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Corps diplomatique RDC : soutien unanime à l’intégrité territoriale, processus de paix à l’Est dans l’impasse

Dans le cadre majestueux du Palais de la Nation, la cérémonie d’échange de vœux entre le président Félix Tshisekedi et le corps diplomatique accrédité en République démocratique du Congo a offert, ce samedi 31 janvier 2026, un tableau solennel. Les ambassadeurs, représentant la communauté internationale à Kinshasa, y ont délivré un message sans équivoque : un soutien réaffirmé à la défense de la souveraineté et de l’intégrité territoriale RDC. Ce plaidoyer, porté par le doyen Rachid Agassim, ambassadeur du Maroc, s’est toutefois heurté en filigrane à l’amer constat d’une escalade militaire persistante dans l’Est du pays, mettant en lumière les limites des processus de paix Est RDC.

La déclaration du doyen du corps diplomatique a évité soigneusement de nommer l’éléphant dans la pièce. Sans citer ouvertement Kigali, Rachid Agassim a condamné « tout acte d’agression et de violence », réaffirmant l’opposition de ses pairs au soutien étranger aux groupes armés. « Nous sommes pour le respect de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale totale de la République démocratique du Congo », a-t-il insisté, dans une formule devenue leitmotiv des chancelleries. Ce soutien de principe, attendu dans ce genre de circonstances protocolaires, soulève néanmoins une question cruciale : comment transformer ces paroles en actions concrètes pour stopper l’agression Rwanda RDC ?

Les diplomates n’ont pas caché leur frustration face au fossé grandissant entre les avancées diplomatiques sur le papier et la réalité du terrain. Ils ont évoqué avec « consternation » la poursuite des attaques, des occupations et des violations des droits de l’homme à l’Est, en pointant du doigt la prolifération des groupes armés. L’espoir placé dans l’accord de Washington, signé en juin 2025 sous médiation américaine, semble s’effriter au rythme des offensives de l’AFC/M23. Malgré la caution personnelle de l’ancien président Donald Trump et la signature des deux chefs d’État, Félix Tshisekedi et Paul Kagame, l’implémentation de cet accord patine, minée par des accusations mutuelles de mauvaise foi.

Le processus de Washington n’est pas le seul à connaître une paralysie inquiétante. Les discussions de Doha, menées sous l’égide de l’Émir du Qatar entre Kinshasa et la rébellion M23, sont dans une impasse totale. Conçues pour s’attaquer aux racines du conflit, comme la restauration de l’autorité de l’État ou la réintégration des combattants, ces négociations n’ont produit aucun résultat palpable. Des mécanismes pourtant actés, tels que le cessez-le-feu, la déclaration de principes ou l’accord-cadre, restent lettre morte. Cette inertie diplomatique collective a créé un vide dangereux, rapidement comblé par une recrudescence des affrontements entre les FARDC et les rebelles soutenus par Kigali.

Dans ce contexte, l’absence d’un dialogue national inclusif, réclamé par de nombreux acteurs sociopolitiques congolais, pèse lourdement. Le président Tshisekedi campe sur une position d’autorité, estimant que toute initiative de dialogue doit émaner de lui seul, malgré la publication d’une feuille de route par les confessions religieuses. Cette posture, perçue par certains comme un réflexe de centralisation du pouvoir, risque d’entraver la recherche d’une solution endogène et durable. Le chef de l’État joue gros en marginalisant cette voie, alors que les processus internationaux montrent des signes évidents d’essoufflement.

Le soutien réitéré du corps diplomatique représente-t-il une bouffée d’oxygène pour Kinshasa ou un simple vœu pieux inscrit dans le marbre des convenances ? Si les mots de solidarité sont nécessaires, ils peinent à masquer l’urgence d’une action diplomatique plus musclée et coordonnée. La communauté internationale se trouve à un carrefour : continuer à accompagner des processus de paix Est RDC qui s’enlisent, ou inventer de nouvelles formes de pression pour contraindre les parties, notamment le Rwanda, à respecter leurs engagements. La crédibilité des grands médiateurs, des États-Unis au Qatar, est désormais en jeu.

La défense de l’intégrité territoriale RDC ne sera pas gagnée dans les salons feutrés du Palais de la Nation, mais sur les collines du Nord-Kivu et dans les salles de négociation où se joue l’avenir de la région. Les déclarations de soutien, si unanimes soient-elles, doivent rapidement se traduire par une pression tangible pour la mise en œuvre intégrale de l’accord de Washington et la relance des pourparlers de Doha. Sans cela, la condamnation de l’agression Rwanda RDC ne restera qu’une ritournelle diplomatique, et les populations de l’Est continueront de payer le prix fort d’une paix toujours reportée.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: Actualite.cd

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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