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Formation des OPJ à Beni : Un rempart contre la corruption et les antivaleurs

Imaginez-vous un matin à Beni, venant déposer plainte pour un vol, et se voir réclamer une somme exorbitante avant même que votre dossier ne soit enregistré. Cette réalité, vécue par tant de citoyens du Nord-Kivu, pourrait-elle enfin prendre fin ? Vendredi, trente Officiers de police judiciaire (OPJ) issus du commissariat provincial de la police ont reçu leurs attestations, clôturant trois mois d’une formation OPJ Beni intensive dédiée à la lutte corruption Nord-Kivu. Une lueur d’espoir se dessine-t-elle dans le ciel souvent assombri de la police judiciaire RDC ?

« Bannissez toute forme d’ingérence et de trafic d’influence, car c’est le mal qui a toujours rongé et affaibli notre police », a lancé d’une voix ferme le gouverneur militaire Evariste Kakule Somo, en présidant la cérémonie. Son discours, adressé aux hommes et femmes en uniforme, ne laissait place à aucune ambiguïté. Il a pointé du doigt les pratiques qui minent la confiance publique : arrestations arbitraires, fameux « makolo ya soldat », frais illégaux pour l’ouverture d’une plainte, amendes exorbitantes. Un véritable catalogue des antivaleurs police qu’il est urgent d’éradiquer.

Cette formation, qui a démarré le 30 octobre 2025, ne s’est pas contentée de théorie. Elle s’inscrit dans un cadre plus large visant à maîtriser la réglementation pénale dès la phase pré-juridictionnelle, afin de renforcer l’ensemble de la chaîne pénale. La province du Nord-Kivu exprimait un besoin criant : disposer d’OPJ qualifiés, intègres, capables d’être le premier rempart contre l’injustice. Mais comment transformer des mots en actes concrets ? Comment s’assurer que ces nouveaux outils juridiques et éthiques ne restent pas lettre morte dans les commissariats ?

Le pari est de taille. Le gouverneur a exhorté les récipiendaires à faire de cette lutte leur « véritable cheval de bataille ». La mission va au-delà de la simple répression du crime ordinaire. Elle touche à la restauration d’un lien vital, celui entre les services de l’État et une population souvent meurtrie par des années de conflits et de méfiance. « Imaginez un instant une police faible : que deviendra notre pays ? », a interrogé le général Kakule Somo, plaçant ainsi la responsabilité des OPJ à un niveau national. La question résonne comme un avertissement et un appel à la reddition des comptes.

Cet effort de professionnalisation n’a pas été mené en solitaire. Il a bénéficié de l’expertise technique cruciale du BCNUDH formation police (Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme). Un financement de l’Union européenne et une mise en œuvre par l’organisation suisse Coginta ont permis de concrétiser ce programme. Cette collaboration internationale souligne l’importance et la complexité du défi. Elle pose aussi une question sous-jacente : les partenaires extérieurs peuvent-ils fournir des outils et des fonds, mais où réside la véritable clé du changement ? N’est-elle pas dans la volonté individuelle et collective de chaque officier formé ?

Sur le terrain, les attentes sont immenses. Les populations aspirent à une police de proximité, juste et intègre. Elles en ont assez des barrières financières illégales qui transforment l’accès à la justice en un parcours du combattant réservé aux plus nantis. La lutte contre le tribalisme, également évoquée par le gouverneur, est un autre front essentiel dans une région aux clivages parfois exacerbés. Ces trente OPJ devront désormais incarner ce nouveau visage de la police judiciaire RDC. Leur succès ou leur échec sera mesuré à l’aune des expériences quotidiennes des citoyens de Beni et des environs.

La clôture de cette session de formation OPJ Beni est donc bien plus qu’une simple cérémonie protocolaire. Elle représente un test pour la gouvernance locale et un espoir pour la société civile. Le chemin vers l’éradication des antivaleurs police reste long et semé d’embûches. La corruption a la peau dure et les mauvaises habitudes sont tenaces. Mais en plaçant la barre haut, en outillant ces acteurs clés de la chaîne pénale, la province du Nord-Kivu envoie un signal fort. Le véritable travail commence maintenant, dans l’ombre des bureaux d’enquête et à la lumière des comptes à rendre à la population. L’avenir nous dira si cette initiative aura réussi à planter une graine durable d’intégrité au cœur de l’institution policière.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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