La lutte contre l’épidémie de Mpox en République Démocratique du Congo connaît une semaine cruciale avec la publication du dernier point épidémiologique. Le ministre de la Santé publique, de l’Hygiène et de la Prévoyance sociale a rendu public ce lundi 02 février 2026 son rapport sur la situation de l’épidémie de Mpox en RDC pour la semaine 04. Les chiffres appellent à une vigilance accrue tout en saluant les progrès de la campagne de vaccination.
Au cours de cette seule semaine, pas moins de 245 nouveaux cas suspects ont été signalés à travers le pays, parmi lesquels 24 ont été confirmés comme étant bien le virus Mpox. Ce flux continu de cas suspects illustre la persistance de la circulation virale et la nécessité d’un système de surveillance robuste. Mais comment interpréter ces chiffres dans le contexte plus large de l’année 2026 ? Depuis le 1er janvier, le pays a enregistré un total de 33.366 cas de Mpox, un nombre qui souligne l’ampleur de l’épidémie mais aussi l’importance capitale des efforts de détection précoce.
Face à cette pression épidémique, la riposte s’organise principalement autour de la vaccination. Le rapport du ministre de la Santé RDC apporte une lueur d’espoir sur ce front. À ce jour, 1.557.268 personnes ont été vaccinées sur le territoire national. Les autorités sanitaires évoquent une couverture vaccinale de 46% pour la population cible identifiée. Pour vulgariser ce concept, imaginez que sur 100 personnes qui ont un risque élevé de contracter la maladie, 46 sont désormais protégées par le vaccin. C’est un pas significatif, mais cela signifie aussi que plus de la moitié des personnes vulnérables ne sont pas encore couvertes. La course contre la montre pour vacciner est plus que jamais d’actualité.
Le détail de la campagne vaccinale révèle des avancées inégales mais encourageantes sur le terrain. Le ministre de la Santé a notamment salué des progrès notables dans deux zones sanitaires. Dans la Zone de Santé d’Irebu, en province de l’Équateur, 7.414 personnes ont reçu le précieux sésame immunisant. Parallèlement, dans la province du Sud-Kivu, les efforts se sont concentrés sur la protection des contacts des malades. Ainsi, 6.317 contacts ont été vaccinés dans les zones de Mitimurhesa et de Nyangezi, une stratégie dite « en anneau » qui vise à circonscrire les foyers infectieux en créant une barrière immunitaire autour des cas confirmés.
Ces efforts ciblés sont-ils la clé pour juguler l’épidémie de Mpox en RDC ? Les spécialistes rappellent que la vaccination reste l’outil le plus efficace pour prévenir les formes graves de la maladie et réduire sa transmission. Le virus Mpox, qui se transmet par contact étroit avec des lésions cutanées, des fluides corporels ou des gouttelettes respiratoires, peut être maîtrisé par une combinaison de mesures : isolement des cas, recherche des contacts et vaccination proactive. Les symptômes initiaux, comme la fièvre, les maux de tête intenses, les douleurs musculaires et l’éruption cutanée caractéristique, doivent alerter et pousser à une consultation immédiate.
Le chemin est encore long, mais les progrès enregistrés à Irebu et au Sud-Kivu montrent qu’une mobilisation communautaire et sanitaire forte porte ses fruits. La bataille contre l’épidémie de Mpox se gagne district par district, village par village. Pour le citoyen congolais, le message est double : se faire vacciner si l’on fait partie des groupes prioritaires identifiés par les autorités, et adopter des comportements vigilants pour se protéger et protéger les autres. La surveillance épidémiologique, symbolisée par ces centaines de cas suspects signalés chaque semaine, est le système nerveux central de cette riposte. Chaque signalement est une chance d’intervenir vite et d’éviter une nouvelle chaîne de transmission.
En conclusion, le dernier rapport du ministère de la Santé publique dresse un tableau en demi-teinte de l’épidémie de Mpox en RDC. D’un côté, une incidence toujours active avec des milliers de cas depuis le début de l’année. De l’autre, une campagne de vaccination qui prend de l’ampleur et commence à produire des résultats concrets dans des zones prioritaires. La vigilance et l’engagement de tous – autorités, soignants et population – restent les piliers incontournables pour inverser durablement la tendance et protéger la santé publique congolaise.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
