Alors que la province de la Tshopo, et particulièrement sa capitale Kisangani, lutte contre une flambée de choléra, Médecins Sans Frontières (MSF) vient de clôturer une intervention d’urgence de deux mois dans plusieurs sites de déplacés. Cette action vise à prévenir de nouveaux cas dans des zones où les conditions de vie précaires exacerbent les risques sanitaires.
Depuis février 2023, des milliers de personnes déplacées vivent dans des camps comme Konga Konga, Saint-Gabriel et Aspiro, avec un accès limité à l’eau potable, des latrines saturées et une hygiène insuffisante. Ces facteurs créent un terrain propice à la propagation du choléra, une infection bactérienne hautement contagieuse qui peut être mortelle en quelques heures sans traitement. Comment protéger ces populations vulnérables ? L’analogie avec un feu de brousse est parlante : sans barrières comme l’eau propre et l’assainissement, la maladie se propage rapidement.
Pour répondre à cette urgence, MSF a vacciné 18 025 personnes contre le choléra, une mesure préventive cruciale. L’organisation a également installé des blocs de latrines et de douches, et distribué des kits d’hygiène à 447 familles. Ces infrastructures d’assainissement et ces fournitures essentielles permettent de réduire drastiquement le risque de contamination. De plus, des zones d’isolement pour les patients ont été mises en place, renforçant la prise en charge médicale et la surveillance épidémiologique. Cette MSF intervention choléra est une bouée de sauvetage dans un contexte où chaque geste compte.
Cette intervention intervient dans un contexte alarmant. Depuis le début de l’année 2025, la province de la Tshopo a enregistré 1 639 infections et plus de 250 décès dus au choléra. L’épidémie, déclarée officiellement en avril, a fait de Kisangani l’épicentre provincial, avec les zones de santé d’Ubundu, Yakusu, Wanie-Rukula, Makiso et Lubunga parmi les plus touchées. La Kisangani choléra symbolise ainsi les défis sanitaires auxquels font face les centres urbains congolais.
Mais la crise dépasse largement la Tshopo. La République démocratique du Congo fait face à une épidémie de choléra d’une intensité rare. En neuf mois, plus de 58 000 cas ont été rapportés, avec plus de 1 700 décès, soit un taux de létalité supérieur à 3%. Vingt des vingt-six provinces sont affectées, y compris des régions non endémiques auparavant. Cette crise sanitaire Congo est l’une des plus graves de la dernière décennie, révélant des vulnérabilités structurelles.
Les causes de cette propagation sont multiples : inondations, conflits armés, déplacements de population, et des systèmes d’eau et d’assainissement défaillants. Face à cette situation, MSF appelle à une mobilisation immédiate et renforcée des autorités, des acteurs humanitaires et des partenaires internationaux. L’épidémie de choléra en RDC nécessite une réponse coordonnée pour contenir la maladie et sauver des vies. Sans une action concertée, comment éviter que des milliers d’autres ne soient touchés ?
Que peut-on faire pour endiguer cette crise ? La prévention passe par l’accès à l’eau potable, l’assainissement et l’hygiène, combinés à la vaccination contre le choléra dans la Tshopo et ailleurs. Les communautés doivent être informées sur les symptômes – diarrhée aqueuse, vomissements, déshydratation – et l’importance de consulter rapidement. Chaque minute compte, car la déshydratation sévère peut tuer en moins d’une journée. L’action collective, allant des gestes quotidiens d’hygiène aux investissements dans les infrastructures, est essentielle pour protéger la population congolaise de cette menace persistante. La vaccination choléra Tshopo menée par MSF est un pas important, mais elle doit s’inscrire dans une stratégie durable.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
