32.7 C
Kinshasa
mardi, février 3, 2026

Toute l'Actualité RDC, en Direct et en Détail

AccueilActualitéSantéInfirmiers en RDC : l'UNIC dénonce les pratiques abusives des banques payeuses

Infirmiers en RDC : l’UNIC dénonce les pratiques abusives des banques payeuses

Les conditions de travail des infirmiers en République Démocratique du Congo sont-elles sur le point de basculer dans une crise encore plus profonde ? Cette question urgente est au cœur de la quatrième édition du Conseil national de l’UNIC, l’Union nationale des infirmières et infirmiers du Congo, qui se tient à Kinshasa du 2 au 4 février. Alors que la profession est déjà mise à rude épreuve, un nouvel obstacle, systémique et humiliant, s’est imposé : les pratiques abusives des banques chargées de verser les salaires.

Le secrétaire général de l’UNIC, Joseph Kibangula, a levé le voile sur une réalité qui gangrène le quotidien de milliers d’agents de santé. « Certaines banques payeuses, censées être au service des agents de l’État, se sont transformées en véritables pièges humiliants », a-t-il dénoncé avec force lors de l’ouverture des assises. Loin d’être un simple désagrément administratif, ce dysfonctionnement représente une atteinte directe à la dignité du personnel soignant. Imaginez-vous, après des heures de travail éprouvant à sauver des vies, devoir affronter des procédures kafkaïennes et décourageantes pour simplement toucher votre dû. C’est pourtant le calvaire que vivent de nombreux infirmiers, particulièrement ceux exerçant en province, éloignés des centres de décision.

Ces pratiques abusives des banques payeuses en RDC prennent plusieurs formes : files d’attente interminables, exigences de documents supplémentaires non prévus par la loi, retards injustifiés dans le traitement des dossiers, ou encore l’obligation de souscrire à des services bancaires non désirés pour accéder à son salaire. Pour Joseph Kibangula, il ne s’agit pas de simples lourdeurs bureaucratiques, mais bien d’un système qui « fragilise la profession et sape la confiance placée dans les institutions ». Dans un pays où le système de santé repose en grande partie sur le dévouement de ces professionnels, une telle situation n’est pas seulement injuste ; elle est dangereuse pour la santé publique.

Cette dénonciation portée par l’UNIC lors de son Conseil national s’inscrit dans un mouvement plus large de défense des droits des travailleurs de la santé. Les syndicats du secteur de la santé en RDC, aux côtés de l’UNIC, réaffirment avec vigueur un principe fondamental : le salaire est un droit sacré. Il n’est pas une faveur, mais la contrepartie légitime d’un travail essentiel. Leur message est clair : ils refusent collectivement l’humiliation et la tracasserie. Cette position unie est cruciale, car elle donne du poids à leurs revendications face aux pouvoirs publics et aux établissements bancaires concernés.

Mais au-delà de la dénonciation, quelle voie pour sortir de cette impasse ? L’appel lancé par les dirigeants de l’UNIC est avant tout un appel à l’unité et à la modernisation. Joseph Kibangula a ainsi invité les participants du Conseil national à œuvrer pour doter l’organisation de « textes modernes, clairs et mobilisateurs ». L’objectif ? Se doter d’un cadre solide pour négocier et défendre efficacement les intérêts de la profession. Cette démarche est essentielle pour transformer la colère en actions constructives et obtenir des changements concrets.

La question des salaires des infirmiers en RDC est emblématique des défis plus larges du système de santé. Un personnel soignant dont la dignité est bafouée et les droits bafoués peut difficilement maintenir une motivation et une qualité de soins optimales. La résolution de ce conflit avec les banques payeuses n’est donc pas seulement une question de justice sociale ; c’est un impératif pour la qualité des soins dispensés à la population congolaise. La pression exercée par l’UNIC et les syndicats pourrait bien être le catalyseur nécessaire pour que les autorités compétentes interviennent et règlementent strictement le rôle des banques dans le paiement des agents publics.

En conclusion, le Conseil national de l’UNIC sert de puissant rappel : les infirmiers et infirmières congolais sont déterminés à ne plus être les otages de pratiques financières abusives. Leur lutte pour de meilleures conditions de travail passe aussi par le respect du processus de rémunération. La balle est désormais dans le camp des institutions concernées. Répondront-elles à cet appel à la raison et au respect, ou devront-elles faire face à une mobilisation encore plus forte d’une profession essentielle mais exaspérée ? L’avenir des soins de santé en RDC pourrait bien se jouer sur cette question.

Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net

Commenter
Amissi G
Amissi G
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
Actualité Liée

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici


Actualité Populaire Liée

Actualité Populaire RDC

Résumé de l'actualité quotidienne

Le Brief du Jour du 02 Février 2026

L’actualité du 2 février 2026 en RDC est dominée par le blocage de l’accord de Washington avec le Rwanda, l'offensive diplomatique de Tshisekedi à l’ONU, la reprise des affrontements sanglants à Minembwe et Walikale, les risques économiques pointés par le FMI, la relance du plaidoyer sur le génocide, l’annonce de grands travaux en Mongala et le lancement du Prix Bralima pour la révolution verte. Un condensé de défis sécuritaires, politiques et économiques.

Derniers Appels D'offres

Derniers Guides Pratiques