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Clinton face au Congrès : témoignage forcé dans l’enquête Epstein sous menace de prison

Dans un revirement significatif, l’ancien président américain Bill Clinton et l’ancienne secrétaire d’État Hillary Clinton ont finalement accepté de témoigner devant une commission d’enquête parlementaire consacrée à l’affaire Epstein. Cette décision, annoncée par leur porte-parole, intervient après des menaces explicites de poursuites pour entrave au travail du Congrès, proférées par les élus républicains. Le couple, longtemps réticent, se plie ainsi à une pression politique devenue ingérable, alors que de nouveaux documents viennent régulièrement alimenter cette saga judiciaire et médiatique tentaculaire.

La commission des règles de la Chambre des représentants était sur le point d’engager une procédure pouvant mener à des inculpations formelles contre les deux figures démocrates. Face à cette perspective, Angel Urena, le porte-parole de Bill Clinton, a déclaré sur le réseau X que l’ancien président et l’ancienne cheffe de la diplomatie seraient présents, ajoutant qu’ils avaient « hâte de créer un précédent qui s’applique pour tout le monde ». Cette déclaration met fin, au moins temporairement, à une impasse qui risquait de déboucher sur une crise institutionnelle. En effet, un refus persistant aurait pu valoir aux Clinton jusqu’à douze mois de prison, sur décision du département de la Justice.

Le cœur de l’enquête parlementaire Epstein réside dans la nature des relations qu’entretenait Bill Clinton avec le financier Jeffrey Epstein, condamné pour crimes sexuels. Ce dernier, figure incontournable de la jet-set new-yorkaise des années 1990 et 2000, est accusé d’avoir exploité des centaines de mineures. Bien que Bill Clinton ait toujours nié avoir eu connaissance des activités criminelles d’Epstein et ait affirmé ne plus lui avoir parlé depuis plus de dix ans, les photographies d’archives et les témoignages de vols à bord de son avion privé, le « Lolita Express », continuent de nourrir les interrogations. La commission, dirigée par le républicain James Comer, martèle qu’« aucun ancien président ou simple citoyen ne peut délibérément mépriser une assignation à comparaître sans conséquences ».

Ce futur témoignage de Hillary Clinton et de son mari survient dans un contexte de publication massive de documents par le département de la Justice, conformément à une loi adoptée en novembre dernier. Cette divulgation, cependant, a ouvert une nouvelle boîte de Pandore. Des dizaines de personnalités mondiales sont mentionnées, bien qu’une simple apparition dans les dossiers ne présume en rien de leur culpabilité. Plus problématique, la publication involontaire des noms et de photos de victimes, possiblement des adolescentes, a provoqué un tollé. Une centaine de ces victimes ont demandé à un juge fédéral de fermer l’accès au site gouvernemental, arguant que leurs vies étaient « bouleversées ». Une audience est prévue mercredi pour examiner cette requête.

L’affaire dépasse désormais le seul cadre des relations entre Bill Clinton et Epstein. Elle interroge la capacité des institutions américaines à faire toute la lumière sur un réseau d’influence et d’abus, et met en lumière les tensions partisanes exacerbées. Les démocrates dénoncent une manœuvre politique, tandis que les républicains brandissent l’étendard de la transparence. Pourtant, l’administration de Donald Trump, qui avait promis pendant la campagne de 2024 de tout rendre public, est aujourd’hui accusée de retard et de manque de clarté dans la gestion de ces archives sensibles.

Que peut-on attendre de ce témoignage devant la commission d’enquête ? S’il est peu probable qu’il apporte des révélations fracassantes sur les agissements criminels d’Epstein, il représente un test crucial pour le principe de reddition des comptes, même pour les plus hautes sphères du pouvoir. Le risque est grand que l’exercice se transforme en tribune politique, où chaque camp tentera de marquer des points. Cependant, pour les victimes et le public, il s’agit avant tout de comprendre les mécanismes qui ont permis à un tel système de prospérer en toute impunité pendant des années, protégé par le silence et l’influence.

Les implications de cette affaire se répercutent bien au-delà des frontières américaines. Les noms cités dans les documents traversent les océans, touchant des milieux d’affaires, politiques et intellectuels en Europe, au Moyen-Orient et ailleurs. La République Démocratique du Congo, souvent sensible aux questions de gouvernance et de justice internationale, observe ce débat avec attention. Il pose en effet des questions universelles sur l’impunité des élites et l’opacité des réseaux. La manière dont les États-Unis gèrent cette crise de confiance pourrait servir de référence, ou au contraire d’avertissement, pour d’autres nations confrontées à des scandales similaires.

Alors que le juge Richard Berman examine la plainte des victimes et que la commission parlementaire prépare ses questions, l’attention reste braquée sur le couple Clinton. Leur comparution, obtenue sous la menace de poursuites pour entrave au Congrès, illustre la persistance des zones d’ombre entourant l’ère Epstein. Elle démontre aussi la force de pression qu’un Congrès peut exercer, même sur d’anciens présidents. Dans les prochaines semaines, les réponses apportées, ou éludées, lors de cette audition historique, dessineront peut-être les limites de la quête de vérité dans une démocratie profondément divisée.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: mediacongo.net

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