La scène était apocalyptique en ce lundi soir à Masina. Sous une épaisse fumée noire, des familles fuyaient, emportant le peu qu’elles pouvaient, tandis que les flammes léchaient le ciel. « On a juste entendu une énorme explosion, puis tout est parti en feu. La chaleur était insupportable, on a dû courir pour sauver nos enfants », raconte, encore sous le choc, Jean-Luc, un habitant du quartier Q3. Ce violent incendie, qui a ravagé la station-service ML sur l’avenue Kiala, n’est pas le fruit du hasard. Il plonge ses racines dans une tension du quotidien, une altercation banale devenue catastrophe, et pose une question cruciale : jusqu’où la précarité de nos installations urbaines va-t-elle mettre en péril la vie des Kinois ?
Selon plusieurs témoins, le drame a pris source dans une dispute verbale entre un pompiste et le chauffeur d’un camion. Le véhicule, stationné pour faire le plein, transportait une cargaison à haut risque : des matières plastiques et de l’essence. Dans la chaleur étouffante de la fin d’après-midi et sous le coup de la colère, le conducteur aurait redémarré brusquement. Sa manœuvre a été fatale. Le camion a violemment percuté la structure de la station-service. L’étincelle était inévitable. « C’était comme un coup de tonnerre. Le toit a craqué, et une boule de feu s’est propagée en une seconde », relate une commerçante voisine. L’altercation pompiste chauffeur, incident malheureusement courant, a ainsi été l’élément déclencheur de cet incendie station-service Kinshasa aux conséquences dramatiques.
Le feu, nourri par les réservoirs de carburant et les matériaux inflammables, s’est propagé à une vitesse foudroyante. En quelques minutes, le lieu de ravitaillement quotidien pour des centaines d’automobilistes n’était plus qu’un brasier géant. La panique a gagné les alentours immédiats. Quatre véhicules stationnés sur les lieux ont été réduits à l’état de carcasses calcinées. Pire encore, les habitations mitoyennes, souvent construites de manière précaire, n’ont pas résisté. Plusieurs familles se retrouvent aujourd’hui sans abri, leurs biens partis en fumée. Les dégâts matériels incendie Kinshasa sont considérables, touchant le cœur économique et résidentiel de ce secteur de Masina.
Derrière les flammes et les pertes économiques, c’est tout un modèle de cohabitation urbaine qui est mis à nu. Le quartier Q3, comme de nombreuses zones populaires de la capitale, voit des activités à risque s’immiscer dans des espaces résidentiels denses. Une station-service au milieu des maisons, des camions transportant des matières dangereuses dans des ruelles étroites : le cocktail est explosif. L’incendie Masina n’est peut-être pas une première, mais sa violence rappelle cruellement l’absence criante de normes de sécurité et de plans de prévention. Jusqu’à quand fermerons-nous les yeux sur ces bombes à retardement que constituent certaines installations ? Les riverains, aujourd’hui sinistrés, n’ont-ils pas le droit à un environnement sécurisé ?
À l’heure où les pompiers sont parvenus à maîtriser le sinistre, un bilan se dessine. Miraculeusement, aucune perte humaine n’est à déplorer. Mais le choc est profond. La station-service ML incendie est détruite, laissant un vide dans le paysage et privant la communauté d’un service essentiel. Pour les habitants, c’est l’incertitude qui prévaut. Où vont-ils dormir ce soir ? Comment vont-ils se relever de cette perte ? Les autorités municipales et provinciales seront-elles à la hauteur pour apporter une aide rapide et, surtout, pour mettre en place des mesures afin d’éviter qu’un tel drame ne se reproduise ?
Cet événement tragique est plus qu’un simple fait divers. C’est le symptôme d’une urbanisation anarchique et d’un laisser-faire dangereux. Il interpelle chacun, des citoyens aux décideurs. La sécurité des populations doit devenir une priorité absolue, passant par un contrôle strict des activités commerciales à risque, une sensibilisation aux comportements dangereux et un aménagement du territoire qui préserve les vies. L’incendie station-service Kinshasa de Masina doit servir de sonnette d’alarme. Ne laissons pas la colère d’un instant continuer à consumer l’avenir de nos quartiers.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: mediacongo.net
