Le secteur des infrastructures routières en République démocratique du Congo vient d’enregistrer un rebond significatif dans la province du Kasaï-Central. Après trois années de stagnation qui avaient semblé condamner le projet à l’abandon, les travaux d’asphaltage de la voirie urbaine de Kananga ont repris ce mercredi 4 février. Cette relance, opérée par l’entreprise Arab Contractor dans le cadre du projet Tshilejelu, intervient comme un signal fort dans une région où le développement des infrastructures constitue un enjeu économique majeur.
Comment cette reprise, après un arrêt aussi prolongé, peut-elle impacter l’économie locale et la mobilité urbaine ? Les premières interventions techniques se concentrent sur des artères stratégiques de la capitale provinciale : les avenues Mukenge Shabantu, Kasa-Vubu et Dr Étienne Tshisekedi (anciennement avenue Macar). Pour Djony Kula, directeur provincial de l’Office des voiries et drainage (OVD) et maître d’ouvrage, cette phase opérationnelle marque un « nouveau départ » après une parenthèse de trois ans. « Nous sommes en train de faire la première pose des enrobés dans la ville de Kananga, dans le cadre du projet Tshilejelu. C’est un départ et nous n’allons pas nous arrêter ici », a-t-il affirmé, insufflant un optimisme prudent quant à la pérennité des opérations.
Le projet Tshilejelu, initialement lancé en 2021, avait connu un coup d’arrêt brutal en janvier 2023 suite à la résiliation du contrat de l’entreprise chinoise CREC-7, chargée initialement de son exécution. Cette interruption avait non seulement gelé des investissements substantiels, mais avait également généré un climat de défiance parmi la population quant à la capacité des autorités à mener à bien des projets structurants. La désignation d’Arab Contractor pour reprendre le flambeau semble aujourd’hui rompre ce cycle d’incertitude. L’objectif chiffré est sans équivoque : asphaltage et modernisation de 35,6 kilomètres de voirie urbaine à Kananga, un chantier dont l’achèvement pourrait servir de catalyseur pour l’ensemble du développement infrastructures Kasaï-Central.
L’impact économique d’un tel projet dépasse largement le simple revêtement des routes. À court terme, la reprise des travaux asphaltage Kananga génère une activité directe pour les sous-traitants locaux et l’emploi dans le BTP. À moyen terme, une voirie urbaine Kananga digne de ce nom réduit considérablement les coûts de transport et de logistique pour les entreprises, améliore l’accès aux marchés, fluidifie la circulation des personnes et des biens, et revalorise le patrimoine immobilier adjacent. Le projet Tshilejelu représente ainsi un investissement multidimensionnel, où chaque kilomètre goudronné se traduit par une potentialité économique accrue pour la province.
La réaction de la population, première concernée par ces travaux, est un baromètre précieux de l’importance de ce chantier. Les habitants rencontrés sur place expriment un soulagement palpable et une satisfaction non dissimulée. « En voyant le goudron, je suis très à l’aise et très contente. Nous avons un sentiment de satisfaction en voyant la firme Arab Contractor commencer déjà l’asphaltage. C’est pourquoi vous nous voyez très joyeux », a confié un Kanangais, résumant l’état d’esprit collectif. Cette adhésion populaire est un atout crucial pour la suite des opérations, car elle légitime l’effort public et fonde l’espoir d’une transformation durable du cadre de vie.
La mission confiée à Arab Contractor Kananga s’inscrit dans une logique de relance plus large du développement infrastructures Kasaï-Central. Cependant, des interrogations persistent. Le calendrier initial, bouleversé par trois ans d’arrêt, pourra-t-il être respecté ? Les financements sont-ils sécurisés pour l’intégralité des 35,6 kilomètres prévus ? L’épisode précédent avec CREC-7 rappelle que la route du développement est souvent sinueuse. La transparence dans la gestion du projet et un suivi rigoureux des avancements seront les garants essentiels pour éviter un nouvel enlisement et transformer cet élan en réalisations concrètes.
En définitive, la reprise des travaux d’asphaltage dans le cadre du projet Tshilejelu à Kananga constitue un indicateur économique positif. Elle démontre une volonté politique de relancer des chantiers structurants, indispensables au décollage économique des régions congolaises. Si les engagements sont tenus, cette modernisation de la voirie urbaine pourrait non seulement améliorer la qualité de vie des habitants, mais aussi ouvrir la province à de nouvelles opportunités d’investissements. Le défi est désormais de maintenir cette dynamique, pour que le bitume devienne le symbole tangible d’une croissance inclusive et pérenne au cœur de la RDC.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
