Washington a accueilli, le 5 février 2026, un événement diplomatique porteur d’espérances économiques pour Kinshasa. La première réunion du Comité de Pilotage Conjoint RDC-USA, présidée côté congolais par le Vice-Premier Ministre, ministre de l’Économie nationale Daniel Mukoko Samba, marque l’entrée dans une phase opérationnelle cruciale du partenariat stratégique RDC États-Unis. Loin d’être une simple formalité, cette instance vise à transformer les déclarations d’intention en projets palpables pour les populations.
Ce comité de pilotage conjoint RDC USA, né de l’accord signé entre les deux nations, se veut l’outil de traduction pratique des engagements politiques. Sa mission ? Assurer un suivi rigoureux et une mise en œuvre progressive des volets économiques de l’accord, dans un esprit de pragmatisme affiché. Les discussions à Washington ont ainsi porté sur l’édification d’un cadre technique solide et le renforcement des capacités institutionnelles congolaises, des prérequis essentiels à tout développement durable.
Les secteurs identifiés comme prioritaires reflètent les ambitions et les besoins de la RDC. Les projets énergétiques et les programmes d’assistance stratégique à fort impact figuraient en bonne place à l’agenda. Mais le cœur des échanges a sans doute battu autour de la question des investissements. Comment promouvoir des investissements responsables RDC qui profitent réellement à l’économie locale tout en rassurant les partenaires étrangers ? La réponse passe par la sécurisation des chaînes d’approvisionnement, un enjeu mondial majeur, et par l’orientation de l’économie vers des résultats mesurables en termes de création d’emplois et de diversification.
Daniel Mukoko Samba a fermement souligné le rôle charnière de ce comité. Pour le gouvernement congolais, il s’agit du mécanisme clé pour garantir que le partenariat stratégique RDC États-Unis ne reste pas lettre morte. L’objectif affiché est de maintenir un dialogue régulier et technique, évitant l’écueil des grandes déclarations sans suite. Cette approche méthodique vise à construire, pas à pas, la confiance mutuelle nécessaire à la réussite d’un tel partenariat.
Les implications de cette première session sont potentiellement profondes. En se dotant d’une instance de pilotage opérationnelle, la RDC et les États-Unis entendent donner une colonne vertébrale à leur coopération économique. Cette feuille de route commune pourrait-elle servir de modèle pour d’autres partenariats de Kinshasa ? La volonté de développer et de sécuriser les chaînes d’approvisionnement vise explicitement des secteurs comme les minerais critiques, essentiels à la transition énergétique mondiale, où la RDC occupe une position stratégique.
Le chemin qui s’ouvre ainsi à Washington n’est cependant pas sans défis. La concrétisation des projets discutés dépendra de la capacité des administrations congolaises à absorber l’assistance technique et à créer un environnement des affaires propice. De leur côté, les investisseurs américains attendront des signaux forts en matière de gouvernance et de transparence. Le véritable test de ce comité de pilotage conjoint RDC USA résidera dans sa capacité à produire des annonces de projets concrets dans les mois à venir, transformant ainsi le dialogue politique en usines, en emplois et en infrastructures pour les Congolais.
Au-delà du symbole, cette réunion jette les bases d’une relation économique repensée. Si les engagements se traduisent en actions, ce partenariat pourrait effectivement devenir un levier de transformation économique pour la RDC. L’enjeu, in fine, est de faire en sorte que cet accord économique RDC USA profite équitablement aux deux nations, en ancrant la prospérité dans le développement durable et la création de valeur partagée.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: mediacongo.net
