Une opération d’envergure a été lancée ce vendredi 30 janvier dans la commune de Kisenso, à Kinshasa. Son objectif : procéder à un recensement et à un contrôle strict de tous les militaires et policiers résidant sur le territoire de la municipalité. Cette initiative, orchestrée par les autorités locales, répond à une inquiétante recrudescence d’actes d’insécurité imputés à des individus en uniforme.
Le bourgmestre de Kisenso, Godé Athswel, est à l’origine de cette mesure. Elle intervient dans un contexte où plusieurs quartiers de la capitale congolaise sont secoués par des agissements attribués à des hommes en tenue, non identifiés et agissant en dehors de tout cadre réglementaire. Ces derniers sont régulièrement accusés d’extorsion, d’intimidation et d’effractions violentes dans des domiciles privés.
« Nous avons pris la précaution d’identifier tous les militaires dans la commune de Kisenso, qu’ils aient des armes ou non, et d’enregistrer les numéros de leurs armes pour un contrôle sérieux », a déclaré le bourgmestre Godé Athswel. Cette déclaration souligne la volonté des autorités de mettre un terme aux activités illicites. L’opération de sécurité à Kinshasa vise clairement à assainir le milieu et à rétablir un climat de confiance.
Mais pourquoi une telle opération est-elle jugée nécessaire ? La réponse réside dans une réalité troublante : la présence présumée de militaires en débandade au sein de la ville. Ces éléments, ayant parfois fui leurs centres de formation ou leurs unités, se livreraient à des pillages et contribueraient significativement à l’insécurité. Le contrôle des policiers en RDC et des militaires devient donc un impératif catégorique pour distinguer les agents légitimes des imposteurs.
L’opération d’identification des militaires à Kisenso se déroule par quartier. Les agents concernés doivent se présenter avec leurs pièces d’identité et leurs documents de service. Les armes, le cas échéant, sont soigneusement inspectées et leurs numéros de série consignés. Cette traçabilité est cruciale pour établir une base de données fiable et prévenir l’usage illicite d’armements réglementaires.
Les habitants de Kisenso, tout en restant prudents, accueillent généralement l’initiative avec un sentiment de soulagement. Pendant trop longtemps, l’ambiguïté entourant certains hommes en uniforme a nourri la peur et la défiance. Cette action concrète du bourgmestre Godé Athswel est perçue comme un premier pas tangible vers une sécurité retrouvée. L’insécurité liée aux militaires en débandade est un fléau qui dépasse les frontières de la seule commune, mais Kisenso semble décidée à montrer l’exemple.
La situation sécuritaire globale à Kinshasa reste complexe. Si Kisenso est décrite comme relativement calme, d’autres zones restent sous tension. L’opération sécurité Kinshasa lancée à Kisenso pourrait, en cas de succès, servir de modèle et être étendue à d’autres municipalités confrontées aux mêmes défis. La réussite de ce dispositif repose sur un suivi rigoureux et une collaboration étroite avec la hiérarchie militaire et policière nationale.
Au-delà du simple recensement, cette démarche pose une question fondamentale : comment garantir l’intégrité et la discipline au sein des forces de l’ordre en République Démocratique du Congo ? Le contrôle policiers RDC et militaire est un enjeu de souveraineté et de protection des citoyens. L’initiative de Kisenso, aussi locale soit-elle, touche à ce nerf sensible. Elle interroge les mécanismes de supervision et la capacité à prévenir les dérives internes.
Pour l’heure, l’attention reste braquée sur le déroulement de cette opération sur le terrain. Les prochains jours permettront d’en évaluer l’efficacité et le bilan chiffré. Combien de militaires et de policiers seront identifiés ? Des irrégularités seront-elles constatées ? La population ressentira-t-elle rapidement les effets de ce coup de filet ? Les réponses à ces questions détermineront la pérennité de l’action engagée. Une chose est certaine : face à l’insécurité militaires débandade, les autorités locales ont décidé de passer à l’acte. Le message est clair : l’impunité des faux uniformes n’est plus une option à Kisenso.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
