en 2026 pour l’impôt foncier et locatif

Dans un geste inédit visant à tempérer les pressions fiscales sur les contribuables, le gouvernement provincial de Kinshasa a décidé d’accorder un report substantiel, de plus de deux ans, pour le recouvrement forcé de deux taxes clés : l’impôt foncier et l’impôt sur les revenus locatifs. Initialement attendu pour le 2 février, le délai de paiement est désormais fixé au 28 février 2026, selon une communication officielle du vice-gouverneur. Cette mesure, présentée comme exceptionnelle, ouvre une période de respiration pour les propriétaires et investisseurs immobiliers de la capitale, tout en interrogeant sur la santé des finances locales et la stratégie de la Direction générale des recettes de Kinshasa (DGRK).

Mais quelle est la véritable portée économique de cette décision ? Au-delà de l’affichage d’une flexibilité bienvenue, il s’agit d’une manœuvre calculée pour optimiser à moyen terme le rendement du recouvrement forcé des taxes. En offrant ce sursis, les autorités provinciales cherchent à transformer un processus souvent conflictuel en une adhésion plus volontaire, réduisant ainsi les coûts administratifs et judiciaires liés aux contentieux. Pour la DGRK, l’objectif est clair : améliorer le taux de recouvrement global en misant sur la pédagogie et la régularisation spontanée. Cette approche contraste avec les méthodes traditionnellement coercitives, mais est-elle la panacée pour assainir la fiscalité à Kinshasa ?

Concrètement, cette fenêtre de près de 25 mois doit permettre aux contribuables de se rendre dans les centres de la DGRK pour déclarer et solder leurs arriérés en toute sérénité. Le gouvernement insiste sur le fait que ce report n’est ni une exonération, ni une annulation. Il s’agit purement d’une mesure d’accompagnement temporaire. L’enjeu sous-jacent est de taille : consolider les recettes locales, pilier essentiel du budget provincial, sans étouver dans l’œuf le dynamisme du secteur immobilier, un moteur important de l’économie kinoise. Le report de l’impôt foncier et de l’impôt sur les revenus locatifs agit comme un régulateur de tension dans un circuit économique sous pression.

Pour les experts en finances publiques, cette décision est un double pari. D’un côté, elle table sur le civisme fiscal des contribuables pour accroître les liquidités entrantes à l’horizon 2026. De l’autre, elle reporte à plus tard des rentrées d’argent immédiates, ce qui pourrait, à court terme, affecter certains projets de développement de la ville. Cependant, si cette stratégie de sensibilisation et de facilitation porte ses fruits, elle pourrait générer à terme un flux de trésorerie plus stable et prévisible. La réussite de cette opération se mesurera à l’aune des déclarations effectuées dans les prochains mois. Les autorités le rappellent avec fermeté : passé le 28 février 2026, les pénalités et les mesures de contrainte légales seront appliquées sans aucune forme de compromis. La clémence affichée aujourd’hui cèdera alors la place à une rigueur implacable.

À l’échelle macroéconomique, cette initiative reflète une tentative de modernisation de la gouvernance fiscale à Kinshasa. En cherchant à concilier pédagogie et autorité, le gouvernement provincial tente d’instaurer un pacte de confiance renouvelé avec les assujettis. L’efficacité de cette politique sera un test crucial pour la DGRK et son aptitude à gérer un processus de recouvrement forcé massif dans un futur proche. Un échec pourrait signifier l’accumulation d’arriérés encore plus colossaux, tandis qu’un succès pourrait servir de modèle pour d’autres secteurs ou provinces. L’avenir de la fiscalité Kinshasa et, par extension, d’une partie du financement des services urbains, se joue dans cette période de transition. Les contribuables saisiront-ils cette perche tendue, ou bien cette trêve sera-t-elle interprétée comme un signe de faiblesse incitant à la procrastination ? La réponse à cette question rhétorique déterminera l’impact réel de cette décision sur le paysage économique congolais.

Article Ecrit par Amissi G
Source: mediacongo.net

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Amissi G
Amissi G
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
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