Kinshasa, épicentre des ambitions économiques congolaises, vibre au rythme de la « Semaine économique RDC-Afrique du Sud » du 2 au 6 février. Cet événement stratégique, coorganisé par le Fonds de promotion de l’industrie (FPI RDC) et le Department of Trade, Industry and Competition sud-africain, vise à métamorphoser les partenariats diplomatiques en réalisations industrielles tangibles. Mais au-delà des discours, quels leviers concrets actionner pour impulser une industrialisation durable en République Démocratique du Congo ? La réponse se forge dans les échanges entre acteurs publics et privés des deux nations, déterminés à passer des mots aux actes.
L’ouverture officielle, présidée par le vice-Premier ministre Guy Kabombo Muadianvita, représentant la Première ministre Judith Suminwa, a placé la barre haut. Le gouvernement a réaffirmé son engagement à assainir le climat des affaires, un préalable indispensable pour attirer les investissements productifs. « Notre priorité est de créer un environnement sécurisé et propice pour les capitaux, tant nationaux qu’étrangers », a-t-il déclaré. Cette volonté politique est un signal fort envoyé aux partenaires sud-africains, indiquant que la RDC est prête à lever les obstacles bureaucratiques et réglementaires qui ont longtemps freiné les investissements RDC Afrique du Sud.
Le nerf de la guerre, dans toute stratégie d’industrialisation, reste l’accès au capital. Ntumba Batukonke Hervé, Directeur général du FPI, a détaillé les mécanismes innovants déployés pour soutenir les entrepreneurs. « Nous structurons des partenariats public-privé robustes et mobilisons des leviers financiers capables de briser les barrières qui entravent encore notre essor industriel », a-t-il expliqué. Le FPI RDC se positionne ainsi comme un catalyseur essentiel, visant à réduire le gap de financement qui limite la transformation locale des matières premières. Comment, en effet, bâtir une économie diversifiée sans des circuits de crédit adaptés aux projets à long terme ?
Sur le front de l’agro-industrie, l’Agence nationale pour la promotion des investissements (ANAPI) mise sur un accompagnement sur mesure. Sa Directrice générale a insisté sur le potentiel colossal de la RDC dans ce secteur : « Avec ses vastes terres arables et son climat favorable, le Congo peut devenir un grenier régional. Notre rôle est de faciliter les investissements durables, notamment via des incitations fiscales et un guichet unique. » Cette approche ciblée répond à un axe majeur des investissements RDC Afrique du Sud : valoriser in situ les ressources agricoles pour générer plus de valeur ajoutée et d’emplois. Les projets ANAPI investissements agro-industrie pourraient ainsi servir de modèle pour d’autres filières.
Les travaux de cette semaine s’articulent autour de deux piliers fondamentaux. Premièrement, l’industrialisation RDC : il s’agit de passer d’une économie d’extraction à une économie de transformation, en retenant une plus grande part de la chaîne de valeur sur le territoire national. Deuxièmement, les investissements durables, qui doivent allier rentabilité économique, impact social positif et respect de l’environnement. Ces priorités reflètent une prise de conscience croissante : la croissance ne peut être inclusive que si elle repose sur des bases solides et équitables. La Semaine économique RDC Afrique du Sud agit donc comme une plateforme de matchmaking avancé, où les intentions se muent en contrats.
En perspective, cette initiative pourrait marquer un tournant dans les relations bilatérales. Si les engagements se concrétisent en projets visibles, elle démontrera que la coopération Sud-Sud peut être un moteur puissant de développement. Pour la RDC, l’enjeu est de taille : capter des capitaux et des savoir-faire qui permettront de diversifier son économie, trop dépendante des secteurs extractifs. Le chemin vers l’industrialisation est semé d’embûches, mais des initiatives structurantes comme celle-ci ouvrent des pistes concrètes pour y parvenir. L’économie congolaise, à l’image d’un volcan en sommeil, attend peut-être son réveil par l’étincelle de partenariats judicieux.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
