Le territoire de Lubero, dans la province troublée du Nord-Kivu, est à nouveau le théâtre de violences armées. Lundi 26 janvier, des affrontements meurtriers ont opposé les combattants Wazalendo aux rebelles de l’AFC/M23 dans le village de Mighende, situé à environ trente kilomètres de Lubero-Centre. Cette nouvelle flambée de violence sème la terreur parmi les civils et provoque un nouvel exode de populations, déjà éprouvées par des années d’instabilité.
Selon des sources locales concordantes, l’initiative de l’attaque reviendrait aux éléments de l’AFC/M23. Ces derniers auraient lancé une offensive contre une position tenue par les Wazalendo. L’assaut, caractérisé par des échanges de tirs nourris, a conduit à l’incendie du campement des défenseurs. Le bruit des armes lourdes et légères a retenti pendant plusieurs heures, plongeant les habitants de Mighende et des environs dans une profonde angoisse. Cette scène, malheureusement récurrente dans l’est de la République Démocratique du Congo, illustre la persistance des combats Nord-Kivu.
La violence n’a pas été contenue à ce seul affrontement. Les mêmes sources indiquent que les premiers signes avant-coureurs de cette escalade étaient perceptibles dès la journée de dimanche. Des accrochages avaient en effet été signalés dans le village voisin de Vukendo. Ces incidents, bien que localisés, annonçaient une nette montée des tensions dans ce secteur du territoire de Lubero. Comment une telle détérioration de la situation sécuritaire a-t-elle pu se produire aussi rapidement ? La réponse semble résider dans la mobilité et les stratégies des groupes armés, qui recomposent en permanence leurs lignes de front.
Les conséquences humanitaires de ces combats sont immédiates et dramatiques. Comme trop souvent, ce sont les civils qui paient le prix le plus lourd. De nombreuses familles, prises de panique, ont fui leur foyer à Mighende pour chercher refuge dans des localités considérées comme plus sûres. Ce nouveau flux de déplacés Mighende vient alourdir le bilan déjà catastrophique de la crise humanitaire dans la région. Ces populations, forcées à l’exode, se retrouvent sans abri, sans nourriture et sans accès aux soins de base, dans une précarité extrême.
Le conflit Lubero, dont cet épisode n’est qu’une manifestation, s’inscrit dans une dynamique régionale complexe. L’affrontement entre les Wazalendo, souvent présentés comme des groupes d’autodéfense locaux, et l’AFC/M23, une rébellion soutenue par des intérêts extérieurs selon les rapports d’experts des Nations Unies, cristallise les tensions plus larges qui minent l’est de la RDC. Cette lutte pour le contrôle territorial et les ressources alimente un cycle infernal de violence qui semble sans fin.
La reprise des hostilités dans la zone de Mighende pose de sérieuses questions sur l’efficacité des dispositifs sécuritaires en place. Malgré la présence de forces gouvernementales et de la mission des Nations Unies, les groupes armés continuent de manœuvrer et de s’affronter, au mépris total de la sécurité des populations. Cette situation souligne l’urgence d’une approche plus intégrée, combinant action militaire robuste et initiatives politiques pour désamorcer les causes profondes de ce conflit. La population, elle, vit dans l’attente d’une paix qui tarde à venir, tandis que les combats Nord-Kivu continuent de définir son quotidien.
Les autorités locales et provinciales n’ont pas encore fourni de bilan officiel concernant ces derniers incidents. Le nombre de victimes, tant parmi les combattants que parmi les civils pris au piège des affrontements, reste à ce jour inconnu. Une mission d’évaluation est-elle envisagée pour secourir les déplacés et constater les dégâts ? La communauté humanitaire, déjà surchargée, se prépare à une nouvelle urgence. La priorité absolue reste la protection des civils et l’accès humanitaire aux zones affectées par ces violents combats entre Wazalendo et AFC/M23.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
