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PDL-145T : Judith Suminwa Tuluka sonne la mobilisation générale face aux retards

Le programme phare du quinquennat Tshisekedi se retrouve à un carrefour décisif. Alors que la quatrième réunion du Comité de coordination du Programme de Développement Local des 145 Territoires (PDL-145T) s’est tenue, un constat s’impose, teinté d’une urgence palpable : l’ambition de transformation territoriale bute sur les réalités rugueuses de l’exécution. La Première ministre Judith Suminwa Tuluka, en chef d’orchestre exigeant, a tiré la sonnette d’alarme, dressant un bilan qui mêle vision affirmée et inquiétudes opérationnelles. Le PDL-145T, présenté comme l’épine dorsale de la politique de décentralisation et d’équité, peut-il encore tenir ses promesses face aux retards accumulés et aux financements en pointillé ?

L’analyse des déclarations de la cheffe du gouvernement révèle une stratégie à double détente. D’un côté, un ancrage politique fort, réitérant que ce programme « incarne une vision politique forte et cohérente » portée par le Président de la République. De l’autre, un appel pressant à la « mobilisation collective », mot d’ordre qui trahit les frictions dans la machine administrative. Judith Suminwa Tuluka ne se contente pas d’un discours d’intention ; elle cadre l’action autour de quatre composantes intégrées : les infrastructures socio-économiques de base, la redynamisation des économies locales, le renforcement de la gouvernance locale et un suivi-évaluation géoréférencé. Un cadre théorique robuste, mais dont l’application concrète semble prise en étau.

L’échéance de 2026 pour l’achèvement des infrastructures prioritaires plane comme une ombre portée sur les discussions. Comment atteindre cet objectif du plan de développement de la RDC dans un contexte où, comme l’a tacitement reconnu l’exécutif, les retards sont patents et les contraintes financières « persistantes » ? La Première ministre a plaidé pour des « mécanismes innovants de sécurisation des financements », une formule élégante pour désigner la quête complexe de ressources pérennes. Le gouvernement joue ici son crédit opérationnel. L’impératif de « réorienter et d’accélérer la mise en œuvre » sonne comme un aveu que la trajectoire initiale nécessite des correctifs substantiels.

La démarche adoptée, exposée par le Ministre d’État Guylain Nyembo, chargé du Plan, cherche à construire une digue contre les critiques anticipées. En appelant à une implication « pleine » des parlementaires (députés et sénateurs) dans une « approche concertée, inclusive et transparente », l’administration tente de verrouiller le consensus politique en amont. « Nous voulons que tout le monde évolue dans le même cadre […] pour éviter des critiques dispersées », a-t-il souligné. Cette volonté d’« encadrer l’action publique » et de « dire clairement ce qui est réellement fait » traduit une conscience aiguë des risques de défiance. Est-ce une méthode pour assurer une mise en œuvre fluide du développement local dans les 145 territoires, ou une manœuvre pour partager la responsabilité d’un éventuel échec ?

L’enjeu dépasse la simple réalisation de projets. Le PDL-145T RDC est brandi comme le levier fondamental de la cohésion nationale et de la lutte contre les inégalités spatiales. Son succès ou son échec sera lu comme le thermomètre de la capacité de l’État à traduire ses priorités politiques en transformations tangibles pour les populations. La focalisation sur les infrastructures socio-économiques de base – routes, écoles, centres de santé – touche au cœur du pacte social. Leur matérialisation d’ici 2026 est donc un pari politique de haut vol pour la majorité.

À quelques années de l’échéance, la phase des déclarations d’intention semble révolue. La balle est désormais dans le camp de l’administration et de ses partenaires. La mobilisation exigée par Judith Suminwa Tuluka sera-t-elle suffisante pour débloquer les goulots d’étranglement logistiques et financiers ? Les mécanismes de suivi géoréférencé parviendront-ils à imposer une culture du résultat face aux pratiques héritées ? La crédibilité du gouvernement, mais aussi celle du modèle de développement local 145 territoires, se jouent dans cette course contre la montre. Le prochain compte rendu du Comité de coordination dira si l’appel à l’action a été suivi d’effets ou s’il rejoindra le catalogue des vœux pieux. La transformation structurelle promise par le plan développement RDC 2026 nécessite plus que des coordinations ; elle exige des réalisations.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: mediacongo.net

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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