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Contrôle du M23 à Rubaya : fraude minière et contrebande menacent l’approvisionnement responsable

Un an après la prise de Goma par l’AFC/M23, soutenu par Kigali, les grands sites miniers du Nord-Kivu, dont Rubaya, restent sous le contrôle du groupe armé. Cette mainmise crée un terreau fertile pour la fraude minière et la contrebande, menaçant directement quinze années d’efforts internationaux pour instaurer un approvisionnement responsable en minerais. Mickaël Daudin, directeur du programme ITSCI (International Tin Supply Chain Initiative), alerte sur une recrudescence des pratiques illicites documentées, notamment vers les pays voisins comme le Rwanda, dans un contexte de dégradation sécuritaire et de suspension des circuits tracés.

La zone de Rubaya, dans le territoire de Masisi, est un épicentre de cette crise. Alors que les activités de traçabilité de l’ITSCI y sont suspendues depuis la prise de contrôle par le M23, l’extraction minière, elle, se poursuivrait à un rythme soutenu. « Selon plusieurs sources concordantes, l’activité minière se poursuit à Rubaya, ce qui n’est malheureusement pas surprenant dans un contexte de conflit », confirme Mickaël Daudin. Cette situation exerce une pression considérable sur les chaînes d’approvisionnement légales, créant un risque systémique pour l’ensemble du secteur des minerais 3T (Tantale, Tungstène, Etain) en République Démocratique du Congo.

Le véritable danger réside dans le contournement des mécanismes de traçabilité. La suspension des activités de supervision ouvre la voie à une contrebande accrue. Les données sont éloquentes : si la production de tantale tracée par l’ITSCI au Rwanda est restée stable en 2025, les statistiques internationales enregistrent, elles, une forte hausse des importations de ce minerai en provenance du même pays. Cette discordance flagrante confirme l’existence de flux parallèles et soulève des questions brûlantes sur l’application inégale des standards de devoir de diligence. La contrebande Rwanda RDC des minerais 3T, en particulier du tantale, représenterait ainsi une fuite massive de ressources, privant l’État congolais de revenus essentiels et alimentant les circuits financiers des groupes armés.

Cette dérive menace de faire voler en éclats les progrès laborieusement acquis en matière d’approvisionnement responsable minerais. « Si certains acteurs respectent les standards et d’autres non, on envoie un mauvais signal », déplore le directeur de l’ITSCI. Le programme, qui a investi des années à structurer des filières transparentes, se retrouve fragilisé par cette concurrence déloyale. La fraude minière Nord-Kivu n’est donc pas qu’un problème local ; elle sape la crédibilité d’une industrie minière congolaise en quête de légitimité internationale et décourage les investisseurs sérieux attachés à l’éthique.

Face à cette situation, tout projet de relance ou de modernisation, comme celui évoqué par le groupe suisse Mercuria pour Rubaya, semble prématuré et voué à l’échec sans un préalable sécuritaire et une inclusion des communautés. « Tant que la zone est contrôlée par le M23, une reprise sérieuse des activités n’est pas envisageable », affirme sans ambiguïté Mickaël Daudin. Il insiste sur l’impératif d’intégrer les dizaines de milliers d’orpailleurs artisanaux présents depuis des décennies. Un modèle gagnant-gagnant, combinant investissements, intégration des communautés et stabilité, a démontré son impact positif sur la réduction des conflits dans d’autres zones. Pourquoi ne pas en faire la pierre angulaire de toute future initiative ?

La liste d’actifs miniers transmise par Kinshasa à Washington, incluant des gisements de cobalt et de lithium, doit elle aussi intégrer ces leçons. Le principe est immuable : aucun projet économique durable ne peut faire l’impasse sur le devoir de diligence, la responsabilité et les droits des populations locales. La crise actuelle autour des mines Rubaya M23 doit servir d’électrochoc. Elle révèle la vulnérabilité extrême des chaînes d’approvisionnement en période d’instabilité et la facilité avec laquelle des années de progrès peuvent être réduites à néant. L’avenir du secteur minier congolais, moteur potentiel de développement national, passe par une traçabilité renforcée, une coopération régionale sincère pour endiguer la contrebande et une paix restaurée dans l’Est. Sans cela, le cercle vicieux de l’exploitation illicite et du financement des conflits perpétuera son funeste cycle.

Article Ecrit par Amissi G
Source: mediacongo.net

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Amissi G
Amissi G
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
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