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Artisanat congolais en Inde : les femmes au cœur de la transmission

Dans la chaleur vibrante de Faridabad, en Inde, le Surajkund International Crafts Mela déploie sa 39e édition comme une tapisserie vivante, un hymne à la diversité des mains qui façonnent le monde. Au cœur de cette effervescence, une voix porte particulièrement loin, celle de l’ONG congolaise Mwasi Uzu’art. Elle y a lancé, lors de la cinquième journée de ce festival mondial, un appel poignant et résolu en faveur d’une implication accrue des femmes de la République démocratique du Congo dans la sauvegarde et la réinvention des savoirs ancestraux. Cette démarche n’est-elle pas le ferment essentiel d’un développement culturel authentique et durable ?

Le jeudi 5 février 2026 restera une date marquante dans le calendrier des échanges culturels entre la RDC et l’Asie. Sur la scène internationale du Surajkund International Crafts Mela, Mwasi Uzu’art a transformé son espace en un véritable laboratoire de transmission. Des démonstrations culturelles captivantes, des présentations artistiques envoûtantes et des échanges professionnels nourris se sont succédé, avec pour fil conducteur un élément phare du patrimoine immatériel congolais : la coiffure africaine. Loin d’être un simple ornement, chaque tressage, chaque nattage se révèle être une cartographie de l’histoire, un langage silencieux chargé de sens, que les femmes congolaises portent comme une couronne de savoirs.

Princesse Lunsadisa, coordinatrice de l’ONG, a porté ce message avec une conviction palpable. Sa voix, empreinte d’une gravité douce, a rappelé le rôle matriciel des femmes dans la chaîne de la transmission. « La préservation ne doit pas être un musée figé », semble-t-elle dire à travers ses interventions. Pour elle, et pour Mwasi Uzu’art, l’avenir du patrimoine réside dans cette alchimie subtile entre la fidélité à la tradition et le souffle de l’innovation. Comment, en effet, transformer ces connaissances séculaires en leviers économiques tangibles sans en trahir l’âme ? La réponse se niche peut-être dans cette capacité à adapter les gestes ancestraux aux réalités et aux marchés contemporains, une mission dont les femmes congolaises se montrent les gardiennes les plus inventives.

Le choix de l’arène n’est pas anodin. Le Surajkund International Crafts Mela, l’un des plus grands festivals culturels d’Asie, fonctionne comme un gigantesque agora où se croisent les meilleurs artisans de la planète. Y présenter l’artisanat congolais, et plus spécifiquement le génie féminin qui l’anime, c’est offrir à la RDC une vitrine d’exception. C’est aussi inscrire la richesse du bassin du Congo dans le dialogue interculturel global, affirmant que la valorisation patrimoine RDC est une affaire qui concerne le monde entier. Dans ce brouhaha coloré des stands, les étoffes, les perles et les techniques venues de Kinshasa, du Kasaï ou du Katanga dialoguent avec les soieries indiennes ou les poteries népalaises, tissant une toile de respect mutuel.

Cette participation est un acte politique et esthétique fort. Elle pose une question fondamentale : jusqu’où les femmes congolaises, dépositaires de ces savoirs traditionnels, peuvent-elles être les architectes de leur propre valorisation économique ? En misant sur la formation, l’échange et l’ouverture internationale, Mwasi Uzu’art esquisse un modèle où la culture n’est plus un folklore mais un capital. L’artisanat congolais en Inde trouve ainsi une résonance nouvelle, prouvant que les métiers des mains peuvent traverser les océans et s’imposer comme des ambassadeurs de premier plan.

Au-delà de l’événement, c’est toute une philosophie qui est promue. Une philosophie où la chevelure tressée devient un manifeste, où chaque poterie ou vannerie raconte une saga familiale et communautaire. L’initiative de Mwasi Uzu’art au Surajkund International Crafts Mela n’est pas un épisode isolé, mais une pierre angulaire dans la construction d’une narration congolaise fière et tournée vers l’avenir. Elle insuffle l’espoir que, de la cour d’une maison à l’immense foire internationale, la créativité des femmes congolaises saura continuer d’éblouir et de nourrir, enracinée dans la terre de ses ancêtres et ouverte aux vents du large.

Article Ecrit par Yvan Ilunga
Source: Actualite.cd

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Yvan Ilunga
Yvan Ilunga
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
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