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Tshisekedi et l’UA : la course contre la montre pour la paix à l’Est de la RDC

Jeudi 29 janvier, le Président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a reçu à Kinshasa un panel de Facilitateurs de l’Union africaine, mandaté pour relancer les initiatives de paix dans la région troublée des Grands Lacs. Cette rencontre de haut niveau intervient dans un contexte de tensions persistantes à l’Est de la RDC, où des groupes armés, dont le M23 soutenu selon Kinshasa par le Rwanda, continuent de semer la terreur et de déplacer des centaines de milliers de civils.

Selon un communiqué publié sur le compte officiel de la Présidence, Félix Tshisekedi a salué les efforts déployés par ces émissaires de l’Union africaine et a fermement réaffirmé son engagement en faveur d’une paix « durable et vérifiable ». Le Chef de l’État congolais a également insisté sur la nécessité d’une stabilité régionale, condition sine qua non du développement, en appelant au « respect des engagements pris par toutes les parties ». Cette déclaration semble viser indirectement les pays voisins, régulièrement accusés par Kinshasa de compromettre la sécurité de la RDC.

Mais au-delà des déclarations diplomatiques, quelle est la portée réelle de cette mission ? Le panel, composé de figures africaines de premier plan, a été constitué dans le cadre du Mécanisme Africain d’Appui à la Paix (MAAP). Il est dirigé par l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo et comprend notamment Mme Sahle-Work Zewde, ancienne présidente de l’Éthiopie, et Mme Catherine Samba-Panza, ancienne cheffe de l’État centrafricaine. La présence de ces personnalités expérimentées témoigne de la prise de conscience, au niveau continental, de l’urgence de la situation.

« Nous sommes dans une tournée. Nous allons écouter les uns et les autres et voir ce qui peut être fait pour le bien-être de cette population qui n’a que beaucoup souffert, pendant plusieurs décennies », a déclaré avec émotion Mme Sahle-Work Zewde à l’issue de l’entretien. Son propos a mis en lumière l’angle humain souvent oublié des calculs géopolitiques : « On oublie que derrière tout ça, il y a des souffrances humaines qu’il faudrait arrêter ». Cette prise de parole forte rappelle que les conflits dans les Grands Lacs ont un coût humain abyssal, faisant de la RDC l’un des épicentres mondiaux des déplacements forcés de population.

L’initiative de l’Union africaine survient alors que les mécanismes de paix précédents, notamment la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL) et les processus sous égide de l’Angola et de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), peinent à produire des résultats tangibles sur le terrain. Le mandat de ce nouveau panel est donc crucial : proposer des voies de sortie de crise crédibles et applicables, tout en restaurant la confiance entre les États de la région. Peut-il réussir là où d’autres ont échoué ? La réponse dépendra en grande partie de sa capacité à imposer un dialogue inclusif et à obtenir des garanties fermes de tous les acteurs, y compris ceux accusés de soutenir les rebelles.

Pour Félix Tshisekedi, réélu en décembre 2023, la stabilisation de l’Est reste la priorité absolue de son second mandat. Cette rencontre avec les facilitateurs paix de l’UA s’inscrit dans une stratégie de diversification des canaux diplomatiques et de recherche d’une solution « maison africaine » aux crises du continent. Elle démontre également la volonté de Kinshasa de maintenir la pression sur la scène internationale pour que la communauté africaine assume pleinement son rôle dans la résolution de ce conflit qui mine la région depuis près de trente ans.

Les prochaines étapes de la tournée du panel, qui doit rencontrer d’autres parties prenantes dans la région, seront scrutées avec attention. L’enjeu est de taille : parvenir à créer les conditions d’un cessez-le-feu effectif, du retrait des groupes armés et du retour des réfugiés, tout en engageant un processus politique global. La crédibilité de l’Union africaine en matière de gestion des conflits est, en quelque sorte, en jeu dans les collines du Kivu. La population congolaise, épuisée par des décennies de violence, attend plus que des discours ; elle espère des actes concrets qui ramèneront enfin la sécurité et la quiétude dans ses foyers. Le chemin vers la paix en RDC est encore long et semé d’embûches, mais la relance d’une médiation africaine de haut niveau constitue un signal nécessaire, voire un premier pas indispensable.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net

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