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RDC : 80 000 infirmiers dans l’impasse administrative, l’UNIC dénonce un travail “sans dignité”

Plus de 80 000 infirmières et infirmiers se sentent oubliés par l’administration en République Démocratique du Congo. Alors qu’ils forment la colonne vertébrale du système de santé, leurs demandes légitimes de reconnaissance et d’amélioration de leurs conditions de travail semblent piégées dans les méandres de la bureaucratie. Une situation qui met en péril non seulement leur motivation, mais aussi la qualité des soins dispensés à la population. Quelle est la réalité de ces professionnels qui disent travailler sans dignité ?

La mécanisation des infirmiers RDC, processus administratif qui officialise leur statut d’agent de l’État et ouvre la voie à leur promotion en grade, est au cœur des revendications. Sans ce sésame, leur carrière est figée et leur rémunération reste en deçà de leurs responsabilités. « Tout cela tarde à cause de la lenteur administrative du gouvernement », a déploré avec insistance Joseph Kibangula, secrétaire général de l’Union nationale des infirmiers et infirmières du Congo (UNIC), lors de la clôture du Conseil national de ce syndicat à Kinshasa. Un constat amer partagé par des dizaines de milliers de soignants sur l’ensemble du territoire.

Les problèmes ne se limitent pas à la paperasse. Les conditions de travail des infirmiers au Congo sont assombries par un autre défi inattendu : le rôle des banques. Joseph Kibangula a pointé du doigt ces institutions qui, selon lui, « sont un casse-tête » et « ne permettent pas de travailler avec dignité ». Les infirmiers reprochent aux banques de prendre des mesures unilatérales, comme des retenues ou des blocages de comptes arbitraires, qui affectent directement leur salaire déjà modeste. Cette ingérence dans la relation entre l’État et ses agents crée une incertitude permanente et sape le moral de ces professionnels essentiels.

L’UNIC Joseph Kibangula a donc placé ces griefs au centre des discussions. Le syndicat ne se contente pas de dénoncer ; il avance des solutions concrètes. Parmi les dossiers prioritaires figure l’alignement sur la prime de risque pour les infirmiers en RDC. Cette prime, qui reconnaîtrait l’exposition constante des soignants aux maladies et aux situations dangereuses, est une demande ancienne. Elle constituerait une reconnaissance tangible de la spécificité et des dangers de leur métier, surtout dans un contexte où les épidémies et la précarité des structures sanitaires sont monnaie courante.

Les revendications du personnel soignant en RDC portent ainsi sur un triptyque fondamental : la sécurité administrative (statut et grade), la sécurité financière (rémunération et primes) et la dignité dans l’exercice du métier. L’infirmier est-il un simple exécutant ou le « maillon indispensable » du système sanitaire, comme le qualifie l’UNIC ? La réponse à cette question détermine la valeur que la société accorde à ceux qui veillent sur sa santé au quotidien. La lenteur à traiter ces dossiers envoie un signal inquiétant de dépréciation.

Que faire pour débloquer cette situation ? L’UNIC recommande au gouvernement de prendre des « dispositions » urgentes. Cela implique une volonté politique claire pour accélérer les procédures de mécanisation, un dialogue tripartite (gouvernement, syndicats, banques) pour clarifier et sécuriser le paiement des salaires, et l’inscription budgétaire effective de la prime de risque. Sans une action résolue, le risque est grand de voir s’accentuer la frustration et le découragement, poussant peut-être certains vers l’exode des compétences, un phénomène déjà préjudiciable pour le secteur de la santé congolais.

En définitive, la question des infirmiers dépasse le simple cadre corporatiste. Elle touche à l’efficacité et à la résilience de tout le système de santé national. Des soignants reconnus, motivés et travaillant dans de bonnes conditions sont la meilleure garantie pour une population en meilleure santé. Le gouvernement parviendra-t-il à écouter cet appel et à transformer ces paroles en actes concrets ? L’avenir de la santé en RDC pourrait bien se jouer sur la capacité à répondre à cette question avec célérité et équité.

Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net

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Amissi G
Amissi G
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
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