Depuis près de sept jours, une inquiétante pénurie d’eau potable paralyse la cité de Kitshanga, dans le territoire de Masisi au Nord-Kivu. Des milliers de ménages se retrouvent privés du liquide vital, plongés dans une situation d’urgence sanitaire qui rappelle les vulnérabilités chroniques de certaines régions de la RDC. Comment une érosion peut-elle priver toute une communauté d’eau potable et que risquent vraiment les habitants ?
La cause immédiate de cette crise de l’eau est technique, mais ses implications sont profondément humaines. Une érosion importante a emporté une section cruciale de la tuyauterie qui relie la source de captage à la cité. Ce réseau d’eau endommagé à Masisi agit comme une artère coupée : le flux s’arrête, et avec lui, l’accès à l’eau potable pour toute la population. Le comité local de gestion de l’eau, en première ligne, se déclare impuissant, faute de moyens financiers et logistiques pour procéder aux réparations d’urgence nécessaires.
Face à ce robinet à sec, la population n’a d’autre choix que de se tourner vers les rivières environnantes. Ces points d’eau, non traités et souvent contaminés par des activités humaines et animales, deviennent la seule alternative. Cette eau, impropre à la consommation, est pourtant utilisée pour boire, cuisiner et se laver. C’est ici que le risque sanitaire bascule de la simple pénurie vers une menace épidémique palpable. L’ingestion d’eau contaminée est le vecteur principal de maladies comme le choléra et les diarrhées aiguës, des maladies hydriques qui font régulièrement des ravages en RDC.
Imaginez un système immunitaire déjà affaibli par les conditions de vie, puis confronté à des agents pathogènes véhiculés par l’eau. Les conséquences peuvent être rapides et sévères, surtout chez les enfants et les personnes âgées. Les agents de santé sur le terrain tirent la sonnette d’alarme. Leur recommandation est claire et constitue une barrière minimale : faire bouillir systématiquement l’eau avant toute consommation. Cette simple action, qui tue la majorité des bactéries et parasites, peut faire la différence entre un foyer en bonne santé et un foyer frappé par la maladie.
Mais cette mesure n’est qu’un pansement sur une plaie béante. La communauté de Kitshanga, à bout de souffle, lance un appel pressant et solennel. L’appel est dirigé vers les autorités locales et les services techniques compétents de l’État. La demande est double : une intervention urgente pour réhabiliter l’infrastructure défaillante, et une vision à plus long terme pour sécuriser l’accès à l’eau potable, un droit fondamental. Cette pénurie d’eau à Kitshanga n’est pas une fatalité ; elle est le symptôme d’un besoin criant d’investissement dans les infrastructures de base.
En attendant que les tuyaux coulent à nouveau, la résilience de la population est mise à rude épreuve. La situation souligne de manière criante le lien indissoluble entre l’eau, la santé et la dignité. La réparation du réseau endommagé est plus qu’une question technique ; c’est un impératif de santé publique pour éviter que la crise de l’eau ne se transforme en crise sanitaire majeure dans cette région du Nord-Kivu. La balle est désormais dans le camp des décideurs, avec une communauté entière qui observe, espère, et a soif de solutions durables.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
